Enfermés, isolés, inactifs

Enfermés, isolés, inactifs

Nos conditions de vie moderne sont-elles toujours compatibles avec celles de nos animaux familiers ? Leur offrons-nous l’environnement idéal à leur épanouissement et leur bonheur ?


Rien n’est moins sûr, mais pour bien faire, encore faut-il connaître les besoins vitaux de l’animal dans un contexte naturel.

Qu'est-ce que la solitude chez le chien ?

Qu'est-ce que la solitude chez le chien ?

Les animaux domestiques souffrent trop souvent de l’inactivité, liée couramment à l’isolement (ne pas avoir accès aux autres congénères ou à d’autres espèces, ne pas pouvoir avoir de relations sociales en général) et également à l’enfermement (espace de vie trop réduit sans possibilité de se dépenser physiquement). Peu importe que le lieu de vie fasse 200m2 ou seulement 30m2, cela ne change pas leurs besoins : être stimulé, agir, jouer, et se mettre en mouvement pour assurer leur survie.

Cette inactivité est une importante source de troubles du comportement chez les chiens comme chez les autres animaux. On ne parle pas vraiment d’ennui, qui est un sentiment proprement humain. Mais si l’on considère que tout être est constitué d’un capital énergétique permettant la vie, alors il faut lui laisser la possibilité de l'utiliser pour éviter qu'elle ne s'accumule en lui. Lorsque ce « trop-plein » doit s’exprimer d’une façon ou d’une autre, les ennuis commencent, pour le chien comme pour le maître lui-même.


Il est démontré que l’enfermement dans un espace réduit avec peu de stimulations sensorielles (lumières changeantes, objets de formes différentes ou sons variés etc.) a deux types de conséquences chez l'animal :

  • il fabrique moins de neurones et de cellules qui permettent leurs connexions (il ne peut pas devenir « intelligent »)
  • son cerveau est plus petit et moins ramifié, donc moins efficace que celui d’un animal vivant en liberté, et il assimilera moins bien de nouveaux apprentissages ou de nouvelles expériences.


Or, en laissant un chien ou tout autre animal tout seul des journées durant, dans un habitat fermé et silencieux (un appartement, un box, une cage), revient à lui offrir une sorte de « prison dorée ». Certains parlent ainsi de « violence invisible ».

Respecter les besoins naturels de son chien

À quoi les animaux vivant en liberté occupent-ils leurs journées ? Comment divisent-ils leur temps et comment se dépensent-ils ? Pour respecter au maximum un chien en "captivité", il faut connaître son éthogramme, c’est à dire son comportement naturel en liberté.

Les besoins naturels des chiens sauvages

Dans la nature, un chien se dépense beaucoup
Dans la nature, un chien se dépense beaucoup

Dans l'ensemble, un animal sauvage consacre une bonne partie de sa journée à la recherche de nourriture (chasser, cueillir, brouter) et à sa consommation.


Il passe aussi beaucoup de temps dans les relations (s’il est un animal social). Cela inclut les phases de jeu, de toilettage mutuel, de reproduction, de recherche de partenaire et de comportement de reconnaissance (c'est-à-dire à réfléchir à si l'individu qu'il a en face de lui est bien de son espèce ou non).


Le marquage du territoire mobilise aussi le chien : il faut en faire le tour, sentir ses propres traces et en déposer de nouvelles, vérifier à qui appartiennent les différentes odeurs, et défendre son domaine des ennemis ou concurrents potentiels au besoin. Quant aux femelles, elles passent une grande partie de leur temps à élever leur progéniture. Enfin, les animaux se reposent (en ne faisant rien) et dorment une bonne partie de la journée.

La vie réelle des chiens domestiques

Dans la réalité, un chien domestique se dépense peu
Dans la réalité, un chien domestique se dépense peu

À la lumière de ces informations, on constate qu’il ne reste à l’animal domestique qu’une infime partie de ses activités naturelles et nécessaires.


L’homme exerce par exemple sur le chien familier une telle répression de ses diverses activités naturelles qu’il ne reste à celui-ci que peu de possibilité de les pratiquer :

  • son comportement alimentaire : plus question de prédation et recherche de nourriture ;
  • son comportement exploratoire : l’activité de flairage du chien est tellement réprimée… que ce soit pour l’identification des êtres humains qui socialement ne supportent pas l’exploration de leur zone génitale ! Ou même celles de ses propres congénères, y compris de leurs excréments !
  • son comportement sexuel et de recherche de partenaire : soit drastiquement réprimé, soit exploité voire surexploité dans le cas de l’élevage, sans souci des affinités entre mâles et femelles ;
  • son comportement de veille et sommeil : entièrement soumis aux rythmes (changeants) de vie de ses maîtres.


