
Même s'il est le meilleur ami de l'Homme, tout chien est forcément tenté un jour ou l'autre d'adopter un comportement agressif. Lorsqu'il est jeune, l'agressivité fait même partie de son apprentissage : c'est ainsi qu'il se développe et apprend à se défendre en cas de besoin.
Pour autant, l'agressivité d'un chien peut et doit impérativement être encadrée, car à défaut, elle peut rapidement poser problème à son entourage. Cela implique donc de comprendre les raisons qui peuvent pousser nos adorables compagnons à mordre ou à attaquer...
Quelles sont les causes de l'agressivité du chien ? Comment faire pour la limiter ? Y a-t-il des chiens plus agressifs que d'autres ?
"Pourquoi mon chien devient-il tout à coup agressif ?" : la question peut paraître triviale, et pourtant il n'est pas si évident d'y trouver une réponse ! Preuve s'il en est que le nombre de morsures de chiens recensées dans le monde ne semble pas vraiment reculer, et ce en dépit des connaissances de plus en plus poussées sur la psychologie canine.
Ce qui est certain en tout cas, c'est que la sensibilisation, le travail des comportementalistes, éducateurs et vétérinaires, ainsi que les débats récurrents au sujet des races de chiens considérées comme dangereuses, ont au moins eu pour effet d'informer les maîtres des dangers que peut représenter leur animal. En effet, un coup de dents ou de griffes est vite arrivé, et même le plus petit et adorable des toutous peut blesser gravement quelqu'un.
Il faut en tout cas savoir que même s'il existe des chiens au caractère plus agressif que les autres, aucun d'entre eux n'attaque sans raison : s'il le fait, c'est soit en réponse à un évènement ou une perturbation extérieur (un ennui, un geste perçu comme une menace, une douleur...), soit du fait d'une mauvaise socialisation qui ne lui a pas appris à inhiber ce comportement envers ses congénères et/ou son entourage.
Le meilleur ami de l'Homme est en effet un animal social, habitué à vivre en meute : contrairement aux félins qui sont plutôt des solitaires, il n'a donc aucun intérêt à déclencher des conflits inutiles avec sa famille. Pour cette raison, il cherche avant tout à éviter les bagarres et les agressions, et n'attaque que lorsqu'il estime n'avoir plus le choix.
Ainsi, lorsqu'il se trouve dans une situation inconfortable, il commence d'abord par utiliser des signaux d'apaisement (par exemple se lécher les babines, détourner la tête ou s'allonger sur le dos) afin d'à la fois se rassurer, faire comprendre à son interlocuteur qu'il doit cesser son comportement, et faire redescendre la pression. Ces signes sont pourtant encore mal compris les humains, qui n'y voient pas forcément le signe que l'agression est imminente. C'est d'ailleurs ce qui explique qu'aujourd'hui encore, un grand nombre de personnes ayant été mordues par un chien expliquent que ce dernier a "attaqué sans raison".
L'on croit souvent que les agressions et les morsures de chiens sont le fait de quelques races dangereuses.
Pourtant, dans les faits, ce ne sont pas les races les plus ostracisées comme le Pitbull ou le Stafford Terrier qui sont responsables du plus grand nombre d'attaques dans le monde. C'est même plutôt l'inverse : puisqu'elles sont considérées comme plus dangereuses que les autres, elles font l'objet de davantage de mesures préventives, et les maîtres sont bien informés des risques qu'elles représentent. À l'inverse, personne n'imagine le minuscule Jack Russel ou le fidèle Labrador être à l'origine d'une agression. Et pourtant, ce sont bien eux et quelques autres qui sont le plus souvent impliqués dans les agressions dans de nombreux pays, notamment parce qu'on s'en méfie justement moins.
Autre fausse idée : les agressions sont bien souvent le fait de l'animal de la famille ou du voisinage. En moyenne, moins d'une attaque sur deux est causée par un chien inconnu de la victime. Là encore, la raison est toute simple : les humains se montrent instinctivement plus méfiants lorsqu'ils ont affaire à un animal qu'ils ne connaissent pas. En outre, beaucoup de maîtres restent aujourd'hui encore persuadés que leur compagnon est inoffensif, et finissent par oublier toute prudence.
