Le chien dans la mythologie chinoise

Une statue dorée d'un chien de Fo chinois

La mythologie chinoise accorde une place particulièrement importante au chien.


Comme dans la plupart des autres cultures, celui-ci peut avoir plusieurs figures : celle de l’adversaire, celle du protecteur, mais également celle de la figure ancestrale.

Penghou, l’esprit arboricole de la mythologie chinoise

Un dessin du Penghou, une créature imaginaire chinoise

On trouve dans le folklore chinois le Penghou, une créature mi-homme mi-chien également présente dans la mythologie japonaise sous le nom de Hoko. Il est décrit comme un chien noir sans queue à tête humaine, que l’on peut cuire à la vapeur et manger.

 

Il est notamment mentionné dans le livre ancien Soushenji de Gan Bao (4ème siècle après J.-C.), qui narre comment Lu Jingshu, qui était le chef de la commanderie de Jian’an durant la période du royaume de Wu, envoya un jour un homme couper un grand camphrier. Peu de temps après avoir commencé sa tâche, celui-ci fut surpris de voir du sang sortir du tronc. Il continua néanmoins son travail mais lorsque l’arbre tomba, il vit une créature sortir du tronc. Cette dernière avait la figure d’un homme et le corps d’un chien.

 

Par la suite, Jingshu expliqua à l’homme que la créature qu’il avait vue s’appelait « Penghou ». Jingshu la fit cuire à la vapeur et la mangea. Sa saveur était la même que celle de la viande de chien.  

 

Contrairement à d’autres créatures mythologiques, le Penghou n’a pas de fonction particulière. Il témoigne en revanche de l’importance et de l’influence qu’ont eu - et qu’ont toujours - les chiens dans l’imaginaire chinois.

Tiangou, le chien qui mange la lune et le soleil

Un dessin du Tiangou, une créature divine de la mythologie chinoise

Tiangou est une créature divine de la mythologie chinoise qui est décrite soit comme un chien, soit comme un météore. Il est mentionné pour la première fois dans le Shanhaijing (ou « Livre des monts et des mers »), composé entre la période des Royaumes combattants et la dynastie Han, c’est-à-dire entre le 5ème et le 2ème siècle avant J.-C.  

 

La légende veut que lors d’une éclipse, il mange le soleil ou la lune. De ce fait, lorsqu’un tel phénomène astronomique survient, il est nécessaire de battre les chiens afin de se protéger de Tiangou et que celui-ci recrache l’astre, avant que de retourner au paradis.

 

Tiangou n’est pas sans rappeler Hati et Sköll, deux loups de la mythologie nordique dont les noms signifient « haine » et « répulsion ». En effet, ces derniers sont supposés manger respectivement la lune et le soleil lors du Ragnarök, c’est-à-dire la fin du monde.

Le chien Panhu, ancêtre de certains peuples chinois

Plusieurs des dizaines de groupes ethniques de Chine affirment ou ont affirmé dans le passé avoir un chien divin parmi leurs ancêtres. C’est le cas notamment des peuples Li, Miao, She et Yao.

 

Ceci est le fait de divers mythes et légendes, à commencer par l’histoire de Panhu. Celui-ci est présenté comme le chien de l’empereur Di Ku, un souverain mythique qu’il aurait aidé à gagner une guerre en tuant le général ennemi et en lui rapportant sa tête. Afin de récompenser son animal, Di Ku lui aurait offert la main de sa fille.

 

Une autre version de cette légende raconte que l’empereur avait tout simplement promis la main de sa fille comme récompense à celui qui lui rapporterait la tête du général ennemi. Compte tenu de la difficulté pour un chien de se marier avec une humaine, qui plus est une princesse impériale, Panhu proposa de se transformer en homme grâce à un procédé pendant lequel il devait rester enfermé sous une cloche pendant 280 jours. L’empereur Ku, trop curieux de voir ce qui s’y passait, ne put résister à la tentation de soulever la cloche au bout du 279ème jour. Ce faisant, il interrompit le processus : alors que tout son corps s’était déjà transformé en celui d’un humain, Panhu conserva une tête de chien.

 

Ceci explique que Panhu soit vénéré par les Li, les Miaos, les Shes et les Yaos, qui le considèrent comme leur ancêtre direct. Manger de la viande de chien était d’ailleurs tabou chez ces peuples.

Le dieu du grain et de l’agriculture

Une photo de rizières en Chine

Les mythes associés aux chiens exercent aujourd’hui encore une certaine influence sur la population chinoise – du moins une partie d’entre elle.

 

En effet, certains peuples chinois considèrent que c’est grâce au chien que l’Homme est en mesure de se nourrir de céréales, et ce faisant d’assurer sa survie. Une légende veut en effet que l’animal ait sauvé les graines de la colère des dieux, alors qu’ils avaient été offensés par les agissements des humains et cherchaient à les punir. Elle est commune aux cultures des Buyeis, des Gelaos, des Hanis, des Miaos, des Suis, des Tujias, des Zhuangs et des Tibétains.

 

Chez ces derniers, il est dit que le dieu du ciel ne supportait pas le manque de reconnaissance des humains, et décida de leur reprendre les graines qu’il leur avait données. Cependant, un chien tenta de l’en empêcher en le saisissant par la jambe. Ému, le dieu du ciel laissa quelques graines à l’animal, ce qui permit aux humains de continuer à cultiver la terre.

 

Le chien est donc associé ici non seulement à une notion de protection, mais aussi de fidélité. En effet, même face à un dieu, il plaide en faveur de l’Homme : il représente un allié précieux pour ce dernier, et permet même en l’occurrence de le sauver.

Dernière modification : 03/01/2023.