
Nommé notamment Milou en français et Snowy en anglais, le chien de Tintin est inséparable de son maître et connu dans le monde entier. Il a lui-même voyagé partout au gré des pérégrinations de son illustre propriétaire, y compris sur la Lune.
Pour créer ce personnage, Hergé (1907-1983) s’inspire du Fox Terrier, un chien très à la mode dans les années 20, c’est-à-dire à l’époque où il commence son œuvre. Toutefois, il en modifie volontairement les proportions, la fourrure et bien sûr la personnalité pour les besoins de sa bande dessinée.
Présent dans chacun des 24 albums, Milou y est un personnage riche et intéressant à découvrir : arrogant, vantard et susceptible, c’est loin d’être un chien parfait, mais ce sont justement ses défauts qui le rendent si attachant. Cette complexité est quelque peu gommée dans l’adaptation en dessins animés diffusée entre 1991 et 1992, où il sert davantage de faire valoir.
Ce n’est d’ailleurs pas la seule différence. Ainsi, il est complètement muet dans cette dernière, alors qu’il en va autrement dans la bande dessinée : ses pensées y sont retranscrites sous la forme de bulles, donnant l’illusion d’un dialogue entre lui et Tintin. Ce processus est d'ailleurs très souvent repris par la suite dans les BD mettant en scène un animal de compagnie et son maître, notamment Garfield.
Toutefois, au fur et à mesure des ouvrages, Milou devint de moins en moins loquace – au point que dans les derniers opus, il ne s’exprime plus que par symboles.
Les scènes les plus marquantes de ses aventures sont sans doute celles où ses dilemmes prennent la forme d’un débat entre un chien-ange et un chien-démon, qui confrontent les différentes options s’offrant à lui. À mi-chemin entre l’Homme et le chien, Milou possède les vices des deux, à commencer par la gourmandise, qu’il démontre chaque fois qu’il peut mettre ses pattes sur un morceau de viande, mais aussi l’alcoolisme. En effet, avec son penchant prononcé pour le whisky (qu’il partage d’ailleurs avec le capitaine Haddock, le meilleur ami de Tintin), Milou réussit peut-être l’exploit d’être le seul chien alcoolique de l’histoire de la bande dessinée.