Autres proverbes français avec un chien

Un chien en train de regarder la tour Eiffel depuis l'esplanade du Trocadéro

Parmi les nombreux proverbes français avec un chien, certains sont assez courants et documentés, mais c’est loin d’être le cas de tous.


Voici une liste de quelques-uns dont l’usage est peu répandu, en tout cas de nos jours. Peut-être en fut-il pour certains autrement par le passé, mais le fait est qu’ils ne figurent pas dans les ouvrages actuels de référence que sont le Dictionnaire de l’Académie française, le Trésor de la Langue Française (TLF) et Le Petit Robert. 


La plupart sont assez faciles à comprendre, mais d’autres en revanche ont de quoi laisser perplexe. C’est d’autant plus vrai bien sûr pour ceux qui n’ont jamais été explicités par les lexicographes, que ce soit de nos jours ou au cours des siècles passés.


Il faut dire en effet que le concept de dictionnaire tel qu’on le connaît aujourd’hui n’apparaît qu’au 17ème siècle environ. Avant cette époque, il existe des ouvrages dans lesquels sont listés des proverbes, mais il s’agit simplement de recueils : les auteurs n’en donnent généralement pas d’explications.

Sommaire de cette page

  1. 1. À bon chien bon os
  2. 2. À chien qui mord il faut jeter des pierres
  3. 3. À mauvais chien la queue lui vient
  4. 4. À mauvais chien on ne peut montrer le loup
  5. 5. À méchant chien court lien
  6. 6. À méchant chien belle queue
  7. 7. À petit chien petit lien
  8. 8. À rebelle chien dur lien
  9. 9. À un os, deux chiens fallos
  10. 10. Chair de chien ne vaut rien
  11. 11. Chien affamé de bastonnade n’est intimidé
  12. 12. Chien dangereux sans maraude se couche
  13. 13. Chien en cuisine son pareil ne désire
  14. 14. Chien en cuisine souper ne demande
  15. 15. Chien enragé ne peut longuement vivre
  16. 16. Chien sur son fumier est hardi
  17. 17. Chien une fois échaudé d’eau froide est intimidé
  18. 18. De toutes tailles bon chien
  19. 19. Eau et pain, c’est la viande d’un chien
  20. 20. Il fait mal éveiller le chien qui dort
  21. 21. Il ne faut pas tuer son chien pour une mauvaise année
  22. 22. Il n’est pas nécessaire de montrer le méchant au chien
  23. 23. Le chien commande au chat, et le chat commande à sa queue
  24. 24. Le chien se défend quand on lui ôte un os
  25. 25. Le chien se frotte à la charogne
  26. 26. Mauvais chien ne trouve où mordre
  27. 27. Mauvais chien n’épargne personne
  28. 28. Par petits chiens le lièvre est trouvé et par les grands est happé
  29. 29. Petit chien, belle queue
  30. 30. Pour l’alouette le chien perd son maître
  31. 31. Qui perd un chien et recouvre un chat, c’est toujours une bête à quatre pieds
  32. 32. Qui se couche avec les chiens il se lève avec les puces
  33. 33. Qui veut frapper un chien facilement trouve un bâton
  34. 34. Qui veut avoir bon chien il faut qu’il le nourrisse bien
  35. 35. Tel chien tel lien

À bon chien bon os

Un chien allongé sur de l'herbe et tenant un os dans sa gueule

Ce proverbe est mentionné dans Le Livre des proverbes français, publié en 1842 par l’historien français Antoine Le Roux de Lincy (1806-1869).

 

Aucune définition n’en est donnée, mais on peut supposer qu’il signifie qu’une personne qui accomplit bien son devoir mérite une belle récompense.

 

Ainsi, la vérité qu’il énonce semble être à l’exact opposé de celle suggérée par le proverbe « Jamais à bon chien il ne vient bon os ».

À chien qui mord il faut jeter des pierres

Un chien en train de mordre la main d'un homme

Ce proverbe est évoqué dans le Dictionnaire de la langue française du lexicographe français Émile Littré (1801-1881), publié en 1873 et 1874.

 

Ce dernier le paraphrase en expliquant qu’« on ne doit pas avoir pitié des gens malfaisants ».

À mauvais chien la queue lui vient

Un chien attrapant sa queue

Ce proverbe ancien apparaît dans une collection de proverbes anonyme datée du 15ème siècle et intitulée Les Proverbes communs.

