Chien fugueur : pourquoi mon chien fugue, et que faire ?

Chien fugueur : pourquoi mon chien fugue, et que faire ?

Votre chien fugue régulièrement ? Il part pendant quelques heures ou quelques jours et en son absence, évidemment, vous vous inquiétez et faites les 100 pas en attendant son retour ?


Les motivations des chiens fugueurs sont diverses et souvent difficiles à expliquer. Ce n'est pourtant qu'une fois ces raisons bien identifiées qu'il est possible de mettre en place des mesures pour limiter voire empêcher ce comportement indésirable.


Quelles sont les causes de fugue les plus fréquentes ? Quels sont les risques, tant pour l'animal que pour son maître ? Quelles solutions mettre en place pour empêcher son chien de fuguer ? Les colliers anti-fugue sont-ils efficaces ?

Qu'est-ce qu'une fugue ?

Un Dalmatien fugueur court dans un champ

Le mot "fugue" est un terme large qui n'a pas exactement la même signification selon que l'on parle d'un chien, d'un chat ou d'un humain.

 

Dans le cas de la gent canine, on parle de fugue lorsque l'animal quitte son domicile de lui-même (donc sans son maître) et s'en éloigne de manière conséquente pour des raisons plus ou moins variées.

Par extension, on parle aussi parfois de fugue lorsqu'il échappe à la vigilance de son maître en extérieur (à l'occasion par exemple d'une promenade ou d'une sortie) et qu'il ne revient pas malgré les ordres de rappel.

 

Un chien peut fuguer temporairement et rentrer de lui-même au domicile au bout de quelques heures à quelques jours, ou fuguer définitivement et donc ne jamais revenir. Par ailleurs, la fugue peut avoir un caractère exceptionnel et être liée à un problème particulier, ou bien au contraire être un phénomène récurrent : l'animal multiplie alors les escapades temporaires hors du domicile.

Pourquoi mon chien fugue-t-il ?

Beaucoup de chiens faussent un jour ou l'autre compagnie à leurs maîtres, mais tous ne le font pas pour les mêmes raisons ni dans les mêmes situations. Les raisons pouvant pousser un chien à fuguer sont en effet nombreuses et variées.

Le manque de stimulations

Un chien blanc debout seul dans les montagnes

Le manque de stimulations et de distractions est probablement la cause de fugue du chien la plus répandue. Elle se produit lorsque l'animal s'ennuie à son domicile, qu'il ne fait pas suffisamment d'exercice et/ou qu'il manque de compagnie.

 

Paradoxalement, ce type de fugue concerne aussi et peut-être même surtout les chiens ayant accès à l'extérieur, car beaucoup de maîtres pensent à tort que la présence d'un jardin les dispense - au moins en partie - d'offrir à leur compagnon de longues promenades et suffisamment d'activités. Or, celui-ci a aussi besoin de passer du temps avec sa famille, rencontrer des congénères, mais aussi découvrir des nouveaux lieux et des nouvelles odeurs. Pour combler ce vide dans son quotidien, il peut donc décider de partir lui-même en promenade et faire de son côté les activités que son maître ne lui propose pas.

 

L'avantage de ce type de fugue est qu'il est facile de les prévenir ou d'y remédier, si le chien a effectivement fugué et que ce manque de stimulations en est effectivement la cause. En outre, comme il ne fuit pas par stress, par peur ou par excitation, il reste attentif aux éventuels dangers présents sur son chemin et risque moins de se perdre ou d'être victime d'un accident.

L'instinct de chasse

Un Golden Retriever se lance à la poursuite d'un canard

Tous les chiens possèdent un instinct de prédation hérité de leur ancienne vie sauvage et qui les pousse à se lancer à la poursuite de ce qu'ils assimilent à une proie : un oiseau, un rongeur, un chat, un cycliste, un joggeur, une voiture...

 

La majorité d'entre eux parviennent à se contrôler et ne laissent pas cet instinct de chasse prendre le dessus, en particulier s'ils ont été bien éduqués en la matière. Ainsi, même s'ils courent parfois après l'animal, l'être humain ou l'objet qui les nargue, ils ne s'éloignent jamais beaucoup et ne fuguent donc pas.

 

Mais chez d'autres, cet instinct est si fort qu'il les fait s'éloigner considérablement en oubliant toute prudence. Ce n'est qu'une fois calmés ou épuisés qu'ils réalisent qu'ils ne sont plus en terrain connu et qu'ils entreprennent tant bien que mal de retrouver leur chemin. Cet instinct est particulièrement développé chez bon nombre de races de chiens de chasse, comme le Jack Russell ou le Pointer Anglais.

