Marche au pied : apprendre à son chien à marcher au pied

Un Golden Retriever marche au pied de sa maîtresse

La marche au pied est une étape décisive dans l’éducation d’un chien. Elle est perçue comme le signe d’un dressage réussi, d'une osmose que le maître a réussi à créer avec son compagnon. En effet, elle reflète l’établissement d’une relation de confiance : l’animal choisit de lui-même d’obéir, sans y être contraint par une laisse.

Si cet apprentissage est très utile, il n’est pas aussi facile à enseigner que la marche en laisse ou les ordres de base. Néanmoins, en utilisant les bons gestes et la bonne méthode, la probabilité d’échec demeure assez faible.

Quelles sont les différences entre la marche au pied et la marche en laisse ? Quels avantages y a-t-il à apprendre à son chien à marcher au pied, et comment s’y prendre ? Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ?

Qu’est-ce que la marche au pied ?

Un chien marche au pied d'un enfant

La marche au pied correspond au fait que le chien se place de lui-même à côté de son maître lors d’une promenade ou d’un exercice et adapte constamment sa vitesse pour ne pas le dépasser ni être en retard sur lui. Il ne s’arrête donc que si ce dernier s’arrête, et ne se laisse pas distraire par ce qui se passe autour de lui : bruit, odeur, rencontres d’autres chiens…

On considère qu’elle est réussie lorsque son épaule reste globalement au niveau du genou de son humain tout au long de la marche. Dans cette configuration, ce dernier est en permanence dans son champ de vision, et à une distance à peu près fixe.

Elle peut se pratiquer avec ou sans laisse ; dans le premier cas, celle-ci doit alors dessiner un « U », signe qu’il n’y a aucune tension et donc qu’une distance à peu près fixe est maintenue tout du long.

Par conséquent, même si la nuance entre les deux exercices est assez subtile, la marche au pied n’est pas exactement la même chose que la marche en laisse. En effet, cette dernière demande un moindre effort de concentration de la part du chien : il doit simplement suivre son maître sans tirer, mais peut tout de même s’en éloigner un peu puisqu’il bénéficie d’une certaine liberté de mouvement, directement proportionnelle à la longueur de la laisse.

Pourquoi apprendre à son chien à marcher au pied ?

Qu’elle soit pratiquée en laisse ou non, les principaux avantages de la marche au pied sont d’ordre éducatif.

Avoir un meilleur contrôle sur son chien

Un chien marche au pied dans une foule

La marche au pied permet au maître d’exercer un meilleur contrôle sur son chien, puisque celui-ci se positionne de lui-même à ses côtés, sans qu’il soit besoin de le contraindre avec une laisse ou de le rappeler à l’ordre s’il s’éloigne un peu trop.

Par conséquent, les situations les plus à risques (traverser une route fréquentée, rencontrer des humains ou des animaux inconnus…) sont moins sources de stress, puisque l'animal est dans l’ensemble plus obéissant et discipliné. Il n’est par exemple pas nécessaire de le retenir en tirant de toutes ses forces sur sa laisse pour l’empêcher de se lancer à la poursuite d’un chat qui passe par là.

Cet apprentissage est tout particulièrement utile pour les chiens les plus massifs comme le Mâtin Napolitain, car leur carrure est telle qu’ils ne peuvent être retenus de force s’ils ne se montrent pas obéissants. Il est également intéressant pour les races de chiens possédant un fort instinct de prédation comme l’Alaskan Husky et le Basenji, qui ont tendance à se lancer à la poursuite de tout ce qu’ils assimilent à une proie potentielle, au mépris de tout danger éventuel.

Développer la faculté de concentration du chien

Un Corgi se concentre durant la marche au pied

La marche au pied réclame toute l’attention du chien, puisqu’elle le contraint à rester concentré sur le rythme dicté par son maître et à ne pas se laisser distraire par les stimulations extérieures telles que les bruits, les odeurs, les passants...

En conséquence, un chien qui apprend la marche au pied apprend en même temps la maîtrise de soi et la gestion de sa frustration. Cela le rend davantage apte aux séances éducatives et aux jeux d’obéissance, car il se déconcentre moins facilement et se fie davantage à l’autorité de son maître, avec lequel il est mieux « connecté ».

