Corée du Sud - Des chiens clonés formés à la détection de la drogue

04/25/2008

INCHEON, Corée du Sud — Après avoir donné naissance au premier chien cloné, la Corée du Sud veut aller plus loin en se dotant d'une brigade de chiens spécialisés dans la détection des drogues et explosifs exclusivement composée de spécimens clonés.

Les douanes coréennes ont présenté jeudi sept Labradors retrievers en cours de dressage près de l'aéroport international d'Incheon, à l'ouest de Séoul. Des chiots mâles nés il y a cinq à six mois après avoir été clonés séparément à partir d'un congénère expérimenté, spécialisé dans la recherche de drogue.

Les clonages ont été réalisés par l'équipe de l'université nationale de Séoul qui en 2005 avait créé le premier chien cloné au monde, un lévrier afghan nommé "Snuppy". Les travaux ont été dirigés par le professeur Lee Byeong-chun, un ancien collaborateur de Hwang Woo-suk, ce chercheur tombé en disgrâce pour avoir annoncé de fausses avancées scientifiques dans le domaine des cellules souches. Des examens indépendants ont prouvé que les chiens de l'équipe avaient bien été clonés.

Les sept Labradors sont tous en bonne santé, même si l'un d'eux a été envoyé dans un laboratoire universitaire il y a quelques jours pour une légère blessure à la patte contractée lors d'un entraînement, précise Lim Jae-ryoung, en charge du centre de dressage. Pour l'instant, tous partagent le même nom: "Toppy", contraction de "tomorrow" (demain) et "puppy" (chiot).

"Ils sont d'une nature supérieure, ils sont actifs et acceptent l'entraînement avec enthousiasme", souligne Kim Nak-seung, un dresseur du centre. En février, ils ont réussi un test de comportement majeur visant à vérifier qu'ils sont génétiquement qualifiés pour le travail de détection auxquels ils sont destinés. Habituellement, seuls 10% à 15% des chiens "normaux" réussissent cet examen de passage.

Si les chiens clonés passent avec succès d'autres tests de force physique, de concentration et de flair, ils commenceront à travailler en juillet 2009 dans les aéroports et les ports du pays, selon le centre.

Confronté à la difficulté de trouver de bons chiens de détection, le service des douanes espère faire des économies grâce à ces limiers d'un nouveau genre. "Nous avons eu l'idée de cloner les chiens après avoir pensé à la manière d'obtenir une race supérieure à moindre coût", souligne son directeur Hur Yong-suk. Habituellement, seulement trois chiens normaux sur dix formés au centre sont retenus pour ce travail.

Selon le Pr. Lee Byeong-chun, le clonage de chaque Labrador a coûté l'équivalent de 63.000 à 94.000 euros. Mais les douanes n'ont pas eu à payer, les travaux étant réalisés à des fins universitaires avec des fonds publics, précise-t-il.

Le Pr. Lee souligne que c'est la première fois dans le monde que des chiens spécialisés dans la détection de drogue sont créés par clonage. Son équipe a déjà cloné 20 chiens et cinq loups.

Jeudi, les chiens s'ébattaient avec leur dresseur Kim, courant ensemble et allant chercher une balle en caoutchouc lancée sur un terrain de jeu. "Si je les regarde très soigneusement, je distingue de petites différences au niveau de leur tête", dit Kim, qui dresse les chiens depuis leur naissance. "Mais ce n'est pas facile."

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