Suisse - Genève et région - Mort d'un chien dressé avec cruauté

01/24/2008
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Le maître a été déféré devant le juge et son amstaff euthanasié.

Comme souvent dans les cas de violence domestique, la dénonciation est venue d'un proche voisin. Sauf que le cas, ici, ne renvoie pas à l'enfer conjugal, à une nouvelle histoire de mari frappeur et récidiviste. La victime, ici, est un chien, un gros chien de défense, de type amstaff, qui, après trois mois de sévices, ne ressemblait plus à rien. Au point que la consultation en urgence chez le vétérinaire cantonal a débouché sur la seule solution sanitaire qui s'imposait: faire euthanasier un animal grièvement blessé de partout.

Il reconnaît les faits
Les gendarmes se rendent chez son maître vendredi soir, avant de le ramener au poste. Les informations recueillies justifient sa garde-à-vue. En salle d'audition, le jeune homme, âgé de 19 ans, habitant Onex, reconnaît les faits.

Des faits de maltraitances aggravées. Après avoir été mordu au pied par son chien, explique-t-il, décision est prise de le «dresser à sa manière». Les premiers coups de poing partent en novembre. Séquestré, enfermé dans la cabine de douche pour l'empêcher de faire ses besoins dans l'appartement, l' amstaff est privé de nourriture et contraint de boire du whisky. Les privations, les brimades tournent ensuite à la torture: son corps est ébouillanté avec des casseroles d'eau chaude.

Ce genre de traitement, qui dure pendant plusieurs semaines, affaiblit «l'objet» de ce terrifiant programme de dressage et rapproche son maître de l'article 22 de la loi fédérale sur la protection des animaux. Lequel permet de poursuivre un individu coupable de tuer un animal ou de lui infliger des sévices particulièrement cruels.

La cruauté reconnue en pareil cas constitue la base légale autorisant l'officier de police à délivrer un mandat d'amener et à déférer la personne interpellée devant le Juge compétent. Chose faite samedi matin.

Probablement a-t-il pu retrouver son domicile, mais pas son chien, durant le même week-end. Mais son passage à l'hôtel de police laissera des questions sans réponses dans la tête de ceux qui l'ont auditionné et qui ont découvert les images détaillant les blessures pour les besoins de l'enquête, avant que la bête ne soit piquée.

«On s'habitue à voir des choses difficiles, confirme le commissaire de garde, mais pareil acharnement dans la cruauté envers un animal de prétendue compagnie est assez inédit.»

La solitude d’«Anaïs»
La Loi sur la protection des animaux ne sanctionne pas seulement la cruauté envers eux, mais aussi la maltraitance. Et celle-ci peut prendre des formes diverses.
L’été dernier, la Tribune de Genève s’était fait l’écho d’une bien triste histoire dont l’héroïne était une chienne briarde répondant, jusqu’à sa mort, au nom d’Anaïs. Elle n’a pas été battue, mais elle a été laissée abandonnée à elle-même dans une maison en ruine pendant des mois, à peine nourrie et de plus en plus malade. Lorsqu’enfin son propriétaire l’a amenée à la SPA, elle n’était plus que l’ombre d’elle-même. Il a fallu l’euthanasier immédiatement.
L’Ordonnance fédérale précise de manière très stricte les conditions de détention d’un animal, d’alimentation et de soins indispensables. Dans le cas d’Anaïs, la SPA avait très exceptionnellement jugé approprié de déposer une plainte contre son propriétaire.