Aider à l’établissement de la hiérarchie familiale

Un chien au pied de sa maîtresse

La marche au pied permet de montrer à son chien qui décide en reproduisant le comportement habituel du chef d’une meute vis-à-vis des autres individus qui la composent.

En effet, dans le fonctionnement d’une meute de chiens, c’est le chef qui impose ses déplacements et son rythme aux autres, et jamais l’inverse. Les subalternes doivent donc en permanence surveiller ses moindres faits et gestes, afin de le suivre au pas et sans discuter dès qu’il prend une décision.

Les chiens prédisposés à l’apprentissage de la marche au pied

Un Caniche marche au pied de sa maîtresse

En théorie, tous les chiens ou presque sont capables d’apprendre la marche au pied, car la technique ne demande ni compétence physique particulière, ni effort intellectuel insurmontable. Pour autant, on ne peut pas considérer qu’ils sont tous égaux face à cet enseignement.

En effet, certains sont capables de faire preuve d’une grande capacité de concentration, tandis que d’autres sont plus distraits et ont du mal à rester focalisés pendant longtemps sur les mouvements et instructions de leur maître. C’est le cas notamment d’un certain nombre de chiens de chasse, qui oublient tout ce qui se trouve autour d’eux dès lors qu’une proie entre dans leur champ de vision ou qu’ils reniflent une piste intéressante. Le Beagle en est un très bon exemple, et fait d’ailleurs partie de façon générale des races de chiens les plus difficiles à éduquer.

En outre, le propriétaire qui se lance dans l’enseignement de la marche au pied a plus de chances d’arriver rapidement à un résultat si son compagnon est intelligent, docile et habitué à lui obéir au doigt et à l’oeil. C’est généralement le cas par exemple avec un Caniche ou un Berger des Shetland, qui sont d’ailleurs souvent des races recommandées comme premier chien pour un maître débutant. À l’inverse, un animal plus entêté, qui a coutume d’ignorer les ordres dont il ne voit pas l’intérêt ou qui n’a tout simplement pas l’habitude d’en recevoir, a toutes les chances d’être un élève plus difficile – que ce soit d’ailleurs pour la marche au pied ou pour tout autre enseignement.

Quand apprendre la marche au pied à son chien ?

À quel âge un chien peut-il apprendre à marcher au pied ?

Un chiot apprend la marche au pied

De manière générale, plus l’éducation d’un chiot est entamée tôt, plus elle s’avère rapide et efficace. Elle permet en effet de lui enseigner directement les bonnes habitudes sans laisser la possibilité aux mauvaises de s’installer, à un âge où il est encore souple et malléable.

Toutefois, il est préférable de ne pas commencer trop tôt l’apprentissage de la marche au pied, car celui-ci nécessite une certaine dose de sérénité et une capacité de concentration dont ne disposent pas les sujets les plus jeunes. Encore plus ou moins « foufous », ces derniers sont davantage intéressés par le jeu et la découverte de leur environnement que par les séances de dressage et la perspective d’obéir à leur maître au doigt et à l’oeil.

Par conséquent, même si techniquement rien n’interdit de démarrer plus tôt, mieux vaut attendre que le chiot ait au moins 5 ou 6 mois avant de commencer à lui enseigner la marche au pied. Ce n’est en effet qu’à partir de ce moment-là qu’il commence à s’être approprié son environnement et à s’assagir suffisamment pour être réceptif aux consignes : des séances d’entraînement entamées avant cet âge risqueraient de peu porter leurs fruits et d’être fastidieuses pour tout le monde, maître comme animal.

De toute façon, tant qu’il n’a pas atteint cet âge, il ne saurait être question de le laisser évoluer sans laisse lors des sorties, car il n’a pas encore la maturité nécessaire pour identifier toutes les situations à risques.

Il n’est donc pas pertinent d’essayer d’apprendre à son chien la marche au pied dès ses tout premiers mois. En revanche, il est tout à fait judicieux de se concentrer alors plutôt sur l’enseignement des différents prérequis : cela facilitera d’autant l’apprentissage réel le moment venu.

Les prérequis pour l’apprentissage de la marche au pied

La marche au pied nécessite un certain nombre de prérequis pour être enseignée dans de bonnes conditions. Dès lors qu’ils sont au rendez-vous, cet apprentissage supplémentaire n’est généralement qu’une simple formalité.