 

Dans le cas où un chien fugue par instinct de prédation, le risque d'accidents et/ou d'être incapable de rentrer est très important, car il est tellement obnubilé par ce qu'il poursuit qu'il ne prend garde ni au chemin qu'il emprunte, ni à la distance qu'il parcourt, ni aux éventuels dangers sur sa route.

La recherche d'un partenaire de reproduction

Deux jeunes Dogues Allemands se font un bisous

La recherche d'un partenaire de reproduction est une cause fréquence de fugue chez les chiens mâles non stérilisés, qu'il est malheureusement difficile d'enrayer sans recourir à la stérilisation.

 

Cela se produit pendant les périodes de chaleurs des chiennes, qui surviennent en moyenne deux fois par an. Les femelles signalent alors leur état en produisant une odeur très forte, que les mâles alentour sont capables de sentir à plusieurs kilomètres de distance. Ceux qui ne sont pas stérilisés sont alors fortement enclins à fuguer alors pour les rejoindre et s'accoupler avec. Même si c'est beaucoup plus rare, les femelles en chaleur peuvent aussi fuguer pour trouver des mâles disponibles.

 

Leur motivation est tellement grande qu'ils sont capables de recourir à des trésors d'imagination pour s'enfuir : sauter des hauteurs impressionnantes, escalader des grillages habituellement infranchissables, creuser des trous énormes pour se faufiler sous les clôtures, saisir n'importe quelle occasion pour échapper à la vigilance de leur maître...

 

Leur envie étant alors supérieure à l'attention qu'ils accordent aux voitures et autres dangers susceptibles de joncher leur route, ils sont très vulnérables.

Un territoire mal défini

Un Dobermann s'enfuit de chez lui en sautant par-dessus une rivière
Un cours d'eau n'est pas une limite évidente pour un chien

Il arrive parfois qu'un chien fugue simplement parce que son territoire n'est pas bien défini dans sa tête : il le voit beaucoup plus grand qu'il ne l'est en réalité, croyant par exemple qu'il englobe les jardins ou champs alentour. L'animal n'a donc pas l'impression de s'enfuir de chez lui, puisqu'à ses yeux, le terrain du voisin est également chez lui.

 

Ce type de fugue se produit souvent lorsque le jardin auquel il a accès n'est pas entièrement - voire pas du tout - clôturé : le chien a alors plus de mal à visualiser les limites physiques de la propriété, et peut avoir tendance à aller bien au-delà. C'est particulièrement vrai si aucun congénère n'est présent sur les terres alentour, car personne n'est alors en mesure de lui faire comprendre qu'il dépasse les bornes - au sens propre comme au figuré.

L’anxiété de séparation

Un chien seul regarde par la fenêtre avec mélancolie

Un chien souffrant d'anxiété de séparation a du mal à rester longtemps éloigné de sa famille. Il peut donc se mettre en tête de quitter son domicile dans l'idée de la rejoindre.

 

Très souvent, une telle fugue survient très peu de temps après le départ du maître (par exemple pour le travail), l'animal errant à sa recherche. Selon la situation et l'individu, il peut s'éloigner plus ou moins du domicile et être donc plus ou moins facile à retrouver.

 

Un chien qui fugue parce qu'il vit mal l'absence de son maître présentent d'autres problèmes de comportement qui facilitent le diagnostic. Par exemple, il le sollicite beaucoup quand celui-ci est présent, le suit partout dans la maison, et pleure ou aboie sans cesse lorsqu'il se retrouve seul.

Un mal-être dans le foyer

Un Carlin au regard triste allongé sur le sol

Il arrive parfois qu'un chien fugue parce qu'il ne se sent pas bien dans son foyer et ne parvient pas à y trouver sa place. Il part donc chercher ailleurs ce qu'il ne trouve pas ou plus chez lui.

 

Ce type de fugue se produit généralement à la suite d'un changement important dans la routine, qui bouleverse les habitudes de l'animal et la relation qu'il entretenait avec sa famille. Cela peut être par exemple l'arrivée d'un bébé dans la famille, la présence d'un animal supplémentaire dans le foyer, le départ d'une personne avec laquelle il s'entendait bien, un changement de lieu de vie ou de maître...

 

Lorsque la fugue est consécutive à un déménagement ou un changement de propriétaire, la motivation première du chien est de retourner dans des endroits familiers précédemment connus : lieux de promenade, de jeux, ancien domicile... C'est un comportement qu'on observe notamment chez ceux issus de refuges, car tous n'ont pas forcément tourné la page de leur ancienne vie. Le phénomène reste toutefois beaucoup plus rare que chez le chat.