 

Sa signification est assez obscure.

À mauvais chien on ne peut montrer le loup

Un loup dans la forêt

Ce proverbe figure lui aussi dans le recueil anonyme Les Proverbes communs, publié au 15ème siècle.

 

Il semble qu’il était toujours assez utilisé au 19ème siècle, car Émile Littré le mentionne dans son Dictionnaire de la langue française paru en 1873 et 1874, expliquant qu’il signifie qu’on ne peut convaincre les hommes lâches de s’exposer.

À méchant chien court lien

Un petit chien blanc attaché à un poteau avec une laisse

Ce proverbe est relevé dans le Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs, un recueil publié en 1568 et écrit par le lexicographe français Gabriel Meurier (qui naquit vers 1520 et mourut en 1610).

 

Ce dernier n’en donne pas de définition, mais on peut supposer qu’il signifie que les personnes malveillantes doivent être surveillées de près, voire entravées.

À méchant chien belle queue

L'arrière-train d'un chien sortant de l'herbe

Ce proverbe est relevé dans un recueil anonyme daté du 16ème siècle et intitulé Adages françois.

 

Il porte manifestement sur les apparences trompeuses - au même titre que « L’habit ne fait pas le moine », par exemple.

À petit chien petit lien

Une personne tenant un petit chien en laisse

« À petit chien petit lien » figure dans un recueil anonyme daté du 13ème siècle et intitulé Proverbes ruraux et vulgaux.

 

Comme beaucoup d’autres proverbes qui jouent sur la rime « chien » / « lien », il semble qu’il porte sur la notion de liberté.

À rebelle chien dur lien

Un chiot qui tire sur sa chaîne

Ce proverbe est listé dans la collection de proverbes anonyme datée du 15ème siècle et intitulée Les Proverbes communs.

 

Sa signification semble très semblable à celle de « À méchant chien court lien », mais il met plutôt l’accent sur le manque de docilité que sur la méchanceté.

À un os, deux chiens fallos

Deux chiens se battant

Ce proverbe est relevé dans l’ouvrage Proverbes et dicts sentencieux, œuvre posthume du philosophe et mathématicien français Charles de Bovelles (1479-1553) parue en 1557.

 

Il en donne la définition suivante : « Ce propos doit s’entendre de tous chiens, lesquels, quand il y en a deux à un os, sont en grand noises et discordes, signifiants à un même bien deux contendants, lesquels ne sont en paix, mais en noise et en discorde ».

 

Les deux chiens symbolisent donc deux rivaux (« contendants ») qui se disputent sans fin pour un même bien. Ce proverbe affirme ainsi que quand un même objet est désiré par deux personnes, la rivalité est inévitable et insolvable.

Chair de chien ne vaut rien

Un petit chien ayant l'air triste

Ce proverbe apparaît dans le recueil anonyme Les Proverbes communs, daté du 15ème.

 

Sa signification est assez obscure.

Chien affamé de bastonnade n’est intimidé

Un chien montrant les crocs de manière agressive

Ce proverbe est relevé dans le Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs, recueil publié en 1568 et écrit par Gabriel Meurier.

 

Ce dernier n’en donne pas de définition, mais on peut supposer qu’il signifie que les gens qui sont dans une situation difficile n’ont rien à perdre et se montrent donc plus courageux que les autres, voire agressifs.

Chien dangereux sans maraude se couche

Un Bull Mastiff assis dans la forêt

Ce proverbe est recensé dans le recueil anonyme Les Proverbes communs, paru au 15ème siècle.

 

Il faut ici entendre « maraude » au sens de rôder à la recherche de choses à voler. Il s’agirait donc là-encore d’un proverbe qui porte sur les apparences, laissant entendre que les personnes les plus dangereuses sont les plus discrètes.

Chien en cuisine son pareil ne désire

Un chien assis devant un four allumé

Ce proverbe apparaît dans un manuscrit anonyme du 13ème siècle intitulé Anciens proverbes.

 

On peut supposer qu’il signifie que les personnes modestes qui finissent par avoir accès à un mode de vie plus luxueux sont peu enclines à partager avec leurs semblables.

Chien en cuisine souper ne demande

Un chien léchant de la nourriture posée sur une table

« Chien en cuisine souper ne demande », « c'est-à-dire il le prend », précise Émile Littré, qui atteste de l’existence de ce proverbe dans son Dictionnaire de la langue française (1873-1874).

