
« Bon chien chasse de race », parfois employé au pluriel sous la forme « les bons chiens chassent de race » ou encore « bons chiens chassent de race », est un proverbe qu’on emploie pour signifier que les enfants héritent des qualités ou défauts de leurs parents.
Son emploi remonte au moins au 17ème siècle. En effet, il est recensé aussi bien en 1694 dans la première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694), qui le cite au pluriel, que dans le Dictionnaire universel, publié en 1690 à titre posthume par le lexicographe français Antoine Furetière (1609-1688). Ce dernier préfère la forme au singulier, puisqu’il écrit ceci : « On dit proverbialement que bon chien chasse de race : ce qui se dit figurément de l’homme. Cette fille chasse de race, elle est galante comme a été sa mère. Ce garçon chasse de race, il est avare & usurier comme son père ».
On remarque au passage que, dès cette époque, ce proverbe pouvait aussi bien avoir un sens positif qu’un sens négatif, dès lors qu’on l’employait de manière ironique.
Pour mieux le comprendre, il faut remonter à l’expression « chasser de race », encore utilisée dans son sens figuré aujourd’hui. C’est sans doute le lexicographe français Émile Littré (1801-1881) qui l’explique le mieux au sens propre dans son Dictionnaire de la langue française, paru en 1873 et 1874 : « En parlant des chiens, chasser de race, chasser par race, par le fait de la race […]. »
Au moins à partir du 17ème siècle, l’expression est également utilisée de façon métaphorique pour dire qu’une personne partage des traits de personnalité avec ses ascendants.
Dans le proverbe qui reprend l’expression « chasser de race », l’image du chien est réintroduite de façon plus explicite pour évoquer directement l’instinct de chasse et dresser le parallélisme entre ce dernier et la transmission naturelle des qualités, défauts ou dispositions chez les humains.
Cette idée est d’ailleurs également présente dans d’autres proverbes, notamment « tel père, tel fils » ainsi que « les chiens ne font pas des chats ».
Il convient enfin de remarquer que, comme bon nombre de proverbes, « bon chien chasse de race » est construit sur des jeux de sonorités qui renforcent sa musicalité : l’allitération que forment les fricatives « ch » et « s », ainsi que l’assonance en « a ».