 

Enfin, un chien peut aussi être malheureux chez lui s'il subit des maltraitances de la part de ses maîtres, ou bien si ceux-ci sont trop exigeants ou sévères dans son éducation. Ce peut être le cas par exemple s'ils le punissent trop souvent ou trop durement, ou s'ils attendent de lui des choses qui sont bien au-delà de ses capacités.

La faim ou la gourmandise

Un chien noir en train de fouiller dans les poubelles

Qu'ils agissent par faim ou simplement par gourmandise, certains chiens fuguent dans l'espoir de trouver à manger à proximité de chez eux.

 

Ils restent alors dans un périmètre restreint (par exemple le pâté de maisons), qu'ils parcourent souvent en effectuant les mêmes trajets (par exemple ceux sur lesquels ils savent qu'ils peuvent trouver des poubelles contenant des restes de nourriture). Une fois rassasiés, ils rentrent au domicile comme si de rien n'était.

 

Comme le périmètre de la fugue est restreint et que le chemin est connu, le risque d'accident ou de se perdre est très limité. Le principal danger est ailleurs : en avalant des produits nocifs, des aliments avariés ou tout autre matériel non adapté trouvé sur leur route, ils peuvent tomber malades, être victimes d'intoxication ou encore se blesser.

 

Au demeurant, ce type de fugue peut traduire un problème alimentaire potentiellement grave, comme une carence ou une boulimie du chien.

Une peur ou une phobie

Un chien effrayé par l'orage se cache sous une couverture

Parmi les raisons pouvant pousser un chien à fuguer, figure évidemment la peur. En effet, sous l'emprise de la panique, l'animal n'a qu'une seule idée en tête : fuir l'endroit, la personne ou la chose qui le terrifie. Il peut alors s'éloigner énormément du domicile sans même s'en rendre compte, et une fois calmé, être incapable de retrouver son chemin jusque chez lui.

 

Heureusement, il ne suffit pas qu'une situation soit un peu anxiogène pour provoquer une fugue. Cela se produit plutôt lors d'un évènement particulièrement traumatisant ou d'un bruit très fort. Par exemple, beaucoup de chiens ont la phobie de l'orage et/ou des feux d'artifice, car ce sont des détonations bruyantes qu'ils ne parviennent pas à associer à une situation ou un objet précis. Lors d'un coup de tonnerre plus violent que les autres, ils peuvent donc paniquer et fuir le domicile. Bien évidemment, plus l'animal est naturellement peureux, plus ce type de fugues a des chances de survenir ; à l'inverse, mieux il a été socialisé et donc habitué à toutes sortes de choses inconnues, moins le risque de fugues est important.

 

Dans un registre un peu différent, il arrive parfois qu'un chien présent dans une voiture lorsqu'un accident de la route se produit prenne tellement peur qu'il se mette à fuir aussitôt les lieux à toute allure, sans prêter attention ni à ceux qui tentent de le retenir, ni aux éventuels dangers présents autour.

Quels sont les chiens qui fuguent le plus ?

Si tous les chiens sont susceptibles de fuguer un jour ou l'autre, force est de constater que tous n'ont généralement pas le même nombre de fugues à leur palmarès. Certains semblent d'ailleurs passés maître dans l'art de l'évasion.

Les races les plus enclines à la fugue

Un Epagneul Breton grisonné bondit dans un champ
Les chiens de chasse ont souvent tendance à fuguer

Il existe des races de chiens qui fuguent plus souvent que les autres (en tout cas en moyenne), pour des raisons qui peuvent être assez variées.

 

On peut citer par exemple :

  • les races de chiens de chasse, dont l'instinct de prédation est fortement ancré en elles et les pousse à se lancer à la poursuite de tout et n'importe quoi ;
  • les races de chiens de traîneau, qui compte tenu de leur grande indépendance n'ont pas peur de s'éloigner du domicile pour partir à l'aventure si leur environnement habituel ne leur convient pas ;
  • les races de chiens sportifs, dont les besoins très importants en exercice peuvent être difficiles à combler lorsqu'on habite en ville ou qu'on a un emploi du temps très chargé ;
  • un certain nombre de races de chiens de berger, en particulier celles qui font montre d'une grande indépendance.

 

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive et ne doit pas être prise au pied de la lettre. Par exemple, tout chien de chasse n'a pas forcément vocation à s'enfuir un jour de chez lui, et à l'inverse, un individu n'entrant dans aucune de ces catégories peut parfaitement prendre le large. Il s'agit simplement de quelques exemples de races chez qui le risque de fugue est globalement plus élevé que chez les autres.

