Buck dans « L’appel de la forêt », de Jack London (1903)

Une illustration du livre « L’ Appel de la forêt » représentant John Thornton et ses chiens de traîneau, dont Buck

Grand classique de la littérature américaine signé Jack London (1876-1916) et paru en 1903, L’appel de la forêt (The Call of the Wild en version originale) a pour protagoniste Buck, un gigantesque croisé Saint-Bernard / Scotch Collie qui à l’origine mène une existence paisible chez son maître en Californie. Un beau jour, il est enlevé par des trafiquants de chiens et expédié dans le Grand Nord canadien pour travailler comme chien de traîneau. Il doit alors s’adapter à un univers impitoyable, notamment du fait des températures glaciales et de l’hostilité de ses congénères. 


Récit de survie, L’appel de la forêt est aussi une réflexion sur la cruauté humaine. Ainsi, un des aspects les plus poignants de l’histoire est la relation entre Buck et John Thornton, un trappeur qui l’aide à se réconcilier avec l’humanité. Celui-ci finit par être tué par des membres de la tribu des Yeehats : séduit par une meute de loups, Buck finit alors par intégrer leurs rangs et ce faisant rompt son dernier lien avec la civilisation.


L’appel de la forêt n’est pas qu’un roman fascinant inspiré par les expériences de son auteur dans le Grand Nord canadien : c’est aussi une œuvre littéraire précurseuse. En effet, au même titre que Croc-Blanc (du même auteur et paru en 1906), c’est un des premiers romans à être raconté à travers les yeux d’un représentant de la gent canine.


À sa sortie, Jack London est d’ailleurs critiqué pour avoir attribué à un chien des pensées considérées comme trop humaines. Fin observateur de la nature et penseur en avance sur son temps, London rejette ces critiques qu’il qualifie d’anthropocentriques (c’est-à-dire qui font de l’humain une référence universelle), et affirme avoir dépeint la nature de façon plus réaliste que ses prédécesseurs.


Avec le temps, les progrès des connaissances concernant la psychologie des chiens finissent par lui donner raison. Cela explique d’ailleurs que L’appel de la forêt soit intemporel et toujours pertinent plus d’un siècle après sa sortie.
Il est d’ailleurs adapté une dizaine de fois au cinéma, notamment en 1935 avec Clark Gable (1901-1960) dans le rôle de Thornton, et en 2020 avec Harrison Ford (né en 1942) pour incarner ce personnage.