L'effet Pygmalion : comment donner confiance à son chien ?

L'effet Pygmalion : comment donner confiance à son chien ?

Avoir une opinion positive de votre chien, lui montrer toute votre confiance et votre attention aura une grande influence sur ses résultats. Découvrez pourquoi, et ce qu'il faut par conséquent garder en tête.

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L'effet Pygmalion

Chacun sait que le maître influence son chien, que ce soit dans la vie de tous les jours, pour la compétition ou pour les expositions. 


"L'effet Pygmalion", mis en évidence en 1963 et 1971 par Fode, R. A. Rosenthal et L. Jacobson, veut que : le fait que l'on croit ou que l'on ne croit pas dans la bonne performance de celui que l'on a en face de soi va influer sur ses résultats. Autrement dit, l'opinion du juge, de l'instructeur ou encore du maître oriente les prestations du sujet, homme ou animal. Car l'effet Pygmalion s'applique aussi aux animaux !

De fait, le maître est observé en permanence par son compagnon, que ce soit en période de repos ou de travail. Inconsciemment, il peut influencer son chien par ses gestes, ses mimiques, ses rétractions, surtout s'il n'est pas persuadé que son chien comprend vite et bien, ou qu'il n'aura pas rapidement des résultats. Celui qui n'a pas confiance en son chien aura du mal à obtenir l'exercice recherché.

L'effet Pygmalion vaut aussi pour les chiens

La leçon à tirer, c'est que le maître doit rester vif, vigilant, rapide, participant, ne faire qu'un avec son chien, savoir anticiper une erreur en donnant le renforcement au moment propice pour maintenir la précision dans l'exercice. Bref, croire à tout moment dans son chien et dans la réussite de celui-ci.


C'est surtout en compétition que cela devient flagrant et que la moindre défaillance peut se payer cher, le chien enregistrant des contre-performances simplement du fait du trac et des appréhensions du maître.

Au contraire, le maître qui croit en son chien et en ses capacités d’apprentissage obtiendra des succès rapides. Dans une expérience menée par Rosenthal et Fode sur l'apprentissage, un groupe de rats furent présentés comme doués et d'autres comme médiocres, sans justifications. La conclusion fut sans appel : « Les animaux jugés à priori les meilleurs firent des progrès quotidiens, tandis que les autres s'améliorèrent jusqu'au troisième jour puis régressèrent. »

Dans la mythologie, Pygmalion tomba amoureux de son œuvre, la statue Galatée, et l'épousa. En éthologie, c'est cette appellation qu'attribuèrent Jacobson et Rosenthal au comportement inconscient de l'éducateur, son jugement « à priori » du travail de son élève. Dans le domaine qui nous concerne, ce sont aussi ses propres carences que le maître transpose, à travers la sous-estimation des capacités réelles de son chien.

Tel maître, tel chien

Le maître qui emploie des méthodes abrutissantes à base de contraintes (collier étrangleur, à pointes, électrique...), sans stimulations bénéfiques pour le chien, considérant les exercices comme une série de gestes stéréotypés, ou encore celui qui répète toujours les mêmes gestes pour n'importe quel chien, travaillant en pensant à autre chose, sans participation affective, sans investir sa conscience et sa volonté, ne met vraiment pas toutes les chances de son côté pour réussir l'éducation de son chien


Autre cas de figure, celui du maître qui, trop émotif, va subir un blocage psychologique en rentrant sur le terrain à l'occasion d'un concours important. Et il ne faut pas croire que cela n'arrive qu'aux autres. En quelques secondes de travail, le chien va sentir la rupture inhabituelle de la part du conducteur, et son comportement va se mettre à subir des écarts (fausses positions, exécutions à retardement), alors qu'à l'entraînement son coefficient de réponses justes aux ordres était situé à presque cent pour cent, proche de la perfection.

Au delà de ces moments particulièrement intenses, les réponses émotionnelles de l’homme agissent au quotidien sur le comportement de son chien, que celui-ci soit dépressif, ait peur de l’orage, etc. On aboutit alors à un comportement du chien « induit » par celui du maître.

Mais c'est en pistage que l'on observera les réactions les plus caractéristiques. Si le maître ne croit pas en les possibilités de son chien, ou s'il essaye de pratiquer le pistage comme l'obéissance ou le mordant, c'est-à-dire en désirant une soumission absolue, oubliant que l'olfaction est l'affaire du chien et seulement de lui, cela ne pourra pas fonctionner. Un animal à qui on laisserait soudain l'exercice de son initiative sera terrorisé à l'idée de s'engager quelque part sans être dirigé par le maître.

Travailler avec plaisir et en communion avec son maître ne dispense pas le chien de le faire intelligemment, et la méthode récompensante est la meilleure, puisqu'elle utilise le chien en son entier, mobilisant ses qualités musculaires, son courage, sa volonté, sa combativité, mais également son attention, sa mémoire, sa compréhension, son pouvoir de combinaison, son ingéniosité, son esprit d'observation. En un mot, toute son énergie ! Il doit comprendre la signification du message transmis, en éliminant les messages incorrects, ne correspondant pas au signal transmis, confiant qu'il est dans son maître.

Dernière modification : 02/15/2016.
Reproduction interdite sans autorisation.

Auteur

Fondateur de l'Ecole du chiot et de la méthode naturelle.

Éthologue de terrain (loups sauvages).

Formateur pour les comportementalistes, éducateurs, éleveurs, etc.

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