Suisse (Valais) - Chiens sauvés in extremis

16.01.2009
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Le refuge d'Ardon (VS) a récupéré 26 bêtes qui vivaient dans une remorque et dans un état sanitaire désastreux.

Gaëlle Cajeux


Une vingtaine de chiens affamés, bourrés de puces et de vers, les poils noircis par leurs déjections fécales, souffrant de fièvre, d'otites ou de conjonctivites. C'est une vraie scène d'horreur, à laquelle les employés du refuge d'animaux d'Ardon (VS) ont dû faire face lundi soir.

Peu après 18 h, deux hommes, un père et son fils, se présentent au refuge. Ils sont Belges, ont environ 75 et 50 ans, des vêtements totalement souillés et paraissent complètement perdus. Dans leur véhicule 4x4 et leur remorque - utilisée habituellement pour transporter 4 ou 5 huskies - s'entassent 17 caniches (dont 3 petits), 2 pékinois, 1 labrador, 5 dalmatiens et 1 chat. Dans un état sanitaire déplorable. Les deux individus cherchent à placer leurs animaux, que les autres centres de la région avaient refusés.

Refuge débordé
«Nous avons accepté, pour les animaux, explique Chantal Oberson, responsable bénévole du refuge d'Ardon. Mais nous accueillons déjà 27 chiens et une soixantaine de chats. Avec ces nouveaux pensionnaires, le refuge déborde. Nous avons dû engager une personne à 100% pour s'en occuper.» «Cette prise en charge représente un coût supplémentaire de plusieurs milliers de francs. Alors que nous avons déjà du mal à boucler notre budget», poursuit Jean-Charles Zimmermann.

Déclaration de cession
Mais le vice-président de la Ligue valaisanne pour la protection des animaux tient surtout à souligner «le drame de la misère humaine» qui se cache derrière cette affaire tragique. «C'est un cas de dé-tresse morale.» Et non pas une crapuleuse affaire de commerce d'animaux.

Ayant perdu la ferme où il élevait ses chiens en France, le cinquantenaire belge les a placés dans un chenil. Avant de découvrir que ses bêtes n'étaient absolument pas soignées. Il les a alors retirées d'urgence et s'est retrouvé, sans domicile, avec cette meute à prendre en charge. «C'est une personne en détresse, prise dans une spirale et qui n'a plus les moyens de s'occuper de ses chiens», précise le vétérinaire cantonal, Jérôme Barras.

Grâce à la collaboration de la police de proximité, de la Ligue valaisanne pour la protection des animaux* et de l'Office vétérinaire cantonal, ce cas dramatique a finalement été résolu hier soir. Le propriétaire des chiens a signé une déclaration de cession des animaux au refuge et n'a désormais plus le droit de détenir de chiens en Valais.

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