Dans la pratique, tout chien peut être amené un jour ou l'autre à mordre la main qui le nourrit, ou celle de qui que ce soit d'ailleurs. Les conduites agressives sont toutefois rarement mono-causales : il s'agit bien souvent d'une accumulation de facteurs qui conduit, un jour ou l'autre, à la morsure fatidique. Pour cette raison, il peut être dangereux de vouloir trop schématiser et généraliser. Seule l’étude minutieuse et personnalisée des contextes socio-familiaux, avec l’aide d’un spécialiste des interactions de l’Homme et du chien, peut parvenir à discerner avec précision les motivations à l’origine d’une conduite agressive. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a toujours une raison !
La croissance du chiot correspond à la période pendant laquelle il grandit, se développe, apprend toutes sortes de choses et découvre son environnement. L'inconvénient est que cette étape se fait souvent à coup de dents !
De fait, dès qu'il commence à savoir marcher, il devient curieux et parcourt les pièces autour de lui, en mâchonnant tout ce qui lui tombe sous le nez, y compris une main ou un pied... Le mordillement du chiot est ainsi un phénomène naturel lorsqu'il a entre 3 et 5 mois. Cela lui permet également de "faire ses dents".
Malheureusement, même à cet âge, une morsure ou un mordillement peut être douloureux et même dangereux, en particulier s'il est effectué par exemple sur un enfant. S'il n'est pas encadré dès le départ, il peut aussi mener à des accidents bien plus graves, car le chien conserve cette habitude en grandissant - puisqu'il la considère comme normale - et continue de mordre à l'âge adulte, mais cette fois avec une mâchoire bien plus puissante...
Tant que le chiot vit aux côtés de sa mère, c'est elle qui se charge de le rappeler à l'ordre quand il mord trop fort ou sans raison. Pour cela, elle le punit en l'isolant temporairement de ses frères et soeurs. Lorsqu'il rejoint ensuite une famille, c'est au maître de poursuivre cet apprentissage. Inutile de punir son chien, de lui crier dessus ou pire de le frapper : un simple "Non !" prononcé d'un ton ferme est suffisant pour se faire comprendre.
Au sein d'un groupe ou d'une meute de chiens, l'agression hiérarchique n'est pas faite pour tuer, mais pour marquer sa supériorité et affirmer son pouvoir sur les autres. Toujours impressionnante, parfois violente mais souvent brève, elle est plus courante entre mâles, même si elle existe aussi chez les femelles. Chaque individu tente de se faire plus fort, plus bruyant, plus grand qu’il n’est pour impressionner son adversaire, aussi bien dans la phase de menace que dans celle de l’attaque.
Très souvent, l'agression est stoppée nette dès lors que l'un des chiens adopte une attitude de soumission. Celle-ci peut être très claire, comme le fait de se coucher sur le dos ou de prendre la fuite, mais aussi très discrète, comme un simple détournement de regard.
Sur le même principe, le chien de la famille peut agresser un de ses maîtres pour défendre des privilèges qui lui ont été laissés au quotidien, et qui sont soudainement remis en cause. L'exemple le plus connu est celui du chien qui occupe librement fauteuils et canapés, et qui grogne voire mord quand on le pousse pour s’y installer. Sa réaction est naturelle, car les positions hautes comme les meubles ou les chaises sont à ses yeux des lieux de pouvoir et des marques de dominance : il ne permet donc pas qu'on tente de l'en déloger.
Les chiens de petite taille sont également souvent responsables d'agressions hiérarchiques dans les familles. En effet, en raison de leur gabarit et de leur adorable bouille, ils sont parfois considérés davantage comme des enfants que comme des animaux de compagnie. Ils sont alors trop choyés et ne reçoivent pas une éducation correcte. Comme ils sont de surcroît souvent dotés d'un caractère bien trempé, ils ont tôt fait de devenir de vrais petits diables à la maison : refus d'obéir aux ordres, aboiements intempestifs, agressivité pour se faire respecter par leurs maîtres... Ce trouble du comportement est d'ailleurs appelé syndrome du petit chien.
