SUISSE - Un criminologue prône l'interdiction de certains chiens

06/12/2006
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Certaines races de chiens « représentent des risques démesurés pour des tiers » et ne devraient pas être tolérées, estime un éminent criminologue suisse, le Professeur Martin Killias, qui critique l'immobilisme des autorités helvétiques dans ce domaine. « Un chien dangereux le restera toujours, même si son maître est parfait », affirme-t-il.
Selon lui, « une enquête statistique peut valablement comparer la dangerosité de différentes races (et) il appartient ensuite aux citoyens et politiciens d'en tirer la bonne conclusion ».
« La fonction du chien a changé », explique M. Killias. « On voit apparaître des chiens sur les trottoirs avec pour principale fonction de semer la peur autour d'eux. » « Contraindre des animaux à porter une muselière en société, c'est montrer que l'on tolère ceux qui n'ont rien à y faire. » Mais pour l'instant, « la grande majorité des gens restent silencieux à ce sujet et laissent le champ libre aux lobbies très organisés », déplore-t-il. « Cela vaut tant pour les armes à feu que pour les chiens ».
La mort d'un garçonnet tué en décembre 2005 par trois pitbulls sur le chemin de l'école, dans la banlieue de Zurich, a suscité une grande émotion et un débat en Suisse. Plusieurs cantons suisses ont alors pris des mesures de protection ou d'interdiction de races de chiens réputées dangereuses mais le gouvernement helvétique a refusé de légiférer au niveau national.