Mon chien est-il dangereux ?

Mon chien est-il dangereux ?

Vous arrive-t-il d’avoir des doutes sur votre chien ? De vous demander s’il pourrait mordre quelqu’un, un jour ? Notre comportementaliste nous donne aujourd’hui quelques éléments de compréhension de l’agressivité potentielle du meilleur ami de l’Homme, en choisissant l’angle de la légitimité des comportements canins.

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La tolérance est variable d’une personne à l’autre : pour certains, un chien qui aboie est un mordeur potentiel. Pour d’autres, un grognement n’est qu’un saut d’humeur et cela va lui passer. Il existe aussi des propriétaires qui considèrent que leur chien qui a mordu a en fait « pincé », et que ce n’est pas un comportement agressif. Par contre, s’il s’agissait du chien du voisin, ce serait un « tueur » ! MON CHIEN EST-IL DANGEREUX ?

La violence vocale ou physique n’est acceptable pour personne, mais dans des contextes favorisants, elle devrait être excusable pour les chiens, comme elle l’est pour les humains.

Nous parlons ici de légitime défense qui, rappelons-le, est l'autorisation de se défendre, y compris en employant des moyens qui seraient interdits dans d'autres circonstances.

Un chien qui est agressif est-il anormal ?

Du fait de mauvaises conditions de développement, de traumatismes qui ont modifié leurs perceptions de leur environnement, de douleurs, de dressage mal conduit, ou simplement de caractère affirmé, il arrive que des animaux provoquent une attitude vive chez l’individu d’en face ou réagissent de manière disproportionnée à la moindre perturbation. Ceux-là devront susciter la plus grande vigilance de la part des propriétaires, et sans doute un travail avec un comportementaliste pour réduire les risques.

Il se peut également qu’un trouble d’ordre médical soit à l’origine du comportement vindicatif du chien, ce que le vétérinaire saura traiter.

La plupart des chiens sont fort heureusement stables psychologiquement et s’accommodent sans heurts apparents de la manière dont ils sont gérés par leurs propriétaires, du contexte dans lequel ils vivent, des moments (heureux/malheureux) passés avec les autres chiens, et de tout ce qui arrive dans une vie. Souvenons-nous que toutes les expériences vécues laissent des traces mnésiques (1) qui engendreront certaines attitudes plutôt que d’autres.


Par exemple, si Médor a fait l’apprentissage que lorsqu’il aboie, grogne, montre les dents, hérisse le poil à l’approche d’un chien, cela le fait fuir, il a du même coup mémorisé comment obtenir la fuite de l’autre et pourra utiliser ce procédé dans une situation qui le dérange, puisqu’il a expérimenté qu’il est efficace.

Pour quelles raisons un chien peut-il en venir à mordre ?

  • Pour défendre ce qui lui appartient, notamment sa nourriture, ses petits, ses jouets, son panier, la voiture de ses maîtres...
  • Pour gérer ses propriétaires, les venues des visiteurs, les déplacements des membres du groupe familial, et parce qu’il n’accepte pas qu’on se soustraie à son contrôle.
  • Pour faire cesser quelque chose qu’il ne supporte pas : un brossage interminable, des caresses quand il n’en a pas envie ou qui surviennent à un mauvais moment.
  • Parce qu’il a peur : de nombreuses agressivités ont cette émotion pour déclencheur.
  • Parce qu’il veut s’imposer vis-à-vis d’un congénère : certains sont plus décidés que d’autres à affirmer leur suprématie.

Légitimité dans les comportements

Les propriétaires de Milou le brossent tous les jours parce qu’il a des nœuds dans les poils, et que même s’il a mal, « il faut le faire ».
Un soi-disant connaisseur des chiens a dit qu’il fallait retirer la gamelle de Tomy pendant qu’il mange pour qu’il comprenne qui est le chef.

Rex n’est pas revenu quand on l’a appelé, on le frappe pour lui faire comprendre qu’il a mal fait.

Il y a aussi la petite dernière qui apprend à marcher et se sert de Max pour se hisser sur ses jambes. Tous ces éléments peuvent être vécus par le chien comme des agressions, qu’il va vouloir faire cesser. Il donnera probablement des signes de menace (pour éviter d’avoir à mordre !), mais s’ils s’avèrent inefficaces ou qu’il a mal, il devra passer à l’acte rapidement.

Chacun sa vision du monde

Ces conditions se produisent plus fréquemment qu’on croie. Ne peut-on pas admettre que certaines situations sont intolérables pour un chien, et que d’ailleurs, nous-mêmes dans le même cas, n’accepterions pas qu’on nous traite de la sorte ?
Certaines attitudes canines sont légitimes. Un chien a le droit d’être respecté et dans le cas où on lui fait du mal, au sens propre comme au figuré, d’être irrité.

 

 


Comment réagiriez-vous si l’on vous tirait les cheveux ?
Si l’on vous prenait votre assiette alors que vous êtes en train de manger ?
Si l’on vous punissait pour quelque chose que vous avez fait correctement, mais avec lenteur ?
Si l’on vous bousculait alors que vous étiez tranquillement installé sur le canapé devant la télévision ?
Vous ne seriez pas content, c’est probable.
Malheureusement, le droit des chiens à avoir les mêmes droits n’est pas souvent honoré par les humains.
Il est donc logique que de temps en temps, un chien ne puisse plus tolérer ce manque de respect, et le manifeste.
Les humains devraient chercher à comprendre cet être vivant, sensible et doté d’émotions, sans se dédouaner et considérer qu’ils sont supérieurs aux animaux.

Question de satisfaction

S’il est une notion chère aux comportementalistes, c’est celle de « satisfaction ». Lorsque nous sommes appelés pour venir en aide à une personne qui rencontre des difficultés relationnelles avec son chien, une des questions essentielles que nous nous posons est : quelle est sa satisfaction à se comporter de la sorte ?

Les chiens ne perdent pas leur temps en comportements inutiles. S’ils se montrent agressifs, s’ils mordent, il y a forcément une raison. La raison de ce chien-là, à ce moment-là, dans cette situation-là, avec ces propriétaires-là.

Si nous faisons l’effort de chercher à comprendre, nous pouvons alors agir préventivement, et éviter de provoquer maladroitement un comportement agressif ou de voir la circonstance malheureuse se renouveler. Rares sont les chiens psychologiquement ou physiquement affaiblis, c’est le plus souvent l’homme qui créé la situation d’agression.

(1) Dans leur mémoire

Dernière modification : 09/08/2016.
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Commentaires sur cet article

sa fait plaisir de lire sa. La plupart des comportementaliste invite le maitre a se comporter en chef de meute, chose qu'un etre humain n'est pas. Merci

   
Par alexhoff

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