Les mâles non stérilisés plus enclins à la fugue

Deux Boston Terriers s'embrassent sur la plage

Toutes choses égales par ailleurs, les mâles entiers sont bien plus enclins à fuguer que les autres chiens. Ceci est dû au fait que pendant les périodes de chaleurs des chiennes, leur instinct les pousse à quitter le domicile pour rejoindre ces dernières et se reproduire avec. En revanche, chez ceux qui ont été stérilisés, le risque de fugue pour la reproduction est évidemment nul.

 

Le risque de fugue pour la reproduction existe aussi avec les femelles entières, mais ce sont avant tout les mâles qui prennent l'initiative de venir vers elles et non l'inverse, donc eux qui sont concernés en premier chef.

Les risques liés aux fugues du chien

Si les fugues sont terriblement stressantes pour le maître, qui ne sait pas si, quand et dans quel état il retrouvera son animal, c'est notamment parce qu'elles comportent indéniablement bien des risques pour ce dernier. Toutefois, le maître s'expose lui aussi à des problèmes, ne serait-ce parce qu'il est responsable des actes de son animal, même quand celui-ci est hors de contrôle.

Les risques pour le chien fugueur

Une femmel secouriste soigne un chien renversé par une voiture
Le risque d'accidents est grand pour les chiens fugueurs

Parmi les risques les plus courants pour un chien fugueur, on peut citer :

 

  • le risque d'accident de la route, en particulier si l'animal est en train de poursuivre quelque chose ou qu'il fuit par peur. Ce risque est évidemment décuplé si la fugue se produit à proximité d'axes routiers où le trafic est important ;

 

  • le risque de se perdre et de ne pas être en mesure de rentrer au domicile, s'il s'en éloigne beaucoup ou s'il ne connaît pas encore bien les environs ;

 

  • le risque d'empoisonnement, d'intoxication ou de maladie lorsqu'il fugue pour faire les poubelles (voire de blessure sur du verre, du métal...) ;

 

  • le risque d'être volé par une personne mal intentionnée.

Les risques pour le maître du chien fugueur

Un chien errant grogne devant une femme et son bébé
Le maître est responsable si son chien mord quelqu'un pendant une fugue

La fugue d'un chien présente également des risques pour son maître, car :

 

  • il est pénalement responsable des agissements de son animal (morsures d'une personne ou d'un autre animal, dégâts matériels occasionnés, accidents provoqués...), même lorsque ce dernier se trouve hors du domicile ou de son contrôle ;

 

  • son compagnon peut être considéré comme un chien errant et à ce titre être embarqué par une fourrière ou recueilli par une autre personne (en particulier s'il n'est pas identifié par puce ou tatouage et qu'il n'est donc pas possible de retrouver ses véritables propriétaires).

Les solutions pour empêcher son chien de fuguer

Un chien heureux dans les bras de sa maîtresse

Au vu des risques que les fugues impliquent tant pour l'animal que pour son maître, on comprend combien il est essentiel de tout faire pour empêcher son chien de fuguer.

 

Or, dans la quasi-totalité des cas, un chien qui fugue manifeste par ce comportement que quelque chose ne va pas : il s'ennuie, manque d'exercice ou de compagnie, n'est pas heureux dans son foyer...

 

Le meilleur moyen de prévenir les fugues est donc de tout faire pour son chien soit heureux, et si ce n'est pas le cas, de tout faire pour qu'il le devienne. De fait, un chien heureux et bien dans sa tête n'a aucune raison de partir de chez lui...

 

Voici donc quelques pistes intéressantes permettant de réduire le risque de fugues...

S'assurer que son chien est heureux et en bonne santé

Un beau chien heureux en train d'être caressé par son maître

Dans la mesure où certains animaux fuguent en raison d'un mal-être, d'un stress ou d'une angoisse, il est important lors d'une fugue de se poser la question : mon chien est-il vraiment heureux et en bonne santé ?

 

Si la réponse est « Non » ou « Je ne sais pas », la première chose à faire est de tâcher de remédier au problème. En effet, même si l'animal finit par revenir après son absence, les chances sont grandes qu'il recommence peu de temps après s'il est toujours aussi malheureux dans son foyer.

 

Pour savoir si son chien est heureux, il est nécessaire de s'interroger a minima sur :

  • son comportement : semble-t-il inquiet ou stressé ? Son attitude a-t-elle changé récemment ? A-t-il l'air de s'ennuyer ou d'être déprimé ? Souffre-t-il de problèmes de comportement, notamment lorsqu'il est laissé seul ?
  • son état de santé : a-t-il l'air malade ? A-t-il des symptômes pouvant laisser penser à une maladie ?
  • son alimentation : mange-t-il à sa faim ? Laisse-t-il toujours de la nourriture dans sa gamelle ? Ou au contraire quémande-t-il en permanence ?
  • son niveau de sociabilité : est-il bien équilibré ou manifeste-t-il plutôt le comportement d'un chien peureux ? Comment gère-t-il les situations nouvelles et les personnes inconnues ?

