1961 : Non pas un, mais 101 dalmatiens !

Surfant sur la vague des succès de "La Belle et le Clochard" ainsi que de "Fidèle Vagabond", les studios Disney en profitent pour sortir, en 1961, l'un des films les plus marquants de l'histoire de Disney : "Les 101 dalmatiens". Les aventures de Pongo et Perdita, deux dalmatiens, provoquent une avalanche de critiques dithyrambiques, et le film est alors considéré par beaucoup comme le meilleur film Disney depuis très longtemps. La simplicité du scénario et le style graphique plus épuré du film auraient pu constituer des faiblesses. En fait, c'est le contraire : son succès s'est basé sur ces deux paramètres.

Une double histoire d'amour

Pongo, Perdita et les chiots en mode commando ©Disney
Pongo, Perdita et les chiots en mode commando ©Disney

Roger Radcliff, musicien célibataire, compose chez lui pendant que son Dalmatien Pongo paresse et regarde les passants. À la vue d'une magnifique femelle Dalmatien nommée Perdita, il incite son maître à sortir le promener au parc, avec la ferme intention de la retrouver. Pongo use de tous ses talents pour séduire sa dulcinée et, par la même occasion, rapprocher son maître d'Anita, propriétaire de Perdita. Une double histoire d'amour est née.

 

 

 

 

 

Peu après le mariage de Roger et d'Anita, et alors que Perdita attend des chiots, la maison reçoit la visite de la charismatique Cruella d'Enfer, amie d'école d'Anita et passionnée de vêtements en fourrure. Une fois nés, les chiots deviennent la convoitise de Cruella qui tente, dans un premier temps, de les acheter. Prenant acte du refus de Roger, elle sollicite les frères Jasper et Horace Badun pour orchestrer un grand kidnapping.

 

Pongo et Perdita avertissent d'autres chiens du désastre par des aboiements, un canal de communication canin. La trace des chiots est ainsi retrouvée. Ils se trouvent tous au Castel d'Enfer, demeure de Cruella. Partant à la rescousse de leurs chiots, Pongo et Perdita vont s'apercevoir que de nombreux autres dalmatiens sont retenus prisonniers. Le couple libère tout le monde, et réussit à ramener l'ensemble des chiots sains et saufs à la propriété familiale, après avoir échappé à Cruella lors d'une course-poursuite mémorable.

La genèse de l'un des plus grands succès Disney

Cruella, admirant des Dalmatiens ©Disney
Cruella, admirant des Dalmatiens ©Disney

Après l'échec cuisant de "La Belle au bois dormant", sorti en 1959, Walt Disney décide de se consacrer uniquement aux longs métrages. Deux projets sont en cours, dont "Les 101 dalmatiens", qui sera le premier à paraître, en 1961. Selon Walt Disney, il faut deux ans d'écart entre deux longs métrages pour que le public puisse absorber le premier et profiter pleinement du second. Cela explique donc pourquoi il a attendu deux ans après l'échec de "La Belle au bois dormant".

 

Les 101 Dalmatiens est inspiré du roman de Dodie Smith "The One Hundred and One Dalmatians", paru en 1956, et dont Disney achète les droits l'année suivante. L'histoire est tirée de la propre expérience de l'auteure, puisque Pongo a bel et bien existé. Par ailleurs, Lucky, le chien de la portée mort-né puis réanimé par Roger, a lui aussi existé, tout comme les quatorze autres chiens de la portée. 

 

Le roman original a été peu modifié par Disney, le scénario reprenant quasiment à l'identique le récit de Dodie Smith. La principale différence réside dans la fusion des deux chiennes des Radcliffe en un seul personnage. En effet, Perdita a existé, mais n'était pas la partenaire de Pongo ni celle qui met bas quinze chiots. Elle a été recueillie par le couple et a aidé Missis, la véritable mère, pour l'élevage d'une partie de ses chiots.

 

La scène du mariage, dans laquelle les chiens prononcent les mêmes voeux que leurs maîtres, a suscité un important débat. En effet, le Central Board of Film Certification estimait le rapprochement entre les humains et les animaux potentiellement offensant. Elle a donc été retravaillée pour éviter tout risque.