Les animaux de compagnie ont une souplesse et une capacité d’adaptation qui leur permet de vivre malgré des conditions de vie contraignantes, mais il y a des limites à ne pas dépasser. Le seuil de tolérance varie d’une espèce à l’autre, et même d’un individu à l’autre au sein d’une même espèce. Médor supporte ce qui rend fou Rex, et Minette s'accommode de ce qui fait pourtant souffrir Félix.

Les conséquences de l’isolement, de la solitude et de l’inactivité

Les conséquences de l’isolement, de la solitude et de l’inactivité

Le tic est un mouvement répétitif qui a pour but de compenser en partie un mal-être, un problème psychologique. Si l’on tente d’empêcher ce tic sans prendre en compte les causes de son apparition, celui-ci sera rapidement remplacé par un autre. Il est donc parfaitement inutile de lutter contre un tic tant qu’on ne s’attaque pas à son origine.

Animal social et de contact, le chien peut souffrir de rester seul de trop nombreuses heures dans la journée. Des activités de destruction de l’appartement (mobilier, vêtements, matériels divers) viennent signaler sa détresse dans cette solitude. Il ne s'agit pas d'un acte de vengeance envers le maître, mais d'un signe de mal-être : le chien destructeur ne fait que rediriger la détresse émotive qu’il ressent, en actions de grattages ou mâchouilles de son environnement, et ce pour tenter de se libérer de cette tension.

 

Des gémissements, aboiements, hurlements, des salivations excessives (et qui inondent parfois le sol !), des diarrhées ou des activités autocentrées de léchage sont également observées, qu'elles se manifestent seules ou simultanément.


Un chien laissé seul dans un jardin peut s’en prendre aux plantations ou faire des trous dans la pelouse, voire déambuler nerveusement derrière la clôture (sans jamais changer son trajet) et exprimer là un malaise rarement repéré comme tel.

Les solutions à l'isolement du chien

Les solutions à l'isolement du chien

Des solutions existent, encore faut-il se donner les moyens de les mettre en œuvre.


Si l’espèce est sociale, veiller à proposer un ou plusieurs copains à notre animal est une constante. Pour l’inactivité et la claustration, on s’attachera à agrandir l’espace de vie et à proposer des objets ou des activités qui occupent l’animal.

La première précaution à prendre si l’on doit s’absenter chaque jour pour son travail est de ne pas favoriser chez lui un hyper attachement dès son jeune âge. Trop de stimulations ou contacts quand on est à la maison le laissent immanquablement d’autant plus dans le vide quand on s’absente. Il s’agit de trouver le bon équilibre entre trop et puis plus rien. Ensuite, l’initier à exercer sa mâchoire sur des os de buffles ou autres jouets réservés à cet effet, qu’il aura donc toujours à disposition. Bien sûr les promenades sont pour le chien l’indispensable besoin (et distraction à la fois !) qu’il faut lui réserver plusieurs fois par jour, et même s’il dispose d’un jardin (combien se dispensent de sortir leur chien sous prétexte qu’il a un grand espace vert).


Il peut ainsi exercer son comportement exploratoire et découvrir avec délice les 1000 odeurs qui jalonnent la balade. À l’entretien de sa socialisation (aussi bien à ses congénères qu’aux humains rencontrés) s’ajoute bien sûr une salutaire dépense d’énergie qui doit être adaptée à la race comme à l’âge du chien.


Quant à lui proposer un compagnon de vie (chien ou chat) attention à la socialisation précoce de chacun (s’informer de ces critères).

Dernière modification : 12/13/2020.

Commentaires sur cet article

l éducation nationale a bon dos quand il s agit d éducation et de bon sens ! mes parents mon inculqué le respect de la vie , des gens , et des animaux comme ils m ont appris la politesse ...... dans nos vies souvent citadines ou déconnectés du vivant , il serait peut ètre plus intéressant que les adoptants de chiens est une démarche vers une formation ou d information sur les chiens avant d adopter sur des critères estétiques ou sentimentaux liés a des images fausses !!quand on achète un ordinateur il y a un mode d emploie !quand on veut pratiquer une activité x ou y on se forme pour cela !! pourquoi pas pour le chien !!!

   
Par philippe drzazga

Il est évident que nous avons une grande responsabilité dans le bonheur ou le malheur de nos bestioles. Tout ceci devrait être étudié à l'école primaire, comme un certain nombre de choses concernant la nature, l'hygiène, les langues etc. On se demande ce qu'attend notre Education Nationale pour quitter le XIXème siècle et rattraper les progrès des évolutions et découvertes scientifiques afin d'enseigner la vie la meilleure pour ... tous !

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Par CocciNim

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