Le chien est, comme son ancêtre le loup, un animal territorial. En effet, à l'état sauvage, toute intrusion dans son domaine par un concurrent ou un ennemi peut mettre en péril ses ressources vitales comme la nourriture ou l'accès à l'eau, dont dépend la survie de la meute.
Par conséquent, même si le chien a été domestiqué par l'Homme il y a plusieurs milliers d'années, il a gardé ce réflexe de protéger son territoire (c'est-à-dire la maison et/ou le jardin), et n'aime donc pas beaucoup voir des étrangers pénétrer chez lui sans sa permission. Il peut alors faire preuve d'agressivité à leur encontre, selon son caractère et la façon dont il a été éduqué par son maître. Les races de chiens de garde sont naturellement plus protectrices et plus territoriales que leurs congénères ; à l'inverse, il existe des races très sociables, qui fraternisent facilement avec des inconnus.
Mais la capacité d'un animal à accepter la venue de personnes extérieurs à son foyer sans immédiatement montrer les dents dépend aussi et surtout de la façon dont sa socialisation a été menée. Si son maître n'a pas pris l'habitude dès le plus jeune âge de lui faire rencontrer des étrangers, il se sentira toute sa vie menacé par leur présence, puisqu'il n'aura jamais appris à gérer cette situation. À l'inverse, si la socialisation du chiot est effectuée correctement, il sera moins tenté une fois adulte d'adopter une attitude agressive envers ceux qu'il ne connaît pas - ce qui ne l'empêche pas de rester sur ses gardes, au cas où.
L'agressivité liée à la peur est une cause fréquente d'agression, alors même que cette émotion canine est l’une des moins bien reconnues par les maîtres.
C’est le franchissement brusque de la distance dite critique du chien qui déclenche la peur et donc la réaction. Cette distance critique correspond en effet à la limite de la zone personnelle dans laquelle un individu (animal ou humain) se sent menacé si on tente de l'approcher. Elle dépend de chaque être, son histoire, son état émotionnel et du contexte.
Un chien apeuré peut principalement réagir de trois façons différentes :
Le cas le plus fréquent d'agression par un chien apeuré est celui de l'animal tenu en laisse qui voit venir à lui un congénère ou un humain qui l’inquiète. Sans pouvoir fuir pour rétablir la distance critique, il ne lui reste qu’à menacer pour faire reculer l’autre, et mordre si la menace n’a pas fonctionné. Comme il réagit alors avec l'énergie du désespoir, puisqu'il est persuadé que la menace est bien réelle, les morsures du chien ont plus de chances d'être profondes et/ou nombreuses.
C’est le cas également très courant, de l'animal qui prend peur quand on le poursuit pour le punir ou lui reprendre un chapardage, jusqu’à l’acculer dans un espace restreint, derrière ou sous un meuble. Mis dans une situation sans issue, il n’a plus d’autre ressource d’autodéfense que menacer ou mordre la main qui cherche absolument à l’attraper.
Le fait d'aborder un chien par surprise, par exemple pendant qu'il dort ou mange, suscite également sa peur : sa réaction peut alors être celle de la contre-attaque. Les chiens sourds ou malentendants sont particulièrement sujets à ce type d'agression, car leur ouïe défaillante les empêche d'entendre qu'on les approche. Malheureusement, la surprise conduit bien souvent à une morsure-réflexe, sans signes d'avertissement préalables.
L'agressivité du chien blessé ou malade est déclenchée par une douleur ou par anticipation de celle-ci. L'animal mord pour tenter d’échapper à une souffrance, comme par exemple le pied qui lui marche dessus ou la main qui le caresse trop rudement. Ce type d'agressivité se traduit généralement par une menace plutôt rapide voire inexistante, ce qui la rend dangereuse pour celui qui en fait les frais. Les zones les plus sensibles et auxquelles il faut donc faire le plus attention lors des manipulations sont ses oreilles et ses articulations (c'est d'ailleurs courant chez les chiens souffrant d'arthrose par exemple).
