Suisse - VALAIS : LES CHIENS QUI MORDENT NE SONT PAS CEUX QU'ON PENSE

21/04/2011
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La majorité des attaques en Valais ne sont pas le fait de chiens interdits. Souvent, les victimes sont des proches de l'animal.

On note deux agressions par des chiens de races interdites en Valais en 2010. C'est une de plus que l'année précédente, mais cela reste marginal par rapport aux 139 dossiers ouverts l'an dernier. De plus, ces morsures n'ont pas eu lieu sur la voie publique et concernaient le cercle des connaissances des deux chiens. C'est ce qui ressort des informations récoltées par l'Office vétérinaire cantonal valaisan.

Pour ces races, neuf autorisations exceptionnelles pour détention de chiens interdits ont été délivrées à des personnes ayant déménagé en Valais. Auparavant, le chien a été évalué par un vétérinaire comportementaliste. En outre, six chiens de races interdites résidant déjà en Valais et qui ont changé de détenteurs en cours d'année ont eu droit à une évaluation avec leur nouveau maître, avant l'octroi de l'autorisation.

Affaires de familles
Ces races interdites ne représentent qu'une infime partie des 173 dossiers ouverts par l'Office vétérinaire l'an dernier (191 en 2009) concernant des chiens. Dans 139 affaires, il s'agissait d'agressions ou de comportement de chiens anormalement agressifs. Selon le même office, il est difficile de stigmatiser telle ou telle race, nombre de bêtes étant issues de croisements. Sur ces 139 agressions, 93 cas concernaient des agressions sur humains, heureusement sans conséquence grave. C'est un peu moins qu'en 2009. A noter que les enfants sont les principales victimes des morsures. "Ils sont plus confiants que les adultes et aussi plus brusques", commente le vétérinaire cantonal Jérôme Barras.

Parmi ces attaques sur humains, 27 seraient survenues dans le cadre familial (40 en 2009). Du moins le pense-t-on. En effet, dans ces affaires, le nom de la personne agressée n'est pas indiqué dans le rapport effectué obligatoirement par le médecin, le patient faisant valoir son droit au secret médical. Idem pour l'identification du chien.

De toute évidence, ce sont des cas de morsures du chien de la famille de l'individu mordu ou d'un proche. "Ainsi ces gens évitent une procédure. Malheureusement, si rien n'est entrepris, ce même chien, mis une nouvelle fois dans la même situation qui a provoqué la morsure, va agresser à nouveau."

Prévention
Vingt et un de ces chiens ont été expertisés et/ou soumis à des mesures éducatives accompagnées (15 en 2009). Dans les autres cas, lorsque cela s'avérait nécessaire, des mesures de sécurité ont été imposées à leurs détenteurs.

Cela va de la tenue permanente en laisse, au port de muselière ou d'applique dentaire, à la construction d'un enclos ou d'une barrière. Parfois, le cas est sans issue. Ainsi, cinq chiens agresseurs sur humains ont été euthanasiés par leur détenteur, spontanément ou après discussion.

On le voit, nombre d'accidents pourraient être évités. Déployé dans les classes de 2e enfantine et de 1re primaire, le programme valaisan de prévention contre les morsures répond à ce souci et connaît d'ailleurs un joli succès.
Lui qui met en scène un scénario avec quatre intervenants et deux chiens rencontre même un intérêt croissant. Avec l'an dernier on dénombre 147 visites de classes dans le canton.

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