 

En cas de doute sur l'un ou l'autre de ces éléments, mieux vaut demander conseil à un vétérinaire et/ou faire appel à un comportementaliste canin : un professionnel est davantage à même de vérifier s'il y a effectivement un problème, et le cas échéant de proposer des solutions pour le résoudre.

Faire faire de l'exercice à son chien

Un jeune homme court sur la plage avec ses deux Huskies Sibériens
Un chien qui fait assez d'exercice a moins envie de fuguer

Faire faire de l'exercice à son chien et lui permettre de se dépenser chaque jour sont dans l'ensemble d'excellents moyens de lui faire passer l'envie de fuguer.

 

En effet, il faut une sacrée dose énergie pour s'éloigner considérablement de son domicile, en particulier si cela implique au préalable d'escalader la clôture ou de creuser un trou pour passer en-dessous. Même les races les plus fugueuses, qui ont un instinct de prédation prononcé ou éprouvent un grand attrait pour l'aventure et la liberté, préfèrent généralement faire une bonne sieste après une longue promenade ou une séance de jeux active, plutôt que de se faufiler hors du jardin pour vadrouiller dans les environs.

 

Un Carlin joue avec une balle de tennis dans le jardin
Les jeux doivent être adaptés à chaque chien

Bien évidemment, cela ne signifie pas pour autant qu'il faut « épuiser » son chien en le sollicitant en permanence et en lui faisant faire des activités toujours plus éreintantes, dans l'espoir d'éviter qu'il ne fugue. Ce serait non seulement mauvais pour sa santé, mais en plus cela pourrait engendrer du stress qui pour le coup serait réellement susceptible de l'inciter à fuguer. Comme souvent, tout est question de dosage : ni trop, ni pas assez.

 

Pour cette raison, les activités proposées doivent être adaptées à ses besoins et sa condition physique. Par exemple, il est possible de proposer des randonnées ou du canicross aux races les plus sportives, alors que les chiens plus pantouflards peuvent préférer des jeux d'obéissance, de recherche ou encore simplement d'être divertis à l'aide d'une balle.

Installer une clôture autour de son jardin

Même si cela peut paraître évident, il est essentiel d'installer une clôture pour chien autour de son jardin. En effet, cela l'aide à percevoir les limites de son territoire, et lui complique la tâche s'il souhaite malgré tout se faire la malle.

Les clôtures classiques

Un chien profite d'un trou dans la clôture pour s'échapper de son jardin

Le plus simple à mettre en place pour délimiter son terrain - et par la même occasion le territoire du chien - est d'installer tout autour une clôture classique en bois, en pierre et/ou en métal.

 

Pour être la plus efficace possible, il faut que celle-ci soit adaptée au gabarit et aux capacités athlétiques de l'animal. Par exemple, s'il est de grande taille et/ou capable de sauter très haut, il ne serait pas pertinent de mettre en place une petite barrière qu'il pourrait franchir sans problème.

 

Il est également préférable qu'elle s'enfonce en partie dans le sol, car bon nombre de petits malins creusent jusqu'à réussir à pouvoir se faufiler en-dessous et ainsi être en mesure de prendre la poudre d'escampette.

 

En tout état de cause, pour éviter les mauvaises surprises, il est bon de prendre l'habitude de faire de temps en temps le tour du jardin afin de s'assurer que la clôture est en bon état, que des trous n'ont pas été creusés à proximité, et remédier sans tarder au moindre problème constaté.

 

Il faut toutefois être conscient du fait qu'une clôture classique est rarement suffisante pour empêcher un chien vraiment déterminé de s'échapper de son domicile, en particulier s'il possède un fort instinct de prédation ou souhaite rencontrer des femelles. En avoir une est donc loin d'être suffisant pour éliminer le risque de fugue.

Les clôtures électriques pour chien

Une clôture électrique installée le long d'un champ

Les clôtures électriques jouent le même rôle que les clôtures classiques, mais elles présentent l'avantage d'être globalement plus efficaces et dissuasives.

 

En effet, elles délivrent une décharge électrique lorsque le chien tente de les franchir, ce qui normalement lui fait rebrousser chemin. Autrement dit, elles fonctionnent de la même façon que celles utilisées pour gérer les troupeaux de bétail (vaches, chevaux, moutons...). Elles présentent aussi l'avantage d'empêcher les animaux sauvages (renards, chats, autres chiens...) de rentrer dans le terrain.

