Les chiens ne font pas des chats

Une chienne allongée à côté de ses chiots

« Les chiens ne font pas des chats » est un proverbe qu’on utilise pour signifier qu’on hérite des qualités ainsi que des défauts de ses parents, ou plus généralement de leurs caractéristiques.


Son emploi semble assez récent, puisque sa première occurrence dans un ouvrage remonte au milieu du 19ème siècle : on la trouve ainsi dans De l’unité spirituelle (1841), du philosophe et sociologue français Antoine Blanc de Saint-Bonnet (1815-1880).


Il est au demeurant intéressant de souligner que Blanc de Saint-Bonnet s’amuse à y citer l’équivalent de ce proverbe dans d’autres langues européennes. Or, il s’avère que ces dernières s’appuient sur des images différentes pour décrire le même constat :


« Les Français disent : les chiens ne font pas des chats. Les Anglais : le jeune corbeau ne tarde pas à croasser comme le vieux. Les Allemands : la pomme ne tombe jamais loin de sa tige. Les Italiens : le loup n’engendre pas des brebis. Les Espagnols : araignée, qui t’a faite ? Une araignée comme moi. Les anciens disaient : La couleuvre n’engendre pas une corde. »


En 2014, à l’occasion de la parution d’un hors-série consacrée aux expressions préférées des Français, le magazine Le Point fait réaliser par la société Médiaprism un sondage sur la question : il en ressort que « Les chiens ne font pas des chats » est leur favorite (à tort, puisqu’il s’agit non pas d’une expression mais d’un proverbe).


On peut donc affirmer qu’il est très utilisé. Pourtant, curieusement, il est boudé par nombre de dictionnaires actuels, qui l’ignorent royalement. Comment dès lors expliquer le succès de ce proverbe pourtant snobé par les lexicographes ?


D’abord, sa formulation simple s’appuie sur une métaphore qui l’est tout autant : celle des chiens, dont les petits sont bien évidemment des chiens et non des chats. Les deux espèces sont très souvent opposées dans l’imaginaire collectif, du fait notamment de leurs modes de communication différents : on retrouve d’ailleurs cet antagonisme naturel ou supposé dans plusieurs expressions françaises, notamment « s’entendre comme chien et chat ».


En outre, l’évidence et la simplicité de la vérité énoncée donnent à ce proverbe un côté absurde - et donc potentiellement amusant – qui peut aussi expliquer sa popularité.


Quoi qu’il en soit, il a évidemment une dimension métaphorique, et parle en fait des humains : les caractéristiques des parents (représentés par les chiens) se transmettent aux enfants, qui donc leur ressemblent (ils sont eux aussi des chiens, et pas autre chose).


Du reste, ce n’est pas le seul proverbe qui traite de l’hérédité : ainsi, il n’est pas sans rappeler par exemple « Tel père, tel fils » et « Bon chien chasse de race ». 


Le jeu de sonorités que l’on trouve dans ce dernier est d’ailleurs très proche de celui de « Les chiens ne font pas des chats » : une allitération en « ch » et une assonance en « a ». Ce sont là autant de procédés simples mais efficaces qui participent de sa musicalité et le rendent ainsi percutant et facile à mémoriser. 

Dernière modification : 05/09/2026

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