La réaction agressive est parfois aussi un symptôme de problème neurologique. L'exemple le plus célèbre est bien sûr celui de la rage : un chien enragé cherche à tout prix à mordre ce quiconque se trouve sur son passage, humains comme animaux, sans aucune distinction. D'autres maladies neurologiques peuvent elles aussi causer une agressivité soudaine et anormale : c'est le cas par exemple de l'accident vasculaire cérébrale (AVC), ou de la toxoplasmose dans le cas où le parasite s'attaque au système nerveux.
Par conséquent, si le chien devient soudainement plus agressif qu'à l'ordinaire, et qu'il n'y a pas de raison évidente à cela, il est préférable de se tourner en premier lieu vers un vétérinaire afin de s'assurer que la cause n'est pas d'ordre pathologique.
Le chien a été domestiqué par l'Homme il y a plusieurs milliers d'années, et depuis, il n'a plus besoin de chasser ou de chercher sa nourriture pour survivre. Son instinct de prédation est pourtant toujours ancré en lui. En témoignent quelques scènes bien connues comme lorsque le chien court après les cyclistes ou les voitures : il les assimile inconsciemment à des proies et se lance instinctivement à leur poursuite, comme si sa vie en dépendait.
L'agressivité liée à l'instinct de prédation se manifeste de manière plus ou moins visible selon les individus et les situations. Les races de chiens de chasse par exemple, ainsi que ceux vivant en meute comme les races de chiens de traîneau, sont clairement les plus enclines à se lancer tête baissée à la poursuite d'une cible mouvante (un véhicule, un petit animal tel qu'un lapin ou un oiseau...). Cette obsession peut être si grande qu'elle peut les amener à fuguer pour courir auprès l'objet de leur attention, jusqu'à parfois se retrouver si loin de leur point de départ qu'il est alors impossible de retrouver le chemin de retour. Le sens de l'orientation du chien a beau être plus développé que celui de l'être humain, il ne fait pas non plus de miracle...
Pour résoudre ce problème, il est essentiel de proposer à son animal suffisamment de distractions et d'activités au quotidien pour qu'il ne soit pas tenté de se lancer à la poursuite de tout ce qui bouge. Des promenades suffisamment longues et variées, des séances de jeux avec des balles ou d'autres objets à rapporter, des sports canins comme le canicross, voire la pratique de la poursuite à vue sur leurre pour les plus grands coureurs, sont autant d'idées permettant d'inhiber l'agressivité liée à l'instinct de prédation du chien.
Même si de nos jours les chiens n’ont plus à se soucier de trouver leur repas par eux-mêmes, convoiter ou préserver une nourriture reste pour eux source de vives inquiétudes, et donc de conflits et de réactions.
Certaines situations courantes peuvent pousser un chien à devenir agressif à cause de la nourriture. Par exemple :
De manière générale, meilleure est la qualité de cette nourriture (restes de table, os de boucherie, os en peau de buffle...), plus l’agression est prononcée. Les menaces (grognements, aboiements...) ou morsures, peuvent s’exercer sur les humains comme sur des congénères.
Il est beaucoup plus facile d'éviter les conduites agressives du chien liées à la nourriture que de les traiter une fois elles sont apparues.
Pour cette raison, si dès l’arrivée d’un chiot dans la famille l’on constate déjà que le moment de la gamelle éveille chez lui une agitation incontrôlable, il faut immédiatement prendre des mesures pour organiser ses repas.
C'est la meilleure façon pour qu'ils se déroulent de la plus harmonieuse manière qui soit.
La préparation des repas de la famille, ainsi que ceux du chien, doit absolument être faite en son absence.
En effet, dans ces moments, la cuisine est le lieu de sur-stimulations. Cela peut ainsi entraîner une trop grande excitation susceptible de dégénérer et de conduire à de l'agressivité. Par ailleurs, le stress et/ l'excitation sont des facteurs de risques de la torsion-dilatation de l'estomac, un syndrome très grave touchant principalement les grandes races.
Le chien doit pouvoir manger tranquillement, sans être dérangé, pendant 10 à 15 minutes. L'installer dans une pièce fermée le temps du repas peut être une solution si le reste du foyer est agité. Dès qu'il a fini, la gamelle du chien doit être rangée dans un endroit inaccessible jusqu'à sa prochaine ration.
