Parler à son chien

Parler à son chien : il n'aime pas

Parler à son chien n’est pas forcément une mauvaise chose, loin de là. C’est même considéré par les spécialistes comme une bonne thérapie psychologique, en particulier pour les enfants, qui s’adressent plus facilement à un chien qu'aux adultes. L’animal fait preuve d’une infinie patience, a de grandes facultés d’écoute et est sensible aux émotions humaines.

 

De fait, quel que soit son âge, un maître peut donc s’épancher auprès de son chien sans que cela représente un quelconque problème. Par contre, l’incompréhension commence quand il essaie de communiquer avec son chien comme il le ferait avec un autre humain, par exemple un enfant.

Parler à son chien : de l’anthropomorphisme ?

Parler à son chien : de l’anthropomorphisme ?

L’être humain communique essentiellement par la parole, que ce soit en société ou au sein de son foyer. Or, considérant que le chien est un membre à part entière de la famille, il a tendance à communiquer avec lui comme il le fait avec les autres personnes de son entourage. Le problème est que si le maître emploie trop de mots, le chien ne comprend pas leur sens.

 

Certes, avec le temps, il en a appris certains. Son propre « langage canin » étant essentiellement corporel, il est particulièrement sensible aux gestes et aux expressions, mais aussi à l’intonation. Il a petit à petit fait le lien entre ce qu’il entend et ce qu’il voit, ce qui lui permet de réagir à un certain nombre de mots en fonction du contexte dans lequel ils sont prononcés. Par exemple, le mot « Viens » prononcé depuis la cuisine en fin de journée veut dire « A table », alors que le même mot prononcé la main sur la poignée de la porte veut dire « Va dans le jardin » ou « On va se promener », selon les habitudes de vie.

Employer un nombre de mots limités, sur le bon ton

Employer un nombre de mots limités, sur le bon ton

On peut donc employer des mots pour se faire comprendre de son chien, mais leur nombre doit être limité. Les longs discours monotones doivent être bannis : il faut au contraire « faire court » et mettre le ton approprié. En effet, le ton et le rythme revêtent également une grande importance : un « non » dit sur un ton bref et sévère est beaucoup plus efficace qu’un « non » sans conviction.

 

Par ailleurs, pour que le chien apprenne des ordres verbaux et parvienne ainsi à comprendre quand son maître lui parle, ils doivent être non seulement simples, mais aussi clairs et répétés. Une totale cohérence de la part de l’ensemble de la famille est nécessaire : tous ses membres doivent employer les mêmes mots pour obtenir les mêmes réactions. Le non-respect de ces différentes conditions ne peut qu’être source de confusion pour le chien.

 

Le besoin de brièveté vaut d’ailleurs aussi quand il s’agit de choisir un nom pour son chien : il convient de préférer les noms courts, ne représentant pas plus d’une ou deux syllabes.

Ne pas crier sur son chien

Ne pas crier sur son chien

Il est aussi inutile que néfaste de crier sur un chien : cela ne ferait que l’effrayer, voire entraîner une réaction de défense de sa part face à ce qu’il considère comme une agression.

 

Les ordres ou les réprimandes doivent donc être donnés sur un ton ferme, mais sans trop élever la voix.

 

Par ailleurs, il ne faut pas non plus parler grossièrement à son chien, voire l’insulter. Même s’il ne comprend pas le sens des mots prononcés, il est sensible aux intonations ainsi qu’au langage corporel inconscient du maître (micro-expressions…), et ressent donc cela comme quelque chose de négatif.

 

On dit parfois qu’un chien est le reflet des sentiments de son maître. De fait, il est bien dans sa tête s’il ressent au quotidien des émotions positives. Au contraire, des émotions négatives de la part du maître, même si elles ne sont pas adressées à son animal, peuvent vraiment affecter ce dernier (en particulier s’il s’agit d’un chien peureux ou d'un chien stressé) et entraîner des réactions imprévisibles. Au passage, il convient d’ajouter que l’énervement du maître, même s’il n’est pas exprimé à l’oral en criant sur le chien, est parfaitement perçu par ce dernier du fait de la production d’hormones comme l’adrénaline, qu’il détecte très bien.

Utiliser aussi le langage corporel pour communiquer avec son chien

Utiliser aussi le langage corporel pour communiquer avec son chien

Il peut être pertinent de parler à son chien, du moins sous réserve de respecter certaines conditions. Mais est-ce la meilleure façon de communiquer avec lui ?

 

Les chiens sont très attentifs aux humains, surtout quand il s’agit de leur maître, et comprennent mieux la communication visuelle qu’auditive.

 

Par conséquent, pour bien communiquer avec son chien, il est préférable d’utiliser tout son corps, en plus ou à la place des mots. Il peut s’agir par exemple de se placer devant lui pour attirer son attention, se mettre devant la porte pour lui faire comprendre qu’il doit sortir (comme d’ailleurs lui-même le fait pour indiquer à son maître qu’il a besoin ou envie d’aller dans le jardin), devant sa gamelle pour lui faire comprendre que son repas est servi, ou encore s’éloigner de lui pour mettre fin à une séance de jeu ou de caresses. Quant à un « Non ! » destiné à faire cesser immédiatement une action du chien, aussi sec et ferme soit-il prononcé il ne sera jamais aussi efficace que quand il est accompagné d’un geste adéquat, à savoir un index tendu en direction du chien. Ce dernier ne pourra alors pas ne pas comprendre le message.

 

Au demeurant, mettre en place une communication avec son chien qui repose beaucoup sur la gestuelle s’avère très utile si celui-ci devient plus ou moins sourd en vieillissant, ce qui est souvent le cas. Si l’animal est habitué à comprendre les ordres de son maître davantage à travers son langage corporel qu’à travers des mots, la communication ne sera pas entravée par la surdité du chien, ou en tout cas beaucoup moins.

Dernière modification : 08/13/2019.
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