Respecter son chien et devenir un bon maître

Respecter son chien et devenir un bon maître

Un chiot vient d'arriver à la maison et vous vous demandez quels sont les bonnes habitudes et autres comportements à mettre en place pour que tout se passe comme dans le meilleur des mondes ?


De fait, il ne faut pas perdre de temps. Car si l'on dit souvent - et à juste titre - qu'un chien peut apprendre tout au long de sa vie, l'apprentissage sera d'autant plus facile que les bons gestes et les bonnes méthodes d'éducation canine auront été utilisés tôt. Votre famille, votre chien et l'ensemble de l'expérience de vie commune ne s'en porteront que mieux. Cela vous évitera également de devoir par la suite vous épuiser à défaire une mauvaise habitude bien ancrée pour la remplacer par le comportement souhaité.

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Le chiot : les règles et sa place dans la famille 

Le chiot : les règles et sa place dans la famille 

L'article L 214-6 de la Convention européenne pour la protection des animaux de compagnie stipule que « on entend par animal de compagnie tout animal détenu ou destiné à être détenu par l'homme, notamment dans son foyer, pour son agrément ».

Le chiot est un petit être fragile en apparence, mais qui est doué d'intelligence et de mémoire, et deviendra ce qu'on en aura fait. On peut estimer que 20% de ce qu'il est relève de la génétique, est fixé dès sa naissance et ne pourra être modifié, mais qu'il reste donc 80% à construire. Ces 80% seront déterminés par son vécu dans le ventre de la mère puis auprès d'elle, ses premières semaines chez l'éleveur canin, et enfin chez son maître. 

 

Ce dernier ne doit pas simplement se contenter de choisir quelle race de chien adopter et choisir entre un chien mâle ou une femelle. Dès l'arrivée du chiot à la maison, charge au maître de faire en sorte que le nouveau venu intègre au plus vite la place du chien dans la famille et les règles d'éducation du chiot qui seront dispensées par tous les membres de la famille.

De fait, le maître qui adopte un chiot devient pour lui à la fois sa mère, son père, son chef de meute, et son clan. Dans la nature, une meute est placée sous la conduite d'un chef, lequel se caractérise par son assurance et son calme. Ces deux qualités permettent à l'Alpha d'assurer l'équilibre et l'harmonie dans le groupe. Puisque c'est lui qui prend toutes les décisions, ses congénères se trouvent libérés de toute responsabilité et n'ont qu'à se laisser guider. 

 

Le maître doit donc occuper cette position de leader. Par l'énergie qu'il dégage et par son langage corporel, il indique au chien qu'il prend en charge tout ce qui le concerne, lui faisant ainsi clairement comprendre où se trouve sa place au sein de la famille. 

 

Il n'est nullement besoin de crier, encore moins de brutaliser le chien, qui est parfaitement à même de comprendre ce que l'on attend de lui sans qu'une quelconque violence soit nécessaire. Ceci suppose toutefois que les consignes soient claires et parfaitement compréhensibles, et que le maître - ainsi que l'ensemble des membres de la famille - se montre constant dans ce qu'il permet ou interdit.

 

Le chien, comme tous les mammifères élevés par un groupe, va ainsi apprendre comment vivre dans un biotope, c'est-à-dire un milieu présentant des conditions de vie homogènes, et comment correspondre avec les membres du groupe ou ceux d'autres groupes.

Lui donner et respecter un espace de repos

Lui donner et respecter un espace de repos

Le chiot va progressivement intégrer les sons, les odeurs, les mouvements des personnes, les contacts... Pour cela, il faut le laisser explorer son lieu de vie, et l'accompagner si besoin. Si certaines pièces lui sont interdites, comme les chambres, il suffit de fermer les portes.


Le lieu de couchage du chien doit se trouver dans un coin, et son sommeil doit être respecté. Ce n'est pas parce qu'un chiot dort beaucoup qu'on peut s'autoriser à le réveiller sans raison, ou même le caresser alors qu'il dort.

 

Par ailleurs, il ne faut pas mettre immédiatement le chiot dans un endroit isolé comme le chenil ou le jardin, même si plus tard c'est là qu'il passera le plus clair de son temps, car il est encore en pleine période d'attachement aux personnes, période qui durera jusque l'âge de 4 à 5 mois. Au passage, il faut éviter que ce soit à une seule au début . Toute la famille, y compris les enfants, doivent suivre des règles établies et s'y tenir.

Le maître doit faire des efforts pour comprendre son chien

Le maître doit faire des efforts pour comprendre son chien

Le chien n'est pas un humain, certains maîtres ont tendance à l'oublier, d'où les malentendus qui peuvent engendrer nombre de mauvais comportements.