 

On peut donc imaginer qu’il indique que les personnes modestes, quand elles se retrouvent dans un cadre plus luxueux, se servent sans demander - voire n’hésitent pas à voler.

Chien enragé ne peut longuement vivre

Un chien enragé

Ce proverbe apparaît dans le recueil anonyme Adages françois, daté du 16ème siècle.

 

On peut supposer qu’il signifie que les accès de colère ne durent jamais bien longtemps, ou bien que s’énerver facilement revient à réduire son espérance de vie.

Chien sur son fumier est hardi

Un chien en train de renifler du fumier d'une remorque

Également relevé dans le recueil Adages françois (16ème siècle), ce proverbe associe ironiquement la notion de confiance en soi à celle de territorialité.

 

Il décrit certainement les personnes qui se montrent arrogantes quand elles se trouvent dans un environnement familier.

Chien une fois échaudé d’eau froide est intimidé

Un chien en train de se faire asperger par un jet d'eau et qui semble ne pas apprécier

Ce proverbe est relevé par Gabriel Meurier dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs, paru en 1568. Cependant, c’est son équivalent avec un chat plutôt qu’un chien qui est resté dans les mémoires : « Chat échaudé craint l’eau froide ».

 

L’un comme l’autre signifient que lorsqu’on subit une mésaventure, on redouble ensuite de prudence.

De toutes tailles bon chien

Trois chiens de différentes tailles allongés côte à côte dans l'herbe

Ce proverbe est recensé par l’écrivain français Pierre-Alexandre Gratet-Duplessis (1792-1853), dit Hilaire le Gai, dans sa Petite Encyclopédie des proverbes français parue en 1852.

 

Sa signification demeure obscure, bien qu’on puisse supposer qu’il porte sur les apparences.

Eau et pain, c’est la viande d’un chien

Un chien tenant dans sa gueule une baguette de pain

Ce proverbe apparaît dans le recueil anonyme Adages françois, paru au 16ème siècle.

 

Sa signification est assez obscure.

Il fait mal éveiller le chien qui dort

Un Carlin dormant dans son panier

Ce proverbe apparaît dans un manuscrit du 13ème siècle intitulé Anciens proverbes. Comme pour « Chien une fois échaudé d’eau froide est intimidé », c’est son pendant avec un chat au lieu d’un chien qui est restée dans les mémoires : « Il ne faut pas réveiller le chat qui dort ».

 

Quel que soit l’animal mis en scène, le message est qu’il vaut mieux éviter de ranimer une querelle qui appartient au passé.

Il ne faut pas tuer son chien pour une mauvaise année

Un chien assis à côté d'un agriculteur à l'arrière d'un véhicule

Ce proverbe est cité par Émile Littré dans son Dictionnaire de la langue française, publié en 1873 et 1874.

 

Il l’explique ainsi : « on ne doit pas désespérer pour une seule ou une petite disgrâce ».

Il n’est pas nécessaire de montrer le méchant au chien

Un homme montrant quelque chose du doigt à un chien de berger

Ce proverbe est évoqué dans le Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la langue française (1842), du lexicographe français Pierre-Marie Quitard (1792-1882).

 

Il signifie qu’« il n’est pas besoin de signaler à un homme habile et vigilant les pièges qu’il doit éviter ».

Le chien commande au chat, et le chat commande à sa queue

Un chien et un chat côte à côte sur un fauteuil

Cité dans les Curiositez françoises compilées par le linguiste Antoine Oudin (1595-1653) et publiées en 1640, ce proverbe signifie que « le maître commande au valet, & le valet commande à un autre, au lieu de le faire lui-même ».

 

On l’utilisait sans doute pour signifier que beaucoup de personnes ont tendance à se débarrasser de certaines tâches en les confiant à quelqu’un d’autre.

Le chien se défend quand on lui ôte un os

Un chien tenant un os dans sa gueule et ayant un air agressif

Ce proverbe figure dans le recueil anonyme Adages françois, paru au 16ème siècle.

 

Il signifie sans doute qu’on a naturellement tendance à se défendre quand on cherche à nous retirer ou nous voler une chose à laquelle on tient.

Le chien se frotte à la charogne

Un chien allongé dans l'herbe avec un oiseau mort devant lui

Ce proverbe est relevé dans Proverbium vulgarium libri très, un ouvrage écrit par le philosophe et mathématicien français Charles de Bovelles (1479-1553), qui paraît en 1531.

