Il vaut autant être mordu d’un chien que d’une chienne

Un chien en train de mordre le bras d'une personne

« Il vaut autant être mordu d’un chien que d’une chienne » est un proverbe qu’on utilise pour signifier que, face à deux mauvaises solutions, il ne sert à rien de choisir, ou encore qu’entre deux risques égaux, il n’y a pas de raison d’avoir plus peur de l’un que de l’autre.


Son origine remonte au moins au 17ème siècle, puisqu’on le trouve exactement sous cette forme dans l’ouvrage du linguiste français Antoine Oudin (1595-1953) intitulé Curiositez françoises, pour servir de complément aux dictionnaires, ou recueil de plusieurs belles propriétez, avec une infinité de proverbes et de quolibets pour l'explication de toutes sortes de livres (1640).


Ce proverbe, comme de nombreux autres (« Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », « Mieux vaut être seul que mal accompagné », « Il vaut mieux prévenir que guérir »…) traite de la valeur de deux choses.


Cependant, fait plus rare dans les proverbes de ce genre, il n’y a pas ici de comparaison ou de classement. L’affirmation, comme c’est fréquemment le cas, est construite sur une métaphore : la morsure représente la perspective d’un avenir désagréable. Mais celles du chien ou de la chienne sont renvoyées dos à dos.


Il convient d’ailleurs de noter qu’au-delà du symbole, d’après le Dictionnaire historique de la langue française du lexicographe français Alain Rey (1928-2020), les mots « chien » et « chienne » prennent dès 1195 à 1200 un sens figuré fortement péjoratif quand ils sont appliqués à des humains. Les deux mots deviennent ainsi des insultes dès l’ancien français. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’ils soient associés à une situation négative.


Il y a donc dans ce proverbe quelque chose de grinçant, d’ironique, mais surtout de désabusé. On peut ainsi le voir comme le pendant désenchanté du proverbe « Entre deux maux il faut choisir le moindre ».

Dernière modification : 05/09/2026