Problèmes de comportement du chien : les attitudes à éviter

Parfois, le chien se sent mal, déprimé ou incompris, et décide de le montrer. Par exemple, certains font montre d'anxiété de séparation, tandis que d'autres deviennent agressifs, y compris éventuellement envers leur maître.


Or, de nos jours, les chiens ont davantage de problèmes psychologiques et de comportement qu'avant, du fait de leur proximité accrue avec les hommes. En effet, ces derniers font souvent preuve d'incompréhension des besoins naturels de leur compagnon, et ce dernier doit subir les fréquents changements de leur mode de vie.


Comment réagir lorsqu'un chien présente des problèmes comportementaux ?

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Lutter contre les problèmes psychologiques du chien : les actions à proscrire

Lorsqu'un chien présente des problèmes comportementaux graves, comme de l'anxiété de séparation, il est important d'agir pour corriger le problème. Souvent, les troubles comportementaux du chien viennent du fait que le maître ne comprend pas les besoins essentiels du chien et lui apporte ce dont il n'a ni envie ni besoin. Cependant, bon nombre de maîtres ne sont pas conscients d'être dans l'erreur. Ils mettent alors en oeuvre d'autres actions, qui sont bien moins efficaces, voire carrément contre-productifs.

Le maître qui n'agit pas

Certains maîtres se contentent de subir et d'accepter ces comportements, pensant qu'ils ne sont que temporaires. Pour eux, le chien est responsable de ses propres maux, d'autant plus que ce dernier est couvert d'amour par son maître. Ils sont persuadés qu'avec le temps tout ira mieux, que leur chien arrêtera d'être têtu et se remettra à l'endroit. Il ne se remettent pas en question, et n'ont aucunement conscience d'être à l'origine du ou des problèmes comportementaux du chien.

 

Évidemment, penser ainsi ne permet pas d'améliorer l'état psychologique du chien. Au contraire, plus la situation perdure, plus les troubles comportementaux du chien se renforcent, et plus il devient difficile de résoudre le problème. Chez le chien, le temps n'arrange jamais un comportement non désiré par l'Homme. L'âge du chien n'a rien à voir avec ses problèmes, et plus les années passent, plus l'incompréhension s'installera et se renforcera, menant à une cohabitation sans harmonie avec un chien en souffrance.

 

D'autres maîtres, en revanche, sont conscients d'avoir une (parfois grosse) part de responsabilité dans les troubles psychologiques du chien. Mais ils ne réagissent pas pour autant, souvent par orgueil. Pour eux, l'éducation d'un chien est chose aisée, alors la rater est synonyme de honte, d'échec cuisant. Il leur semble inconcevable de devoir se faire aider pour accomplir une tâche aussi simple. Le chien, lui, subit cette décision et cette inaction, et s'enfonce dans ses problèmes sous les yeux de son maître.

Le maître qui devient violent

Certains maîtres, donnant énormément d'amour et d'affection à leur compagnon, ne supportent plus de voir le chien tout casser à la maison pendant leur absence. Ils finissent alors par adopter un caractère beaucoup moins affectueux, voire franchement répressif et violent, pour répondre à l'affront qu'il leur fait subir.

 

En réagissant de la sorte, le maître pense que le chien va enfin se plier aux ordres et changer. Après avoir été trop gentil, autant être trop méchant !

 

Là encore, cette réaction inappropriée ne fera que creuser le fossé relationnel entre le maître et son chien, la défiance de l'un envers l'autre, jusqu'à amener parfois certains maîtres à laisser leur chien dans un refuge, voire carrément euthanasier le chien. Pendant ce temps, le chien, lui, n'a de cesse d'envoyer des signaux d'apaisement à son maître. Mais ce dernier ne les perçoit pas, faute de connaître les codes de la communication canine. Le chien montre sa soumission et son attachement, mais est totalement perturbé par l'incohérence du comportement de son maître.

 

Que le maître soit du genre à ne pas réagir, pensant que cela s'arrangera tout seul, ou bien qu'il opte pour une réponse violente, la conséquence est la même : le lien de confiance entre le chien et le maître se rompt. Le chien finit par s'éloigner de son maître, et réciproquement.

Le maître qui pense que les médicaments arrangeront les choses

Conscient de ne pas être suffisamment armé pour affronter seul la situation, un maître peut décider d'aller consulter le vétérinaire afin de demander une solution aux problèmes comportementaux du chien. Mais le vétérinaire n'est pas un spécialiste du comportement des chiens : il n'est pas armé pour pointer du doigt les incohérences ou erreurs dans le comportement du maître vis-à-vis de son chien. Il peut certes prescrire des psychotropes permettant d'apaiser le chien (encore faut-il qu'ils soient efficaces), mais cela ne résoudra pas le problème de fond. 

 

Le rôle du vétérinaire est de diagnostiquer une pathologie et d'y apporter une solution. Il n'est pas d'identifier, et encore moins d'aider à corriger, les mauvaises attitudes du maître qui se répercutent sur le chien. Prescrire des médicaments au chien revient à tâcher de masquer ou atténuer les symptômes, de manière non durable, au lieu de s'attaquer aux causes.

