Eliot : ma séance chez le comportementaliste

07/06/2009

Je suis trop vénère. Figurez-vous que malgré mon regard de tombeur et mes adorables oreilles bouclées, je suis quand même victime d’un délit de sale gueule. Il paraît en effet que les cockers sont des chiens ultra agressifs envers leurs maîtres… Il y a même une étude toute récente menée par un groupe de chercheurs espagnols, qui nous classe à la première place des toutous les plus hargneux au monde. Rien que ça !

 

Moi, je dis que c’est de l’intox. Je soupçonne même ces ibériques de bosser pour le lobby des chiens de catégorie 1, dits dangereux. Ils ont tellement mauvaise réputation qu’ils seraient capables d’échafauder un complot de ce genre. Je ne suis qu’une pauvre petite victime, moi !

Quoi qu’il en soit, mes maîtres ont tellement entendu d’horreurs au sujet de ma race qu’ils ont décidé de faire appel à une comportementaliste. Histoire de savoir comment réagir quand je les mordille ou quand je grogne et pour harmoniser nos rapports. Caroline Savary a débarqué chez nous un samedi après-midi. C’est une femme un peu réservée mais très douce. Je lui ai tout de suite fait la fête pour lui exprimer toute ma sympathie. Elle a posé plein de questions à mes maîtres : où j’étais né, combien de temps étais-je rester auprès de ma maman, où je dormais, comment ça se passait avec Monsieur Matou, etc… Pour me faire perdre la mauvaise habitude de mordre tout le temps, elle leur a filé un tuyau : dès que je montre mes petits crocs, il faut cesser le jeu, m’ignorer, voire m’isoler si je grogne. Julie et Hugues étaient un peu sceptiques. Ils avaient tort. C’est une méthode très efficace.

 

Quand ils m’ont ignoré, au début, je n’ai pas trop compris. J’ai un peu couiné mais ils n’ont pas flanché. Alors, je suis allé rapidement me coucher dans mon panier, histoire d’attendre qu’ils me rappellent. La philosophie de Caroline Savary, ce n’est pas de punir le toutou s’il a fait une bêtise mais de le récompenser quand il obéit à un ordre. Cela s’appelle le renforcement positif. Une façon de penser qui me plaît bien !

Sinon, ma comportementaliste a aussi expliqué à mes maîtres qu’il fallait me mettre en contact avec le plus de personnes différentes, me faire découvrir des endroits différents, d’autres animaux et surtout d’autres chiens, même des très gros. Parce que selon elle, tout ce qu’un chiot aura vu avant l’âge de six mois, il n’en aura pas peur plus tard. Plus les expériences seront riches et multiples, plus il sera équilibré à l’âge adulte.

 

De toute façon, moi, je suis déjà très posé parce que je fais toutes mes ballades dans un parc à chiens où j’ai plein de copains : des Jack Russels, des Labradors, une jolie Dalmatienne et même un gentil Rottweiler. Ce sont tous des bonnes pattes et je vous les présenterai peut-être un jour. Depuis la séance avec Caroline Savary, Julie et Hugues sont rassurés. Ils ont toutes les clés en main pour que tout se passe bien et ils savent que suis un bon toutou. Et vous voulez mon avis : il n’y a pas de mauvais chiens, il n’y a que de mauvais maîtres. Parole de cabot !

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