S’il n’a pas tout absorbé, il est impératif de ne pas laisser les restes dans son écuelle, mais de les ranger pour les resservir la fois suivante, s'ils sont encore comestibles. En effet, voir sa nourriture traîner peut éveiller chez le chien le souci (légitime) de la défendre au passage de quiconque à proximité (humain ou animal).
De plus, ne lui laisser qu'un certain temps pour manger l'aide à mieux réguler son comportement alimentaire. Il faut simplement faire en sorte d'adapter le temps imparti au type d'aliments servis : par exemple, de la pâtée s'engloutit relativement vite, tandis qu'un BARF pour chien à base d'os et de viande crue nécessite plus de mastication et donc plus de temps.
Il arrive parfois qu'une alimentation mal équilibrée et/ou donnée dans des proportions insuffisantes pousse le chien à adopter une attitude agressive.
En effet, la faim et la frustration peuvent se manifester par de la mauvaise humeur ou de l'irritabilité. De plus, il est désormais connu que les carences en protéines, qu'elles soient dues à une alimentation de mauvaise qualité ou donnée en quantité insuffisante, se traduisent souvent par une attitude anormalement agressive. Cette situation peut se produire lorsqu'on choisit par exemple de nourrir son chien avec un régime végétarien ou végan, car les protéines végétales utilisées pour remplacer celles d'origine végétale sont bien moins digestes pour lui. Mais même sans aller jusque là, les aliments industriels de qualité standard contiennent dans l'ensemble peu de protéines de qualité, qui feraient augmenter les coûts de production.
En cas de doute sur la façon de bien nourrir son chien pour éviter les carences, il est préférable de se tourner vers un vétérinaire.
Prendre un repas à table en présence du chiot ou d'un chien adulte, surtout s’il y a des enfants, est à éviter. En effet, la trop grande proximité des aliments ne peut que susciter la convoitise et surexciter l’animal, qui va immanquablement être tenté de quémander ou chiper de ce qui pourrait tomber.
Dans un même ordre d'idée, les goûters ou plateaux télé sur table basse peuvent être pour le chien synonyme d’insupportables tentations propres à soulever vive agitation et dérives agressives.
Enfin, voir gesticuler dans la maison ou en balade autour de lui des enfants qui grignotent bonbons, gâteaux et autres encas est source de stress chez le chien.
Laisser la moindre nourriture à portée d’un chien, ou pire encore d’un chiot, pour le qualifier ensuite de voleur, ne peut qu'être source d'incompréhension pour lui.
En effet, selon les codes sociaux au sein d'une meute de chiens, tout aliment dont se détourne le leader du groupe constitue les restes que les subordonnés sont en droit de consommer. La poubelle dans la cuisine, le sac de croquettes dans le garage, le poulet sur la table ou le paquet de biscuits oublié sur le canapé sont donc autant de restes que l'animal peut légitimement s’approprier si son maître s'en éloigne ne serait-ce qu’un instant. À ses yeux, il n'a donc pas volé, mais pris un aliment à sa portée : si bêtise il y a, c'est bien celle des maîtres qui s’en sont détournés.
Quoi qu'il en soit, s'il s'est emparé d'un bout de nourriture, mieux vaut ne pas tenter de le lui reprendre. En effet, même si un chien prévient avant d'être agressif, attention tout de même aux coups de dent !
L'agressivité maternelle de la chienne a pour but de protéger ses chiots contre ce qui est perçu comme une menace potentielle. Gare à quiconque tente de s'en prendre à sa progéniture !
Ce type d'agressivité se manifeste d'abord par des grognements, puis par une morsure si ce qui l'effraie ne s'éloigne pas. Il peut aussi bien survenir après la mise bas que pendant la grossesse. Il n'est d'ailleurs pas rare qu'une chienne gestante développe de l'agressivité pendant les premières semaines, même si elle est habituellement clame et affectueuse.
Une chienne faisant une grossesse nerveuse développer aussi parfois des symptômes similaires, car son comportement est très proche de celui d'une femelle gestante, même si elle n'est pas vraiment pleine.
L'agressivité acquise du chien est souvent due à un apprentissage, volontaire ou non, à l'occasion d'une situation qui se répète suffisamment souvent. Il s'agit peut-être du type d'agression le plus dangereux, car l'étape de la menace est inexistante dans ce cas précis.