 

Il est toutefois judicieux de consulter en premier lieu un vétérinaire pour s'assurer que le comportement non désiré n'est pas lié à un éventuel problème de santé. Si cette piste est écartée, la responsabilité du vétérinaire serait d'orienter le maître vers un comportementaliste canin, spécialiste de la relation Homme-chien, seul à même d'apporter des éclaircissements et des solutions sur ce genre de problématiques.

Le maître qui fait appel à un club canin

Faire appel à un club canin peut paraître judicieux et sembler être une bonne solution pour résoudre la majeure partie des problèmes comportementaux du chien. Pourtant, ce n'est pas leur vocation !

 

Certes, si votre chien a besoin d'exercice et qu'il le montre par exemple en saccageant votre domicile, le club canin lui offrira un cadre parfait pour se défouler. Cependant, s'il souffre de votre absence lorsque vous vous rendez au travail (anxiété de séparation), l'amener dans un club canin n'est pas forcément la solution la plus pertinente pour apprendre à un chien à supporter la solitude.

 

Un club canin n'a donc pas vocation à résoudre les problèmes comportementaux du chien, même si, dans certains cas, ils peut l'aider à retrouver une certaine joie de vivre. Pour y parvenir, le personnel doit se montrer à l'écoute et adapter son approche en fonction de la relation qu'entretiennent le maître et son chien. Or, certains clubs canins agissent encore de manière globale, considérant que tout problème de comportement doit être traité de la même manière : par la soumission. En optant pour cette approche, l'action est focalisée sur le chien alors que, dans la grande majorité des cas, c'est le maître est à l'origine des maux de l'animal.

Comment agir pour aider son chien ?

Dans nos sociétés modernes, où il est est un membre à part entière de la famille, une grande majorité des névroses psychologiques du chien sont causées par le maître, et plus précisément par sa méconnaissance de l'animal et de ses spécificités.

 

La première étape pour un maître qui accepte de se remettre en question est donc de se documenter sur ce qu'est vraiment un chien et de connaître ses besoins, pour savoir ce qui rend un chien heureux. Le maître curieux apprendra alors par exemple que renifler l'arrière-train d'un congénère permet à son compagnon d'avoir des informations utiles sur le positionnement hiérarchique de ce dernier. Ainsi, certains agissements canins, jusqu'alors totalement incompris voire réprimandés, pourront être mieux perçus dès lors que le maître fait l'effort de se renseigner et de s'impliquer afin de comprendre la psychologie du chien.

 

Une fois ces informations assimilées, de nouvelles perspectives s'ouvrent au maître désireux d'agir pour le bien de son chien, qui ne manquera pas de commencer à modifier son approche vis-à-vis de son compagnon. Il aura acquis cette ouverture d'esprit lui permettant de comprendre son chien lorsqu'il saccage son mobilier, sans pour autant être laxiste et permissif. Le maître curieux qui s'intéresse au comportement canin apprend à mieux vivre avec son chien et, par la même occasion, lui permet d'être en totale confiance.

 

Dans certains cas, le fossé est trop grand, et le maître peut se sentir totalement désarmé au vu de l'ampleur de la tâche qui l'attend. Faire appel à un comportementaliste canin permet alors d'apporter le soutien nécessaire tant au maître qu'au chien afin de réduire la distance entre les deux. Ce professionnel du comportement des chiens pourra aussi expliquer les erreurs que le maître a pu commettre dans l'éducation du chien. Avec une bonne nouvelle à la clef, c'est qu'il n'est jamais trop tard pour éduquer son chien : un chien peut apprendre tout au long de sa vie, même une fois adulte. Le comportementaliste pourra également souligner les moments où le maître fait preuve d'anthropomorphisme, et l'aider à corriger le tir, pour le bien de la relation maître / chien.

Le mot de la fin

Une fois la cause du mal-être du chien trouvée et une méthode de travail mise en place, le changement met du temps à s'opérer. Le chien est, comme l'Homme, un être vivant doté d'habitudes et de repères, pas une machine dont on change la pièce défectueuse. Changer ces habitudes est long, mais en vaut la peine. La disponibilité du maître est primordiale au cours de cette période, car tout dépend de lui.

 

En fonction de la gravité du problème, la rééducation comportementale du chien et de son maître peut durer de un à six mois. Néanmoins, le maître pourra constater petit à petit que son changement d'attitute et son engagement envers son chien donne des résultats ; ce dernier retrouve confiance en lui et reconnaît son maître comme son leader, de sorte que le dialogue se rétablit. À l'issue de la thérapie, le chien a un comportement plus conforme aux attentes du maître, tandis que ce dernier comprend davantage les besoins, les attentes et les angoisses de son compagnon. C'est gagnant-gagnant.

 

Enfin, il faut souligner que plus l'intervention est réalisée tôt, plus la rééducation est rapide et facile. D'où l'intérêt de ne pas attendre en cas de problème !

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