 

Si elles ont été bien installées, les clôtures électriques sont dans l'ensemble plutôt efficaces, le chien comprenant normalement assez vite ce qui est attendu de lui - même si évidemment elles ne sont pas 100% fiables. Elles sont toutefois assez onéreuses, puisqu'il faut généralement compter a minima une centaine d'euros de matériel, voire plus dans le cas où l'on possède un grand jardin. Par ailleurs, même lorsqu'elles empêchent effectivement les fugues, elles ne règlent pas le problème à la base, c'est-à-dire la ou les raisons qui poussent l'animal à s'enfuir.

Utiliser un collier anti-fugue

Un Jack Russel équipé d'un collier anti-fugue pour chien

Les colliers anti-fugue constituent en quelque sorte un mix entre les clôtures électriques et les colliers de dressage (notamment les colliers anti-aboiements).

 

Le principe est relativement simple : on fait porter cet accessoire au chien et on délimite le périmètre du jardin dont il ne doit pas sortir, soit en déposant un fil électrique tout autour (voire en l'enterrant, mais l'animal perçoit alors potentiellement moins bien les limites de son territoire), soit en utilisant une antenne qui émet des ondes dans un certain rayon. Lorsque le chien s'éloigne trop de l'antenne en question ou s'approche trop des limites du périmètre défini, son collier commence par émettre des avertissements (bips sonores, vibrations...) ; s'il insiste, l'appareil émet alors des petites décharges destinées à lui faire faire demi-tour.

 

Dans l'ensemble, les colliers anti-fugue pour chien sont plutôt efficaces lorsqu'ils sont bien choisis et utilisés. Ils demandent tout de même un petit temps d'éducation pour faire comprendre à l'animal que revenir dans la zone autorisée fait cesser les décharges. Par ailleurs, ils sont assez onéreux, puisqu'il faut compter entre 50 et 100 euros pour un modèle de bonne qualité, et même bien davantage pour les plus sophistiqués. Enfin, comme pour les clôtures, ils ne règlent pas le problème de base (c'est-à-dire la cause de la fugue) et doivent donc s'accompagner d'autres mesures, comme une augmentation de la durée d'exercice au quotidien.

Le faire stériliser

Un chien sous anesthésie prêt pour la stérilisation

Lorsque le maître n'a pas ou plus dans l'idée de faire reproduire son chien, une bonne solution consiste à le faire stériliser. Cela peut sembler une option un peu radicale, mais c'est pourtant le meilleur moyen de limiter les problèmes de comportement liés à la reproduction : ainsi, plus de fugue motivée par l'envie de rejoindre des partenaires !

 

Par ailleurs, faire stériliser son chien est également conseillé pour réduire la probabilité que l'animal développe certains cancers et infections. Cela supprime également le risque de grossesse nerveuse des chiennes. Les avantages de la stérilisation vont donc bien au-delà de la simple volonté de limiter les fugues.

Garder son chien attaché : une solution temporaire

Un chiot sort de sa niche pour s'amuser dans son chenil

Dans le cas où l'on possède un chien qui fugue beaucoup, une solution évidente mais qui doit toutefois n'être que temporaire est de le garder attaché ou enfermé afin qu'il ne puisse pas s'enfuir. Ainsi, lorsqu'on possède un jardin, il est possible de l'aménager de façon à minimiser le risque de fugue.

 

Par exemple, on peut y installer un chenil, c'est-à-dire un espace fermé (généralement grillagé) dans lequel l'animal peut évoluer librement mais dont il ne peut pas sortir. C'est une option intéressante lorsqu'on n'a pas de clôture suffisamment haute et solide pour empêcher les fugues. Un chenil mesure en général entre 5 et 10 m² : les modèles les moins chers coûtent entre 50 et 100 euros, tandis que les plus résistants peuvent facilement dépasser les 500 euros.

 

Une autre solution consiste à acheter un système de câble avec trolley qui coulisse : on attache le chien à un élément fixe (par exemple un tronc d'arbre) et on lui laisse suffisamment de longueur de manière à ce qu'il puisse évoluer où il veut dans le jardin, tout en restant attaché. Un câble d'attache pour chien mesure en général entre 3 et 10 mètres, et coûte entre 15 et 40 euros pièce.

 

Un chien tente de se faufiler sous une clôture en bois

Ces deux solutions donnent généralement de bons résultats pour empêcher les fugues du chien. Toutefois, elles ne règlent pas le problème à la base, c'est-à-dire les raisons pour lesquelles il fugue. Elles peuvent même aggraver la situation dans le cas où justement il fuguait par manque d'espace ou d'activité, car elles réduisent encore plus ses mouvements et ses possibilités.