L'agressivité par apprentissage volontaire a pour but d’obtenir du chien qu'il attaque une personne ciblée, automatiquement et sur ordre, et bien sûr sans la prévenir, pour ne la lâcher que sur ordre également. Il devient alors une arme, et sa morsure est dite « instrumentalisée », puisqu’on s’en sert comme d’un instrument.
Le dressage destiné à apprendre à un chien à être agressif sur commande s'appelle la pratique du mordant. Pour des raisons évidentes de sécurité, il n'est réservé qu'à des cas très particuliers (armée, police...) et doit être effectué par des professionnels habilités. De plus, il n'existe dans beaucoup de pays que quelques races de chiens autorisées à pratiquer le mordant.
Les chiens policiers d'attaque et d'intervention sont bien entendu dressés à cet exercice. Les chiens destinés à la garde peuvent aussi y être entraînés, non pas pour qu'ils agressent le moindre inconnu, mais pour leur apprendre à maîtriser la force de leur mâchoire et à relâcher leur prise dès qu'on leur en donne l'ordre. Pendant longtemps, les chiens de guerre destinés au combat étaient également concernés, jusqu'à ce que l'amélioration des équipements et armes militaires rendent caduque leur utilisation sur les champs de bataille.
Un chien confronté à une situation stressante peut devenir agressif pour se défendre, si ses menaces préalables n'ont rien donné et qu''il estime n'avoir plus d'autre choix. Cela peut être à l'occasion d'un toilettage un peu brutal, une visite compliquée chez le vétérinaire, un inconnu qui tente de le caresser alors qu'il est tenu en laisse... Ce type d'attaques correspond en fait à l'agressivité du chien par peur.
Mais si la situation se répète inlassablement, comme c'est le cas par exemple du toilettage et du vétérinaire, le chien finit par comprendre que ses menaces sont inutiles, puisqu'elles ne lui permettent pas d'obtenir ce qu'il demande, à savoir qu'on le laisse tranquille. Il apprend donc à se montrer agressif par anticipation et passe à directement à la morsure en cas de stress ou de menace potentielle. C'est ce que l'on appelle l'agressivité par apprentissage involontaire.
Lorsqu'un chien est agacé, irrité, stressé ou frustré, mais que la cause de cette perturbation n'est pas à sa portée, il peut avoir pour réflexe de s'en prendre à une cible de substitution proche de lui, ce qui lui permet de retrouver son calme. Cette cible peut être un membre de sa famille qui passait par là, mais aussi un congénère ou même un autre animal du foyer.
Le véritable stimulus de l'agression redirigée peut être très variable selon les situations : un bruit particulier, une odeur que le chien déteste...). Dans la plupart des cas, il n'est pas visible, ce qui empêche l'animal de s'en prendre directement à lui. Il peut ne même pas être perceptible par le maître : s'il s'agit d'ultrasons par exemple, l'ouïe du chien est capable de les entendre, mais pas celle de l'Homme. Il en va de même pour les odeurs peu prononcées, que le nez humain ne peut percevoir.
Lorsque cette perturbation se produit, le chien commence par chercher la source de son inconfort, et s'énerve de ne pas la trouver. Si son maître passe justement à proximité de lui à ce moment précis et tente par exemple de le caresser, ce geste peut être la goutte d'eau qui fait déborder le vase et provoquer un coup de dents. Si la situation se répète à intervalle régulier, l'animal peut même finir par développer une agressivité systématique à l'encontre de l'être humain.
Dans le cas où le stimulus déclencheur de l'agressivité redirigée est connu (par exemple si le chien réagit aux sonneries de téléphone), il est possible d'envisager un déconditionnement via des médicaments et/ou des thérapies comportementales pour régler le problème. Si le stimulus est inconnu, le mieux à faire consiste à apprendre à repérer les signes d'irritation et d'agitation de son compagnon, pour éviter de l'approcher à ce moment précis.
De même que nous adoptons des tics de comportement traduisant notre malaise, le chien stressé manifeste son inconfort physique lié à certaines situations dérangeantes. Mais si nous pouvons dire à nos proches que nous ne sommes pas d'humeur certains jours, nos toutous ne sont pas capables d'envoyer de message aussi direct !
