Suisse - Une clinique unique pour chiens et chats

02/07/2009

Clinique Semsales

Unique en son genre en Suisse, une clinique de rééducation et de physiothérapie pour petits animaux ouvre à Semsales.

Avec sa clinique, Iris Challende-Kathmann ne va pas prendre du travail aux vétérinaires établis, mais collaborer avec eux pour assurer les suites des traitements en cabinet. (photo Claude Haymoz)

«Cette clinique est une première, à ce que je sache. C’est la seule du genre en Suisse, voire en Europe.» Doctoresse en médecine vétérinaire, Iris Challende-Kathmann est spécialisée en neurologie et en physiothérapie animales. Double spécialisation qu’elle est aussi la seule à cumuler aujourd’hui en Suisse. Diplômée en ostéopathie et lauréate de prix pour ses travaux, elle a travaillé des années au Tierspital à Berne.

Si bien armée professionnellement et passionnée par son métier, cette jeune femme et mère de famille de 37 ans ne pouvait que se lancer dans la réalisation de son rêve. Soit une clinique qui, loin de créer des besoins, répond à une forte demande. Elle a choisi La Rougève (Semsales), idéalement située sur les axes autoroutiers.

Ouverture proche
A l’enquête fin 2006, avec permis de construire octroyé en 2007, le projet aurait dû être réalisé en 2008. La clinique ouvrira officiellement le 13 juillet, avec inauguration cet automne. Le projet, qui a été revu en cours de route et reconfié à une entreprise générale qui fait diligence, est globalement estimé à 2,5 millions. Baptisée INDIKA-animal reha, la clinique repose, juridiquement, sur une société anonyme, dont la vétérinaire est l’actionnaire.

Pourquoi un tel centre vétérinaire de rééducation et physiothérapie pour petits animaux? «Au Tierspital, la demande était forte. Des maîtres souhaitaient que l’on garde leurs animaux pour leurs soins quotidiens. Or, l’hôpital n’a pas les structures pour cela. Les vétérinaires indépendants sont confrontés aux mêmes demandes. La clinique de La Rougève entend répondre à ce besoin», éclaire Iris Challende-Kathmann qui ne va pas prendre du travail aux vétérinaires établis, mais collaborer avec eux pour assurer les suites des traitements en cabinet.

Dix postes de travail
Quand la clinique aura trouvé sa vitesse de croisière, elle pourra prendre en charge 25 chiens et 10 chats, plus les cas ambulatoires. Un second vétérinaire physiothérapeute, une demi-douzaine d’assistantes et une personne pour l’entretien compléteront l’équipe (dix postes de travail).

La clinique va travailler à l’échelle nationale et internationale, avec une clientèle de France, d’Italie et d’Allemagne… Dans cette optique, Iris Challende-Kathmann a aussi acheté l’ancien «moulin» de La Rougève, où elle pensait créer des studios à louer aux maîtres des animaux pendant les traitements de leurs protégés. Projet revu à la baisse, en raison des contraintes liées à la protection de la bâtisse.

La directrice, qui vit sur place avec sa famille (sa villa s’élève sur cette parcelle de 11000 m2), a calculé son seuil de rentabilité financière.

Les choses devraient rouler, déjà, avec sept pensionnaires 365 jours par an, plus une assistante. La suite sera affaire de reconnaissance dans le temps.

Les chiens accueillis (pour des soins exclusivement: la clinique n’est pas une «pension») disposent de boxes de 4 mètres carrés chacun, avec sortie sur une courette, et séparés pour chiens peu mobiles, ainsi que de boxes pour quarantaine (une prescription légale). S’ajoutent, avec jardinet, des loges pour dix félins, ainsi qu’une enfilade de salles de vie commune, de locaux de traitements spécifiques, une pharmacie, des bureaux, une réception… La clinique a l’énergie solaire pour son eau chaude et le bois pour son chauffage.



Une meilleure qualité de vie
Dysplasie des hanches, rupture des ligaments croisés, balade devenue un calvaire. On pense «piqûre». Et s’il y avait mieux à faire? «Chiens et chats ont droit à une qualité de vie», plaide la doctoresse.

Dans sa clinique, le raisonnable sera entrepris pour qu’ils retrouvent au mieux la mobilité, sel de leur courte vie à notre échelle. Orthopédie, neurologie, gériatrie, obésité, capacités cardiovasculaires pour chiens de sport, arthroses et fontes musculaires, tout passera au crible d’une panoplie de soins dans un environnement adéquat et coloré (bleu pour le calme, rouge pour la stimulation). Hydrothérapie et tapis roulant, jacuzzi, physiothérapie active, électrothérapie, laser pour la régénération cellulaire…

Pas d’acharnement thérapeutique. Cela n’aurait aucun sens. Mais une palette de soins résultant de la recherche en science vétérinaire, juste retour d’ascenseur pour ce que les animaux ont apporté à la médecine humaine.