"Et nous, on compte pour du beurre ?" signé les chiens du Titanic

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Sur plusieurs dizaines de chiens à bord du paquebot, trois seulement survivent au naufrage. Dont Rigel le terre-neuve, un héros !

Les êtres humains ont-ils un iceberg à la place du coeur ? Depuis un siècle, ils sanglotent sur les 1 500 hommes, femmes et enfants victimes du naufrage, se fichant royalement des milliers d'animaux martyrs qui ont partagé leur sort. Le Titanic est une véritable Arche de Noé. Pour cette première traversée, il compte à son bord une cinquantaine de chiens, quatre poules, un coq, une trentaine de poulets, un canari jaune et un petit cochon de compagnie. Sans compter les très nombreux passagers clandestins habituels : 6 000 rats, 350 000 cafards, 2 milliards d'acariens, selon le décompte d'un expert. Et encore, pour être complet, oublie-t-il les dizaines de milliers de puces, morpions et autres sympathiques compagnons des voyageurs de 3e classe... La quasi-majorité d'entre eux mourront sans une plainte, sans un cri, en dignes héros. Sans même avoir droit à un couplet dans la chanson de Céline Dion ! C'est peut-être ça le plus dur...

Pas de chat à bord ? Si, une chatte tigrée nommée Mouser qu'un chauffeur (l'homme chargé d'enfourner le charbon dans une des chaudières) nommé Big Joe avait embarquée à Belfast. Elle avait même mis bas quatre chatons, mais eut la bonne idée de quitter le navire à Southampton, juste avant le départ. Prémonition animale ? En tout cas, voyant sa protégée quitter le bord, Big Joe y vit un signe du destin et fit de même pour chercher un autre engagement, ce qui lui sauva probablement la vie.

Minuscules chiens

De nombreuses races de chien sont représentées à bord, surtout parmi les plus snobs, car seuls les passagers de 1ère classe ont les moyens de voyager avec leurs compagnons : bouledogues, loulous de Poméranie, chows-chows, terre-neuve, épagneuls, airedales... Certains d'entre eux devaient même participer à un défilé canin sur le pont des première, le 15 avril. Le projet est bien sûr tombé à l'eau. S'il y a un passager que ces Américaines snobinardes agacent avec leurs toutous, c'est bien le peintre et essayiste américain Francis David Millet. Il l'écrit à un ami dans une lettre qu'il poste à Queenstown, en Irlande, dernière escale du paquebot avant la traversée : "La plupart d'entre elles sont affublées de minuscules chiens-chiens, mais ce sont leurs maris qu'elles tiennent solidement en laisse, comme des agneaux bêlants."

Les chiens disposent de leur niche personnelle disposée dans un chenil situé derrière les cuisines des 3e classe. À tout moment, leurs maîtres peuvent les sortir pour effectuer une promenade sur le pont. Au moment du choc avec l'iceberg, la majorité des chiens dorment dans "leur cabine". À l'exception de quelques-uns qui ont l'autorisation exceptionnelle de dormir avec leur maître. Tel Sun Yat-Sen, un petit pékinois appartenant à Henry Sleeper Harper et à son épouse Myra. Ce qui lui sauve la vie puisqu'il peut embarquer avec son "papa" et sa "maman" à bord du canot n° 3. En revanche, Frou-Frou, petite chienne de race inconnue, est moins chanceuse, car sa maîtresse en voyage de noces l'abandonne dans sa cabine, croyant avoir moins de chances d'être acceptée à bord d'un canot de sauvetage si elle se présente avec elle. Kitty, une magnifique chienne airedale, fait également partie des victimes abandonnées à bord, mais au moins son propriétaire a été obligé de lui tenir compagnie faute d'avoir pu embarquer dans un canot.

Le héros Rigel

Le milliardaire colonel John Jacob Astor, lui non plus, ne peut pas accompagner sa jeune épouse Madeleine enceinte. Après son départ, il va libérer leur chienne du chenil qui se met à courir de long en large sur le pont. Tous deux disparaîtront avec le Titanic. En revanche Madame Rothschild, épouse de Martin Rothschild, fabricant de vêtements à New York, est une vraie héroïne. Elle sauve son loulou de Poméranie en le cachant dans son manteau, et quand les marins du Carpathia qui la recueillent lui donnent l'ordre de l'abandonner dans le canot, elle refuse. Mais cet imbécile de cabot se fait écraser par une voiture dès son arrivée à New York. Il y a encore les 34 pékinois de la milliardaire américaine Charlotte Drake Cardeza, dont pas un ne réchappe. Saluons le geste d'Ann Elizabeth Isham qui préfère accompagner son danois dans la mort plutôt que de l'abandonner à son triste destin.

Terminons, enfin, avec l'admirable comportement de Rigel le terre-neuve. Appartenant au premier officier du Titanic, il saute à l'eau dès que le navire se met à couler. Durant trois heures, il nage à proximité d'un canot de sauvetage où il n'y a pas de place pour l'accueillir. Quand le Carpathia, qui a répondu au SOS, surgit dans la nuit, les passagers du canot, à bout de force, sont incapables d'attirer l'attention du navire. Seul Rigel est encore capable d'aboyer pour alerter le commandant du Carpathia. Après les rescapés, le chien est hissé à bord du navire et aussitôt adopté par un marin. C'est lui le vrai héros du Titanic.

Dernière modification : 20/03/2017.
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Commentaires sur cet article

Très bel article, et oui nos amis les chats sont très intelligents et qu'elle tristesse pour ces chiens qui se sont noyés et qui n'avaient rien demandé à personne, et aussi quel courage à ces gens restés avec leur chien sur le paquebot alors qu'il coulait.

   
Par Milka73