Comment fait donc un chien pour avertir de son inquiétude ? Comment répondre efficacement aux signaux d'avertissement envoyés par le chien ?
La majorité des personnes ayant été mordues affirment que le chien a attaqué par surprise, sans prévenir ni donner de signal d'alerte. Ces propos ne sont pas surprenants dans la mesure où, si les personnes en question avaient effectivement détecté un avertissement quelconque de la part de leur animal, elles s'en seraient tenues là et la situation n'aurait vraisemblablement pas dégénéré.
Il faut dire que si tout le monde sait reconnaître les signaux évidents tels que les grognements ou le retroussement des babines, peu de gens savent identifier les signaux plus subtils tels qu'un changement de posture ou de regard, qui font partie de ce que l'on nomme la communication non verbale du chien. Ce sont pourtant ces signaux qui sont le plus fréquemment utilisé par nos compagnons à quatre pattes pour prévenir de leur inconfort. Certains canidés peuvent aussi avertir pendant des mois sans que leurs signaux ne soient compris, puis soudainement craquer et ne plus se contrôler, ce qui donne l'impression d'une attaque-surprise.
Dans tous les cas, les signaux annonciateurs existent, et il est important de savoir les identifier, car dans la très grande majorité des cas, c'est leur non-perception, à court ou à long terme, qui fait dégénérer la situation. Il ne sert donc à rien de chercher à le punir lorsqu'il grogne ou montre les dents : mieux vaut au contraire voir ces signes comme une occasion de comprendre ce qu'il ressent.
Si vraiment l'attaque est soudaine et surprenante, il ne s'agit peut-être pas d'un signe d'inconfort mais plutôt d'une douleur, car quand on a mal, on n'a pas toujours le temps de prévenir. Les deux zones les plus sensibles de son corps sont les articulations et les oreilles : prudence donc lorsqu'on entreprend de les manipuler...
Avant d'en venir au coup de dents, le chien a plusieurs degrés d'avertissement dirigé vers ce qui représente une source d'inquiétude à ses yeux. Les signaux peuvent être particulièrement visibles et faciles à comprendre, ou au contraire plutôt subtils et méconnus du grand public.
Avant toute chose, un chien mal à l'aise commence par communiquer son inconfort par toute une série de gestes et postures que l'on appelle les signaux d'apaisement du chien. Ils témoignent de sa volonté d'être laissé tranquille, de faire la paix et/ou de faire redescendre la tension (en cas de conflits par exemple).
Parmi les plus connus, on en trouve deux types :
Ces signaux correspondent à la première phase d'avertissement : l'agression n'est pas encore pour tout de suite. Malheureusement, beaucoup de personnes interprètent mal ces gestes et attitudes et peuvent y voir au contraire un encouragement à continuer. Si son inconfort perdure, le chien passe donc à l'étape supérieure.
Cette posture est difficile à interpréter. Le chien s'interrompt brusquement de faire une action qui lui plaît : par exemple, il peut soudainement arrêter de manger lorsqu'on s'approche de sa gamelle, ou s'immobiliser lorsqu'un inconnu tente de le caresser pendant une promenade.
De manière générale, une absence soudaine de réaction ou un changement de posture lui donnant brusquement l'air raide ou figé doit alerter, car l'un comme l'autre traduit un important stress.
Comme chez l'être humain, le regard fait partie de la communication non verbale du chien. Ainsi, si ce dernier a brusquement les yeux exhorbités, ou si le blanc de son oeil devient apparent, c'est rarement bon signe.
Ce signal indique en effet qu'il est dans une situation inconfortable. Il est très souvent utilisé comme avertissement par la gent canine, même s'il est rarement compris comme tel.
C’est un moyen à part entière de la communication vocale du chien, qu'il est important de comprendre à sa juste valeur. Un chien qui grogne est un chien qui prévient : « je ne suis pas bien, et si la situation ne cesse pas, je vais devoir me défendre ».
À ce stade, il ne peut pas être qualifié d'agressif, mais simplement de menaçant. Il est important de tenir compte de cet avertissement, et de sortir rapidement de la situation qui le dérange, car la morsure n'est plus très loin.
