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Suisse - Le nombre de morsures de chiens reste stable, malgré la prévention

13/03/2010
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Le Conseil d'Etat neuchâtelois soutient le principe de la création d'une loi fédérale sur les chiens et désapprouve l'idée de soumettre à autorisation la détention de chiens potentiellement dangereux. Il estime qu'il faut à tout prix éviter de focaliser l'attention sur quelques races. (KEYSTONE)


Petits ou grands, les chiens se sont rendus responsables de 70 morsures, en 2009 dans le canton de Neuchâtel. Contre 72 coups de crocs annoncés en 2008 (73 en 2006). Ces douloureuses rencontres avec la gent canine se sont traduites par six morsures graves (déchirures tissulaires massives). Toutes à l'encontre d'adultes, révèlent les données du Service de la consommation et des affaires vétérinaires (Scav).

Aucun des molosses neuchâtelois (environ 400) ne figure sur cette liste. Ces attaques ont été provoquées par un saint-bernard, deux bouviers, un berger belge, un husky et un jack russel terrier. «Aucun enfant n'a été attaqué par un molosse en 2009», note le vétérinaire cantonal. Si, statistiquement, on peut attribuer 8 à 12% du total des morsures aux amstaffs et autres gueules d'acier de ce genre, «on peut dire que 80% de ces morsures arrivent lors de combats. C'est quand les propriétaires essayent de les séparer qu'ils se font mordre», assure Pierre-François Gobat. Sinon, «nous ne recensons plus de morsures de ces chiens sur des humains», certifie-t-il.

En quinze occasions, les interventions du Scav ont débouché sur des mesures, note Frédéric Hainard. Parmi celles-ci, un séquestre et un ordre d'euthanasie ont été prononcés. Le chef du département de l'Economie rappelle que l'année 2009 a été marquée par la rocambolesque affaire du chien Azzaro. Les défenseurs du leonberg menacé d'euthanasie avaient manifesté sous les fenêtres du Scav, mené campagne sur internet et, pour certains, allant jusqu'à menacer le vétérinaire cantonal et son adjointe.

Depuis, Azzaro a pu refaire sa vie chez d'autres propriétaires. Et deux des plus exaltés protecteurs du gros toutou ont été condamnés pénalement pour menaces, diffamation et insultes. Pierre-François Gobat rappelle que, dans un dossier comme celui-là, «le propriétaire doit être conscient du potentiel du chien. Pour tenir un leonberg, il faut être costaud et posséder de la force de caractère.»

Aux septante morsures sur des humains, il convient d'ajouter 34 autres attaques. Celles de chiens qui se sont aiguisés les dents sur d'autres animaux (chiens et chats, essentiellement). Dans ces dossiers-là, le Scav a prononcé sept avertissements et six mesures ont été ordonnées. Trois de ces chiens agressifs ont été abattus sur ordre des propriétaires. «Les mesures que nous prenons sont adaptées à chaque situation. Elles reposent sur une double enquête: nous entendons la victime et le détenteur», reprend le vétérinaire cantonal.

Dans un proche avenir, Neuchâtel devra toiletter sa loi cantonale, constate Pierre-François Gobat: «Cette semaine, le Conseil des Etats reprend ses travaux sur l'élaboration d'une loi fédérale sur les chiens.» Puis elle passera devant le Conseil national. «Je pense qu'un projet de loi sera ficelé d'ici à cet été», reprend le vétérinaire cantonal. «Puis, en 2011, le peuple pourrait êrtre amené à se prononcer sur ce sujet.» /STE


SANTI TEROL