Jamais à un bon chien il ne vient un bon os

Une personne montrant un os à un chien

« Jamais à bon chien il ne vient bon os » est un proverbe qu’on utilise pour signifier que l’on n’obtient pas toujours la récompense ou la réussite que l’on mérite. 


Son origine remonte au moins au 17ème siècle, puisqu’il est relevé en 1640 par Antoine Oudin (1595-1653) dans son ouvrage Curiositez françoises, sous une forme néanmoins très légèrement différente : « À un bon chien, il n’arrive jamais un bon os ». Le linguiste français l’explique ainsi : « un honneste ou habile homme rencontre peu souvens une bonne fortune ; au contraire on la voit favoriser les meschans ou ignorans ».


Ce proverbe semble avoir pris sa forme actuelle dans la seconde moitié du 17ème siècle, puisque c’est ainsi que le relève le lexicographe français Antoine Furetière (1609-1688) dans son Dictionnaire universel, publié à titre posthume en 1690. Il est en revanche ignoré par l’Académie française jusqu’au 19ème siècle. En effet, elle ne l’intègre dans son célèbre dictionnaire qu’à partir de sa sixième édition, qui paraît en 1835. On le retrouve en 1878 dans la suivante, mais il est absent en revanche de toutes celles qui suivent.


Quoi qu’il en soit, il constitue une métaphore cynique sur la cruauté du destin. Le « bon chien » incarne la loyauté et la vertu : fidèle, dévoué, il mériterait largement une récompense. Le « bon os » symbolise cette rétribution à laquelle il peut prétendre. Néanmoins, le « jamais » frappe dès le départ comme un couperet : le destin snobe les justes, les laissant sur leur faim.


Le message transmis par ce proverbe est donc empreint d’un pessimisme certain. On peut d’ailleurs le voir comme une réponse désabusée à un autre proverbe avec le mot « chien », qui pour sa part insiste sur la nécessité de récompenser convenablement le travail bien fait : « À bon chien bon os ». 


Par ailleurs, il est construit sur une structure binaire tout à fait typique du genre. Il comporte en outre une répétition (de « un bon »), un procédé que l’on retrouve également très fréquemment dans les proverbes. C’est aussi le cas par exemple dans « À bon chat, bon rat », « Qui vole un œuf vole un bœuf » ou encore « Loin des yeux, loin du cœur ».

Dernière modification : 05/09/2026