Le chien dans le christianisme

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Le chien dans le bouddhisme
Le chien dans le christianisme
Le chien dans le christianisme

La représentation du chien dans le Nouveau Testament ne laisse pas vraiment de place au doute quant à la vision qu’on avait du chien à l’époque de Jésus : elle était clairement négative. Entre autres exemples, on peut ainsi lire l’injonction suivante au verset 6 du chapitre 7 du livre de Matthieu: « Ne donnez pas les choses saintes aux chiens, et ne jetez pas vos perles devant les cochons, de peur qu’ils ne les foulent aux pieds, ne se retournent et ne vous déchirent ».

 

Un autre verset de Pierre, bien connu, parle de ceux qui briseraient sciemment des lois divines même s’ils les connaissent : « Car mieux valait pour eux n'avoir pas connu la voie de la justice, que de se détourner, après l'avoir connue, du saint commandement qui leur avait été donné. Il leur est arrivé ce que dit un proverbe vrai : le chien est retourné à ce qu'il avait vomi, et la truie lavée s'est vautrée dans le bourbier » (Pierre, chapitre 2, versets 20 à 22).

 

Le chien dans le christianisme

Toutefois, selon le théologien Yves I-Bing Cheng, Jésus aurait utilisé les termes « chiens » et « porcs » comme des métaphores, pour décrire des gens dont la spiritualité et la moralité étaient répugnantes. Il ne serait donc pas littéralement question des chiens à proprement parler, mais bien des humains dont les valeurs ne correspondent pas avec celles de la chrétienté.

 

En tout état de cause, aucun texte de référence du christianisme n’interdit explicitement d’avoir un chien de compagnie.

 

Saint Roch avec un chien
Saint Roch

L’histoire des saints chrétiens comporte même un personnage intimement lié au chien, avec cette fois une image très positive. Il s’agit de Saint Roch (1295-1327), un noble français originaire de Montpellier qui rejoignit l’ordre des franciscains, se mit en route vers Rome et soigna de nombreux malades de la peste tout au long de son périple vers la ville sainte. Sur le chemin du retour, il finit par être contaminé à son tour. Constatant les signes de la maladie sur son corps, il s’isola dans un bois pour mourir. La légende veut toutefois qu’un chien s’approcha de lui et revint le voir tous les jours, léchant ses plaies et lui apportant de la nourriture, et qu’il finit par survivre à la peste. Saint Roch devint le saint patron de tous les métiers reliés au domaine canin. En Bolivie, le 16 août, jour de la Saint Roch, est même chaque année l’occasion de célébrations, au cours desquelles les chiens sont décorés de rubans et bénéficient d’attentions particulières.

 

Il convient enfin de garder en tête que, tant dans le judaïsme que dans le christianisme, les croyants sont enjoints à aimer toute la « Création », c’est-à-dire l’ensemble des créatures vivant sur Terre – ce qui inclue évidemment le chien. Ce devoir d’amour et de respect est imposé de manière non équivoque par les Écritures : les interprétations destinées à jeter l’opprobre sur tel ou tel être vivant ne peuvent éviter ce fait simple mais central.

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Dernière modification : 09/12/2020.