 

Lorsque sa survie en dépend, un animal comme le chien tend à devenir un être parfait vivant pour répondre aux attentes et aux désirs de son propriétaire avant d'assouvir ses propres besoins. Ainsi, en tentant de devenir ce chien de compagnie idéal, le chien essaie sans cesse de trouver un équilibre entre ses besoins et les attentes de son maître, et si ce dernier ne peut pas réduire ses attentes, il doit au moins pouvoir aider son animal à s'adapter à son monde et au mode de vie qu'il lui impose. 

Pour une relation harmonieuse avec son chien, il faut comprendre son comportement (l'éthologie des canidés est différente de celle des humains), le soigner et l'éduquer. Considérer le chien comme un animal et un être sensible, c'est considérer son bien-être. 


En effet, il faudrait que l'Homme prenne conscience que son compagnon n'est ni un objet ni un humain, et que quoi que l'on fasse, il reste une espèce à part entière, c'est-à-dire un chien. Ce qui signifie que malgré le fait qu'il accepte et développe une relation avec l'Homme, il aura toujours son langage canin, une perception du monde et des besoins différents qu'il faut assurer. Tous les mécanismes biologiques du chien tendent à la survie de l'individu et de l'espèce : il n'y a pas de place pour une fonction inutile. En outre, quoi que fasse ou désire le maître, le comportement du chien est également toujours déterminé par son environnement. Il y a en permanence des interactions importantes entre l'apport génétique du chien et les influences de l'environnement sur son comportement. 

 

Avoir conscience du décalage entre ce que l'on attend du chien et ce qu'il en est en réalité, c'est déjà faire un premier pas. 

Enfin, celui qui achète un chiot devient responsable de celui-ci jusqu'à la fin de sa vie, il peut s'agir d'un fils de champion de beauté ou d'un corniaud dont les caractéristiques raciales demeurent obscures, ce n'est pas un objet que l'on peut revendre ou mettre au rebut, il s'agit d'un contrat moral bien plus puissant que tous les contrats écrits…

Ainsi, pour comprendre le chien, l'être humain doit faire preuve d'empathie, c'est-à-dire d'une connaissance intuitive de ce qu'éprouve un autre individu (humain ou animal). Il faut savoir l'observer et éprouver ce qu'il ressent comme si on était soi-même un chien, en faisant abstraction de notre mental d'humain, et ce avec tous les sens : visuel, olfactif, acoustique, tactile. Chez les peuplades primitives anciennes ou actuelles, il est normal de s'adresser aux animaux et aux plantes, une capacité que nous avons perdue pour percevoir sans frein, sans anthropomorphisme, sans a priori, à l'intérieur de l'autre. Pour cela il faut avoir un esprit ouvert, une absence de certitude, se libérer des blocages émotionnels, retrouver des sentiments purs comme dans toute approche éthologique.

 

Une relation privilégiée, c'est la communication de deux espèces qui s'associent et communiquent de manière presque « magique » aux yeux des profanes. A l'inverse, celui ou celle qui se borne à considérer et traiter son chien comme un alter ego voire un bébé qu'on prend dans ses bras se condamne à de nombreuses incompréhensions dans la relation entre le maître et le chien, sources de toutes les frustrations réciproques et de tous les dangers...

Le mot de la fin

Un chien ne naît pas chien de compagnie idéal ; un bon comportement n'est pas inné. Il apprend généralement à devenir un chien parfait, bien souvent à son insu, grâce au travail mis en place par un bon maître.

 

En tout état de cause, un chien ne sera jamais parfait, mais c'est à son maître de le respecter et de l'éduquer pour qu'il puisse affronter la lourde tâche qui lui est dévolue : devenir le meilleur ami de l'Homme. Ainsi, un bon maître doit donner de son temps et mettre sa motivation en action pour familiariser le chien à tous types de situations, l'éduquer avec patience et bienveillance, et lui procurer les sorties dont il a besoin.

 

De plus, une fois le chien mature, il faudra entretenir ses bonnes attitudes, et ce, tout au long de sa vie. Croire que l'on est arrivé au bon résultat, que c'est définitif et durable et que l'on est sorti des tracas de la croissance du chiot en plein devenir, et donc s'arrêter là, serait en effet une erreur. 

 

Le chien parfait n'existe pas ; il ne l'est que parce qu'on l'y a aidé. Mais à dire vrai, le maître irréprochable n'existe pas non plus.

Dernière modification : 11/09/2019.
Reproduction interdite sans autorisation.

Auteur

Fondateur de l'Ecole du chiot et de la méthode naturelle.

Éthologue de terrain (loups sauvages).

Formateur pour les comportementalistes, éducateurs, éleveurs, etc.

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