 

Présenté ici sous un jour très négatif, le chien symbolise à l’évidence les personnes qui sont attirées par ce qui est mauvais ou dégradant.

Mauvais chien ne trouve où mordre

Un chien montrant les crocs

Ce proverbe est mentionné dans Le Livre des proverbes français, publié en 1842 par Antoine Le Roux de Lincy.

 

On peut supposer qu’il signifie que les personnes mal intentionnées ou incompétentes n’ont pas la capacité de nuire comme elles le voudraient.

Mauvais chien n’épargne personne

Un chien faisant peur à un enfant

Ce proverbe est recensé par Hilaire le Gai dans sa Petite Encyclopédie des proverbes français parue en 1852.


Il signifie que les personnes méchantes ou agressives s’en prennent à tout le monde, sans distinction.

Par petits chiens le lièvre est trouvé et par les grands est happé

Un chien tenant un lièvre dans sa gueule

Ce proverbe est relevé dans Proverbium vulgarium libri très, l’ouvrage de Charles de Bovelles publié en 1531.

 

On peut supposer qu’il signifie que certaines tâches sont préparées par des forces modestes puis achevées par d’autres plus puissantes.

Petit chien, belle queue

Une photo d'un Spitz Japonais vu de profil, avec une pelouse en arrière-plan

Antoine Oudin évoque en 1640 ce proverbe dans son ouvrage Curiositez françoises, mais l’explication qu’il en donne est assez obscure : « petit homme grand ».

 

Dans son Dictionnaire de la langue française paru en 1873 et 1874, Émile Littré se montre plus clair : il le rapproche du proverbe « Dans les petites boîtes, les bons onguents », utilisé pour « complimenter les personnes de petite taille ».

Pour l’alouette le chien perd son maître

Un chien courant dans l'eau après un oiseau

Ce proverbe est mentionné en 1557 par Charles de Bovelles dans Proverbes et dicts sentencieux.

 

L’alouette doit sans doute être considérée ici sous son aspect de petite proie de chasse. Le propos signifierait donc que, pour obtenir une chose de peu de valeur, on risque de perdre quelque chose de bien plus important.

 

On peut ainsi rapprocher ce proverbe de l’expression « lâcher la proie pour l’ombre », qui est issue de « Le chien qui lâche la proie pour l’ombre », une des nombreuses fables avec un chien figurant dans l’œuvre de l’écrivain français Jean de La Fontaine (1621-1695).

Qui perd un chien et recouvre un chat, c’est toujours une bête à quatre pieds

Une femme accroupie sur un lit, tenant son chat dans ses bras

Antoine Oudin cite ce proverbe dans son recueil Curiositez françoises, paru en 1640.

 

Il y explique qu’on l’emploie pour signifier que celui qui perd une chose et en retrouve une autre qui la remplace n’est pas affecté par la disparition de la première.

Qui se couche avec les chiens il se lève avec les puces

Un chien assis sur un canapé et en train de se gratter

Ce proverbe est évoqué en 1842 par Antoine Le Roux de Lincy dans Le Livre des proverbes français.

 

On peut supposer qu’il signifie que fréquenter de mauvaises personnes finit par entraîner des conséquences négatives pour soi-même.

Qui veut frapper un chien facilement trouve un bâton

Un homme tenant un chien par le cou et un bâton dans l'autre main

Ce proverbe est relevé par Gabriel Meurier en 1568 dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs.

 

Sa signification semble très proche de « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage », employé pour signifier que, quand on veut nuire à quelqu’un, on trouve toujours un bon prétexte pour le faire.

Qui veut avoir bon chien il faut qu’il le nourrisse bien

Une personne tendant une gamelle de nourriture à un chien

Ce proverbe est recensé en 1852 par Pierre-Alexandre Gratet-Duplessis, dit Hilaire le Gai, dans sa Petite Encyclopédie des proverbes français.

 

Il signifie que pour obtenir de bons résultats de quelqu’un ou quelque chose, il faut en prendre soin.

Tel chien tel lien

Un chien attaché à un poteau

Ce proverbe est mentionné par Gabriel Meurier dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes & dictions communs, paru en 1568.

 

On peut le rapprocher de plusieurs autres proverbes s’appuyant sur la rime « chien » / « lien » : « À méchant chien court lien », « À petit chien petit lien » et « À rebelle chien dur lien ». Il semble en être une sorte de synthèse.

Dernière modification : 06/13/2026

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