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Le toucher chez le chien

Grâce au toucher, l'Homme s'ouvre et découvre le monde extérieur. Il peut se retrouver dans l'espace, reconnaître ce qui se trouve autour de lui et se développer. C'est un sens essentiel à sa survie. Chez le chien, il en va exactement de même.


C'est vrai tout particulièrement chez le chiot, qui est aveugle et sourd à la naissance. Il est donc très sensible au toucher, qui est le seul moyen qu'il possède, avec l'odorat et le le goût, pour développer une relation avec sa mère et sa fratrie, afin de trouver sa place au sein de la meute.


Pour autant, le toucher occupe chez le chien un rôle différent de celui qui est le sien chez l'être humain...

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Les organes du tact chez le chien

L’Homme ne possède qu’un organe majeur lié au toucher : la peau. Elle lui permet de ressentir les températures, les formes des objets, la pression, la douleur, et de savoir ce qui se trouve autour de lui.

 

Le chien, lui, possède différents organes du tact :

Les coussinets

Les coussinets du chien sont composés de glandes sudoripares, de papilles cornées et d’un épaississement du derme et de l’hypoderme. Ils lui permettent de sentir les surfaces sur lesquelles il marche.

La peau

La peau du chien possède des thermorécepteurs, ce qui lui permet de hérisser le poil et de faire la différence entre le chaud et le froid.

Les vibrisses

Le chien arrive à se repérer dans l’espace et à prendre connaissance des mouvements autour de lui grâce aux vibrisses, des poils épais situés près de sa bouche et au-dessus de ses yeux.

 

A la base de chacune d’entre elles se trouvent des mécanorécepteurs qui réagissent aux mouvements externes en contact avec le follicule pileux. Elles sont donc bien plus sensibles que les autres poils du chien.

 

Cela lui permet également de sentir la pression et les vibrations extérieures, et donc de mieux savoir ce qui se trouve autour de lui. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne faut jamais couper les moustaches d’un chien.

 

Enfin, le toucher étant lié au sens de l’odorat du chien, la truffe possède des terminaisons nerveuses qui lui permettent de reconnaître ce qui se trouve autour de lui.

La sensibilité du chien au toucher

Le sens du toucher est très développé chez le chat. Il est capable de détecter d’infimes changements de pression ou de température grâce à son museau et ses moustaches, ses pattes et ses coussinets, mais également ses parties génitales et anales.

 

Il en va tout autrement pour le chien. Il fait certes la différence entre une tape et une caresse, mais pas autant que l’Homme. Le toucher n’est pas un des sens les plus développés chez le chien. Cela dit, la pratique du « gentling » (ou « l’effet caresse ») pendant la grossesse de la chienne permet aux chiots de développer une meilleure sensibilité au toucher que les autres. Cette pratique consiste à caresser le ventre de la future mère et établir une communication entre le maître – ou le monde extérieur - et le fœtus.

 

En outre, avec l’âge, le chien développe une forte résistance à la douleur, au point d’ailleurs ne pas forcément se plaindre de ses blessures. Le maître se doit donc d’être vigilant quant au bien-être de son compagnon, notamment lors d’une promenade avec son chien, où il est susceptible de marcher sur des objets contendants.

Le rôle du toucher chez le chien

La communication tactile

Lors d’une rencontre entre chiens ou du premier contact avec un être humain, le premier réflexe du chien est de le renifler, utilisant donc la communication olfactive pour savoir qui se trouve en face de lui. Néanmoins, la présence des vibrisses au niveau de la truffe lui permet d’utiliser le tact afin de communiquer avec ses congénères et de sentir qui se trouve en face de lui.

 

Les caresses qu’il reçoit laissent des odeurs et des phéromones sur sa peau et ses poils. Cela lui permet d’identifier la personne qu’il a en face de celui. Cela arrive également lorsque deux chiens se lèchent : cette pratique permet de communiquer avec un congénère, de connaître son identité et dans quel état émotionnel il se trouve. C’est ensuite en posant sa tête ou sa patte sur l’autre individu qu’il établit une relation dominé/dominant.

 

Il est important que le maître sache qu’une léchouille est généralement un signe de dominance de la part du chien, et non une marque d’affection. Il vaut donc mieux éviter par la suite de le prendre dans les bras, pensant qu’il veut un câlin. Le chien n’aime pas du tout ça, interprétant plutôt ce comportement comme une menace. Comment faire pour s’évader quand les bras d’un être humain l’empêchent de bouger ? Ces moments représentent pour le chien un pic de stress.

 

Dans un article publié dans Psychology Today en avril 2016, le chercheur américain Stanley Coren a d’ailleurs analysé plusieurs photos de chiens se faisant enlacer par un enfant. Dans 82% des cas, certains signes prouvent que le chien est angoissé : des oreilles basses, le regard détourné ou encore la langue sortie.