Des chiens, encore et toujours !

Colonel ©Disney
Colonel ©Disney

Outre Pongo, Perdrita, et leurs chiots dalmatiens, de nombreux protagonistes du film sont des chiens. On peut recenser bien sûr l'ensemble des dalmatiens capturés par la démoniaque Cruella, mais cette race n'est pas la seule représentée dans l'histoire.

 

Lorsque Pongo et Perdrita appellent à l'aide, de nombreuses races apparaissent à l'écran. Le Colonel, un bobtail, est le chien le plus charismatique des seconds rôles. Il est caractérisé par son manque d'organisation et son visage, où ses yeux sont à peine perceptibles à cause de ses poils.

 

Towser et Lucy, deux chiens proches de Colonel, l'aident à retrouver la trace des chiots de Pongo et Perdrita. Enfin, un labrador dont le nom est inconnu va inspirer nos deux dalmatiens pour camoufler les chiots. En regardant le labrador, dont la robe est noire, Pongo pense à couvrir les chiots de suie pour qu'ils "ressemblent" à tout sauf à des dalmatiens.

 

Enfin, une référence à "La Belle et le Clochard" a été glissée lors de la scène de "l'aboiement du soir", puisqu'on voit apparaître les deux chiens de la fourrière, Peg et Bull, ainsi que Lady et le Clochard.

Un public conquis, même de nos jours

Cruella et les 101 Dalmatiens ©Disney
Cruella et les 101 Dalmatiens ©Disney

Après trois ans de travail et près de 300 personnes mobilisées autour du film, "Les 101 dalmatiens" rencontre un énorme succès auprès du public et des critiques.

 

Ainsi, dans The Observer, C.A. Lejeune écrit que "le film est le meilleur de Disney depuis longtemps..., [avec] un ton ferme, spirituel et entraînant". Même son de cloche dans le Sunday Times, où le film est considéré comme étant le début de "la renaissance de Disney, innovant à nouveau..., [avec] des mouvements restant dans le cadre, élaborés, décoratifs et enthousiastes". Enfin, Time Magazine déclare qu'il est "le plus charmant et le moins prétentieux des longs métrages Disney jamais réalisés... l'une des meilleures choses produites cette année pour le meilleur ami du chien". 

 

Les critiques sont unanimes, émerveillés par ce long métrage réalisé d'une main de maître par Walt Disney et ses équipes. La simplicité du scénario ainsi que le style graphique ont conquis le grand public, tout comme le charisme exceptionnel de Cruella, véritable star du film au détriment de Pongo.

 

Le film est ressorti aux États-Unis en 1991. La nouvelle sortie de "Les 101 dalmatiens", peu de temps après la parution de "La Petite Sirène" (1989) et juste avant "La Belle et la Bête" (1991), participe au début de la deuxième période dorée des studios Disney. Il aura aussi servi de support à un long métrage en prises de vues réelles, sorti en 1996, reprenant les aventures de Pongo et Perdrita opposés à Cruella, qui connaîtra lui aussi un grand succès.

 

Souhaitant capitaliser sur la réussite de l'adaptation en prises de vues réelles, une suite nommée "Les 102 dalmatiens" verra le jour en 2000, avec notamment Gérard Depardieu interprétant le rôle d'un couturier français au service de Cruella. La suite du long métrage d'animation, "Les 101 dalmatiens 2 : Sur la trace des héros" (2003) ne connaîtra pas le même succès que son prédécesseur.

101 raisons d'aimer ce film

Comment passer à côté des 101 dalmatiens, film référence tant dans les années 60 que de nos jours ? La présence de Cruella, magnifiquement interprété par Glenn Close dans le film en prises de vues réelles, ainsi que la double relation Pongo/Perdita et Roger/Anita, le scénario simple mais sans bavure, ainsi que tant d'autres raisons faisant le charme du film, en ont fait succomber plus d'un(e) . Les rééditions successives ont même réussi à bonifier l'oeuvre initiale, la rendant accessible aux plus jeunes générations.

Le mariage de Pongo et Perdrita ©Disney
Le mariage de Pongo et Perdrita ©Disney
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