Si la situation ne cesse pas, le chien lance parfois un coup de dents dans le vide, dans le but de faire comprendre le message de manière plus claire. C'est toutefois loin d'être aussi systématique que les autres signaux d'avertissement.
Généralement, lorsqu'on en arrive à ce stade, la véritable morsure est imminente. Heureusement, la plupart des gens n'insistent pas après un signal aussi explicite !
Un chien qui n'est toujours pas compris dans son inquiétude et son malaise après avoir émis tous ces avertissements passe très certainement au stade suivant : il mord pour se défendre. La morsure peut être légère et cesser dès que la personne crie ou recule, comme elle peut être beaucoup plus impressionnante. Tout dépend de l'animal, de celui qu'il a en face, et de ce qui l'a agacé.
Ces étapes peuvent s'enchaîner très vite, en fonction de son vécu et de son caractère, chacun restant plus ou moins longtemps à chaque stade. Certains grognent font beaucoup de tapage sans mordre, alors que d'autres préviennent plus discrètement et envoient plus vite un coup de dents.
Comme chez l'être humain, divers facteurs peuvent s'additionner dans le vécu d'un chien, jusqu'au dépassement de ses limites : au lieu que le vase ne se remplisse goutte après goutte, plusieurs sources se mettent à l'alimenter. Et pour éviter les débordements imprévus, autant commencer par fermer les robinets !
Pour cette raison, la première chose à faire lorsqu'on repère des signaux d'apaisement ou d'avertissement, c'est de lui montrer qu'on a compris le message en cessant immédiatement de faire ce qui le met mal à l’aise. On fait ainsi baisser le niveau émotionnel et on évite une escalade, que ce soit le passage de la menace à la morsure, ou celui de la morsure à d'autres morsures.
L'avantage est double : non seulement on limite le risque d'accidents car le chien n'a pas besoin de montrer les crocs, mais en plus de cela, à force de voir qu'on comprend son langage, il finit par faire confiance à son entourage. Or, la confiance est le point essentiel dans la relation maître-chien et dans l’apprentissage des choses plus contraignantes, comme les manipulations. Lorsqu'il fait confiance à son maître et sait que son langage est respecté, il se sent plus à l’aise et supporte donc davantage de choses.
À l'inverse, ignorer ces signes (que ce soit volontairement ou non), voire tenter de le forcer à accepter une situation qui le dérange en le punissant lorsqu'il grogne ou montre les dents, est dangereux en plus d'être contre-productif. En effet, si les menaces ne donnent pas de résultats, il risque de ne plus prendre la peine de les faire avant d'attaquer, et de passer directement à la morsure en cas de contrariété. De fait, le chien raisonne de manière logique : si seule l'attaque permet de faire cesser son inconfort, il ne mettra pas longtemps avant de renoncer aux avertissements préalables.
Pour cette raison, la solution de fond n'est jamais dans la punition, mais dans une recherche qu'il faut entreprendre. Toute marque d'agressivité ou de simple menace (typiquement le grognement non expliqué) nécessite absolument d'en chercher les causes. Elles peuvent être variées et dépendre de plusieurs facteurs, raison pour laquelle il peut être préférable de demander conseil à un comportementaliste canin. Tout seul, à vouloir éviter certaines erreurs, on en fait souvent bien d'autres...






Bonjour mon chien âgé de 13 ans se gratte et se mord constamment j'ai vu un vétérinaire dermatologue qui lui a fai...
Beagle agressif avec ses congénèresBonjour, Ma chienne de 6 ans c'est faite attaqué à 2ans et depuis elle s'approche gentiment des copains, copines...
Ma chienne attaque des chiots quand elle mange sans la gamelleJe ne comprends pas sa reaction… ma chienne de 4 ans (deuxième portée) est une mère exemplaire, elle est au peti...
Agressivité effrayanteBonjour à vous, J'écris ce soir un peu désespérée et complètement perdue. Notre chienne de 3 ans et demi, un...
Mon chien est agressif avec ma belle filleBonjour, Mon jack Russell âgé de 3 ans n'accepte pas la petite copine de mon fils. Pourtant quand il était...