 

Or, l'objectif que le maître doit viser n'est pas de simplement empêcher les fugues par la contrainte, mais bien plutôt de permettre à l'animal d'être suffisamment bien dans son habitat pour qu'il n'ait tout bonnement plus envie ni besoin d'en sortir. Ce n'est vraisemblablement pas en l'enfermant ou en l'attachant toute la journée qu'il est possible d'atteindre ce but...

 

Par conséquent, tout maître confronté à un chien fugueur ne doit pas se contenter de l'attacher ou l'enfermer : il ne peut s'agir là que de solutions uniquement temporaires, en attendant de régler le problème de fond.

Que faire si mon chien a fugué ?

Si le chien est parvenu à fuguer en dépit des précautions prises par ses propriétaires, certaines réactions permettent d'augmenter les chances de le retrouver rapidement. À quelques différences près, ce sont peu ou prou les mêmes que lorsqu'on souhaite retrouver un chien perdu.

Dans les heures qui suivent la fugue

Un chien perdu au regard triste à côté d'une route passante

Pour commencer, il est important de signaler sa disparition aux voisins ainsi que de solliciter les passants et éventuellement les commerçants des environs. En effet, un chien qui erre seul dans la rue, cela se remarque assez vite : si la fugue est récente, il y a des chances qu'une personne l'ait vu passer.

 

Dès lors que ces premières étapes n'ont pas permis de le retrouver, il faut sans tarder se lancer à sa poursuite, en essayant de se mettre à sa place et de se demander où il a pu aller. Si ce n'est pas sa première fugue, mieux vaut commencer par les endroits où il a été retrouvé les fois précédentes, car il n'est pas impossible qu'il y soit retourné. Si le maître ne sait pas où chercher, il a tout intérêt à faire un tour dans les lieux de promenade et de sortie habituels, car les chiens ont une tendance instinctive à suivre les chemins qu'ils connaissent déjà et à retourner dans les endroits où ils se sentent bien.

 

Si ces recherches ne donnent rien, il ne reste plus qu'à parcourir les environs en appelant son animal, et en espérant qu'il soit toujours dans le secteur. Le fait d'avoir une voiture permet de parcourir plus de distance en un minimum de temps, mais la même chose peut être réalisée à pied ou en vélo. Là encore, il ne faut pas hésiter à interroger les passants, car quelqu'un l'a peut-être remarqué. Il est conseillé également de tendre l'oreille, car les déambulations du fugueur peuvent amener les chiens du quartier à signaler sa présence en aboyant sur son passage.

Dans les jours qui suivent la fugue

Si le chien fugueur n'a toujours pas été retrouvé ou n'est toujours pas rentré de lui-même au bout d'une demi-journée, il est préférable de signaler sa disparition officiellement, et d'élargir les recherches.

Contacter les organismes officiels

Un employé d'une fourrière attrape un chien errant dans la rue

Pour signaler la disparition d'un chien fugueur, il faut contacter notamment :

  • son vétérinaire habituel ;
  • la fourrière la plus proche ;
  • les autorités locales (police, mairie...) ;
  • les refuges ou associations de protection animale, s'il y en a dans le secteur.

 

Cette démarche est importante, car le premier réflexe d'une personne qui se demande quoi faire après avoir trouvé un chien errant ou abandonné est bien souvent de contacter ces organismes afin d'aider l'animal à retrouver ses éventuels propriétaires.

 

Il faut également savoir qu'en fonction des pays, il existe un délai légal au terme duquel un chien non réclamé par son maître est considéré comme abandonné et peut donc être proposé à l'adoption à une nouvelle famille. En France par exemple, il est de 8 jours à compter de la découverte de l'animal, et au Québec il se limite à 3 jours : cela laisse donc peu de temps pour agir et récupérer son compagnon.

Avertir les personnes alentour

Une affiche signalant la disparition d'un chien, collée sur le tronc d'un arbre

Une fois les organismes officiels informés de la disparition du chien fugueur, l'ultime recours du maître consiste à informer largement les personnes vivant à proximité :

  • en collant des affiches comportant une photo de l'animal en question, son nom, le numéro de téléphone du maître et éventuellement promettant une récompense pour toute personne qui le trouve  ;
  • en diffusant des avis de recherche sur les réseaux sociaux (il existe par exemple sur Facebook des groupes locaux spécialisés pour les chiens perdus / trouvés) ;
  • en prévenant les petits commerces alentour et en leur laissant une affiche, si bien sûr ils l'acceptent.