 

Parmi les autres sources possibles d’incompréhension entre chiens et humains, il faut savoir qu’un chien ne supporte pas que les êtres humains lui tapotent le crâne. Pour féliciter un chien, mieux vaut opter pour des gratouilles juste au-dessus de la queue.

 

Le contact de la laisse pour chien, si elle est trop serrée ou tendue, ainsi que la pression qu’opère le maître, peuvent également être angoissants pour un chien. Cela explique pourquoi il tire alors lui-même très fort de son côté, afin d’exprimer son mécontentement.

 

Cependant, ce n’est pas parce qu’un chien est réticent à certaines marques d’affection qu’il les déteste toutes. Au contraire, il est très important d’avoir des contacts physiques avec son chien pour établir une relation saine. Mais encore faut-il savoir comment s’y prendre exactement…

Le toucher et son rôle anxiolytique

Le chien utilise le toucher pour se rassurer, notamment lorsqu’il va chercher refuge auprès de son maître. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir un chien venir se réfugier entre les jambes d’un membre de sa famille lorsqu’il a peur. Non plus seul mais entouré des siens, collé contre eux, le chien se sent non seulement mieux, mais plus fort.

 

Les caresses lui procurent également cette sensation de bien-être. Elles entraînent une diminution de la pression sanguine et cardiaque, ainsi qu'un relâchement musculaire.

 

Le léchage permet également à un chien de se rassurer, de s’apaiser. Il faut veiller néanmoins à ce qu’il ne soit pas trop fréquent, car il  pourrait alors provoquer des lésions cutanées ou, pire, se transformer en auto-mutilation.

 

Le léchage a également une dimension hiérarchique très prononcée. Ainsi, une fois la hiérarchie entre deux chiens établie, le plus fort va lèche l’autre pour le rassurer et lui faire comprendre qu’il est là pour le protéger. C’est d’ailleurs toujours le dominant qui établit le premier contact avec les autres afin d’asseoir son autorité. Il est là pour protéger les plus faibles et les rassurer grâce au léchage. Une fois cet ordre établi, le dominé cherche l’apaisement auprès du chien dominant en le léchant à son tour ou en lui mordillant la bouche.

 

Cela vaut également dans une relation avec un être humain. Par exemple, lorsqu’un chien vient lécher la blessure de son maître, il lui indique qu’il est là pour le protéger, mais en aucun cas pour venir lui offrir de l’affection.

 

Enfin, il est important que faire assimiler au chien sa place au sein de la famille et faire comprendre au chien qui est le maître et qui est le dominé, à savoir lui. C’est là que le toucher entre en jeu dans son éducation. En effet, manipulé par sa mère puis par son maître depuis sa naissance, il a appris à faire la différence entre une caresse et une correction. Par conséquent, il existe un certain nombre de jeux éducatifs créés pour entretenir cette hiérarchie entre l’Homme et son chien.

 

Il existe d’ailleurs un exercice de dressage du chien très efficace qui s’appelle le « touch », et passe par le contact de sa truffe avec un objet ou la main de son maître. Cela le rend plus obéissant et lui permet de se dépenser tout en passant du temps avec son maître, ce qui renforce leur relation. Le « touch » est un exercice de désensibilisation qui permet au chien de se concentrer sur un objectif et faire abstraction de ce qui l’effraie. Avec cet exercice, l’animal va au-delà de ses peurs et de ses limites.

Le toucher et la chaleur

Les chiens adorent être au contact du soleil, et il est courant de les voir s’étaler de tout leur long pour capter le moindre rayon. Cela leur procure, certes, de la chaleur s’ils ont froid, mais ils ne font pas ça par complaisance ou par plaisir : le soleil leur apporte avant tout une grande source de vitamines D. Ces dernières sont liposolubles et restent donc dans l’organisme assez longtemps pour qu’ils n’aient pas besoin d’en avoir tout le temps dans leur nourriture.

Le mot de la fin

Un chien commence à ouvrir les yeux et apercevoir des formes, ainsi qu'à entendre de premiers sons, au bout d'environ 2 semaines. Dépourvu de l'ouïe et de la vue à la naissance, il développe très rapidement le sens du toucher, indispensable pour établir une relation avec sa mère et sa fratrie.

 

En revanche, il n'utilise pas le toucher aux mêmes fins que l'être humain, ce qui explique notamment qu'il ne soit pas aussi réceptif à la douleur que ce dernier. La communication tactile chez le chien est surtout une manière pour lui de s'apaiser et d'être plus serein, mais également d'établir une hiérarchie avec ses congénères. Elle gagne à être intelligemment utilisée par le maître afin d'éduquer son chien de la meilleure manière possible.

Dernière modification : 28/06/2019.
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