les paradoxes des animaux en Chine

08/08/2008
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Tortures et amour : les paradoxes des animaux en Chine
Par animalinnature

En ce jour d'ouverture des Jeux Olympiques, l'Empire du Milieu porte bien son nom : il va être en effet au centre de l'intérêt international pendant près de 15 jours. L'occasion rêvée pour les militants de toutes causes (Tibet, droits de l'Homme, droits des animaux), de montrer l'envers du décor d'un pays contradictoire, complexe, paradoxal.

Paradoxal en effet, car dans un pays où le chien est un "plat" depuis des millénaires, 150 millions d'entre eux sont des animaux de compagnie des plus heureux, "chouchoutés" dans les familles. Pékin à elle seule compte 1 million de chiens pour 12 millions d'habitants.


Devant la politique de l'enfant unique, de nombreuses familles ont voulu l'agrandir en s'entourant de chiens et de chats, et cet engouement croît depuis dix ans. Pékin possède son "Coolbaby Pet Theme Park", un espace entièrement dédié aux chiens, avec piscine, parcours d'agility, boutiques, toiletteurs...

Mais les autorités, devant une telle prolifération, n'ont pas manqué de sévir, puisque depuis 2006, une "politique du chien unique" par famille a été instaurée, pour limiter les risques (morsures, abandons, rage en recrudescence). La taille de l'animal est également codifiée et ne doit pas dépasser 35 centimètres au garrot. Peine perdue si l'on en juge par les nombreux "grands chiens" qui se promènent dans la capitale chinoise.

En terme de modernité et d'aide aux animaux, c'est souvent de Hong Kong que tout est venu. Très concernée par le bien-être animal, l'ancienne colonie britannique dispose de règles d'hygiène et de régulation des animaux errants exemplaires, et surtout possède depuis 1903 une SPA "hyperénergique", la SPCA (Society of Prevention of Cruelty to Animals). Suivi des animaux adoptés, étude des motivations et des possibilités de soin des candidats à l'adoption, son action est telle qu'elle s'étend à toute la Chine, et l'association intervient également à la télévision pour initier les Chinois aux soins à prodiguer à leur nouveau compagnon.



Fondée en 1903, la SPCA de Hong Kong est un espace d'accueil pionnier et chaleureux pour les animaux abandonnés.


L'envers du décor : l'enfer.

La face sombre du pays en terme d'animaux, les autorités chinoises la cachent soigneusement : délocalisent les marchés d'animaux vivants dans des halles fermées, à l'abri des regards, ou dans les campagnes, loin des villes. Interdisent aux restaurants de servir du chien, "met" susceptible de choquer les étrangers durant les Jeux.

Hypocrisie, effort inutile, de dissimuler des hontes que personne n'ignore ? Plus d'une ONG défendant les animaux (PETA, Animal Asia Foundation) a souligné les cruautés infligés aux animaux, pour le bénéfice des industries, qu'elles soient alimentaires, vestimentaires et même pharmaceutiques. Pour leur fourrure, chiens et chats sont enfermés dans des cages exigues, dépecés vivants et entassés sur des camions Pour leur viande, ils sont martyrisés avant d'être abattus, car "la montée d'adrénaline provoqué par la peur et la souffrance rend la viande plus tendre". Rappelons que 10 millions de chiens et 4 millions de chats sont consommés chaque année en Chine.



Décharger les cages remplies à ras-bord d'animaux, les écraser sur le sol à l'aide de pinces...Le quotidien de ces marchés.

Plus rentable que le poulet ou le porc, mais sur leur modèle, le chien est en passe d'être élevé de manière industrielle. Il est déjà importé d'autres pays d'Asie, et certaines races, comme le saint-bernard, sont très appréciées, car elles produisent beaucoup de chiots et permettent aux éleveurs de vendre 100 000 chiens par an.

La faune sauvage pillée pour la médecine et la viande de gibiers

La fameuse médecine traditionnelle chinoise n'est pas en reste, et pousse à piller la faune sauvage pourtant bien menacée de la Chine. Panthères de l'Amour, pandas, ours, reptiles, fourmiliers, tous sont sacrifiés à la science, pour la composition de remèdes ancestraux, que l'on trouve toujours au fond des boutiques, malgré certaines interdictions : produits à base de corne de rhinocéros, d'os de tigre, de bile d'ours...

Et ce qui ne sert pas à la médecine sert à la chasse. Les Chinois sont friands de viande de gibiers, négocient 100 euros le kilo de la viande de pangolin (un fourmilier), ou des ailerons de requins, vendu 600 euros le kilo à Hong Kong. Pourtant officiellement, les autorités luttent contre le commerce d'animaux sauvages depuis 2003, ce qui n'a pas empêché 46,2% de Chinois de consommer de leur viande...

Et pourtant, vous ne verrez rien.

La venue des Jeux Olympiques ne changera rien à l'absence de démocratie, d'humanisme et de respect du vivant en Chine. Tout cela, la presse chinoise ne le dénoncera évidemment pas, les journalistes étrangers seront, eux, sous le coup de la censure.

Les "mesures" prises pour faire des Jeux propres ne seront que des effets d'annonce : ainsi l'interdiction de servir du chien ne s'appliquera pas à tous les restaurants. Si vous êtes touriste à Pékin durant les Jeux, et que vous vous rendez dans le quartier coréen, vous y trouverez des restaurants "spécialisés". Méfiance encore : les guides n'indiquent pas ces établissements, tout y est écrit en mandarin. Aussi faut-il reconnaître l'idéogramme ? "gõu", qui signifie "chien".

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