 

ll faut faire attention toutefois aux risques d'arnaque, car certaines personnes malintentionnées font croire qu'elles ont retrouvé l'animal perdu afin de soutirer une somme d'argent importante à son propriétaire.

 

Par ailleurs, celui-ci doit continuer à faire de temps en temps le tour des lieux où il avait l'habitude de promener son chien, au cas où ce dernier finirait par s'y rendre.

Une fois qu'on le retrouve ou qu'il revient

Ouf : le chien est rentré de lui-même, ou son maître est parvenu à le retrouver ! C'est la fin d'une angoisse qui dure potentiellement depuis plusieurs jours. Il faut toutefois savoir comment réagir à l'occasion des retrouvailles, afin non seulement de s'assurer qu'il ne lui est rien arrivé de fâcheux pendant son escapade, mais aussi de l'empêcher de récidiver.

Ne pas punir un chien qui a fugué

Un chiot Jack Russel a peur d'être grondé par son maître

Même si ce n'est pas évident à faire, en particulier si le maître s'est rongé les sangs pendant plusieurs heures voire plusieurs jours, il est essentiel de ne jamais punir un chien qui vient de fuguer.

 

En effet, ce dernier n'a pas de notion de bien et de mal, et n'est absolument pas conscient de ce qu'il inflige à sa famille en se conduisant ainsi : il se contente simplement de suivre ses instincts. Il est donc inutile de le gronder, de lui crier dessus ou de le sanctionner quand il revient ou quand on le retrouve,  car il n'a de toute façon pas l'impression d'avoir fait quelque chose de mal et ne comprendrait pas la colère de son maître.

 

Une punition est même généralement contreproductive, car un chien raisonne par association. Ainsi, s'il se fait disputer par son maître chaque fois qu'il revient après avoir pris le large, il risque d'associer le retour à un moment désagréable et donc de retarder celui-ci, voire de ne plus vouloir revenir par peur de la sanction qui l'attend.

 

Même si c'est difficile pour le maître, mieux vaut donc plutôt féliciter son chien quand il rentre, plutôt que de le sanctionner : c'est le meilleur moyen qu'il associe son retour à un moment agréable, ce qui l'incitera à revenir plus vite la fois suivante, si jamais il s'enfuit à nouveau.

Vérifier l'état du chien à son retour

Un maître examine son chien à la recherche de blessures

Une fois passé le bonheur et le soulagement des retrouvailles, il est important de vérifier l'état du chien fugueur à son retour, pour s'assurer qu'il ne lui est rien arrivé de fâcheux.

 

En effet, il a pu se blesser, avaler des aliments ou des substances toxiques (produits chimiques, champignons vénéneux, plantes nocives, objets non comestibles...), se faire piquer par des insectes, se faire mordre par un serpent, etc. Les possibilités sont d'autant plus nombreuses que la fugue a été longue.

 

Un examen complet nécessite notamment de vérifier :

  • ses pattes et ses coussinets ;
  • sa peau, au cas où il aurait une plaie ou une blessure récente ;
  • son pelage, afin de détecter d'éventuelles tiques ;
  • sa démarche, pour voir s'il boite ou fait des mouvements anormaux ;
  • son état général et son comportement (appétit, humeur, entrain...) pendant quelques jours, afin de repérer d'éventuels désordres plus globaux comme un empoisonnement ou une intoxication.

 

Au moindre doute, il est préférable de demander conseil à un vétérinaire en lui expliquant la situation.

Le mot de la fin

La fugue est un problème de comportement qui concerne un jour ou l'autre bon nombre de chiens, et donc de maîtres. Elle n'est toutefois pas toujours facile à régler, car il faut pour cela comprendre ce qui amène l'animal à agir ainsi. Or, il est primordial de s'atteler à faire cesser ce comportement, car en dehors du fait qu'il traduit potentiellement un mal-être, il implique des risques importants aussi bien pour l'intéressé que pour son maître.

 

Si ce dernier ne parvient pas à faire cesser totalement les fugues, quelques précautions permettent au moins de faciliter les recherches lors d'une disparition :

  • faire identifier son chien par puce ou tatouage, ce qui est d'ailleurs obligatoire dans nombre de pays (dont la France, la Belgique et la Suisse) ;
  • lui faire porter un collier et si possible un médaillon comportant les coordonnées du maître ;
  • s'il fugue souvent et/ou à tendance à s'éloigner grandement du domicile, lui mettre un collier GPS pour chien afin de savoir à tout moment où il se trouve.
Par Aurélia A. - Dernière modification : 03/19/2021.

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