La confiance dans la famille

Un chien marche avec sa famille

Quel que soit son âge, le chien doit avoir confiance dans sa famille et être bien familiarisé avec son environnement. Il accepte en effet plus volontiers les ordres une fois qu’il se sent bien avec les siens et en sécurité.

Par conséquent, il est préférable d’attendre quelques semaines à quelques mois entre l’arrivée d’un chien à la maison et le début de l’apprentissage de la marche au pied.

Les ordres de base

Un chien est assis au pied de sa maîtresse

Pour être en mesure d’apprendre la marche au pied, le chien doit idéalement connaître déjà les ordres de base (assis, couché, au pied…) et être capable de marcher sans tirer sur sa laisse lors des sorties.

Si ce n’est pas encore le cas, il est préférable de commencer par là : il s’agit à la fois des entraînements les plus faciles et des choses à enseigner en priorité à son chien, qu’on souhaite ou non le faire marcher au pied.

La hiérarchie dans la famille

Un Bouledogue Français mange dans une cuisine depuis une gamelle rehaussée
Faire manger son chien seul permet d'instaurer la hiérarchie

La marche au pied affirme la supériorité hiérarchique du maître sur le chien, puisque c’est le premier qui gère les déplacements du second.

La hiérarchie familiale doit donc déjà être établie avant de commencer les séances d’entraînement, sans quoi l’animal n’accepte pas de se prêter à cet exercice.

 

Apprendre à son animal sa place dans la famille passe par de nombreux gestes du quotidien, comme le fait de ne pas le laisser s’asseoir en hauteur, de franchir les portes avant lui, ou encore de le faire manger seul et après les humains.

Comment enseigner la marche au pied à son chien ?

Un chien apprend la marche au pied sans laisse

L’entraînement d’un chien à la marche au pied s’effectue différemment selon que celui-ci est en laisse ou non.

La version avec laisse est plus simple à enseigner pour le maître mais moins agréable pour le chien, qui doit gérer simultanément trois signaux différents : les instructions orales, les gestes et les sollicitations exercées par la laisse. De plus, certains spécialistes estiment que l’utilisation de la laisse pourrait lui faire croire qu’il ne doit marcher au pied que lorsqu’il est attaché. Il existe donc toujours un débat à ce sujet : une partie des professionnels de l’éducation canine estiment qu’il vaut mieux commencer l’apprentissage de la marche au pied en le tenant en laisse, tandis que d’autres considèrent au contraire qu’il vaut mieux débuter sans y avoir recours.

Quelle que soit l’option retenue, l’apprentissage est long et difficile : mieux vaut donc ne pas s’attendre à des progrès fulgurants en seulement quelques jours. Il n’est d’ailleurs pas rare que plusieurs mois d’entraînement soient nécessaires avant d'atteindre le but fixé.

Pour obtenir des résultats plus rapidement, l’apprentissage doit être positif, c’est-à-dire que le maître doit chercher à encourager les bons comportements plutôt qu’à punir les mauvais. Le recours à une méthode d’éducation canine positive est d’ailleurs désormais la norme chez les éducateurs canins professionnels, et il est encore plus important d’opter pour cette façon de faire dans le cas d’animaux ayant vécu un passé traumatisant.

Les accessoires nécessaires pour enseigner la marche au pied

Un Caniche apprend la marche au pied avec une friandise

L’apprentissage de la marche au pied ne requiert pas l’acquisition d’un grand nombre de gadgets et d’accessoires.

En effet, seuls quelques objets sont nécessaires :

  • un collier ou un harnais ;
  • des friandises que le chien affectionne et/ou son jouet préféré, de manière à attirer son attention lorsqu’il tend à détourner cette dernière ;
  • dans le cas où le maître opte pour un apprentissage avec cet accessoire plutôt que sans, une laisse solide mesurant entre 1,5 et 2 mètres de longueur. Mieux vaut qu’elle soit sans enrouleur, afin de mieux contrôler les déplacements de l’animal

Choisir de quel côté faire marcher son chien au pied

Un Border Collie apprend la marche au pied

Que ce soit lors des concours canins ou pendant les séances d’exercice, le chien est traditionnellement placé à gauche de son maître pendant la marche. Cette habitude est très ancienne, et liée au fait que les chiens ont pendant longtemps été utilisés pour la guerre ou pour la chasse : ils étaient alors placés du côté opposé à celui à celui qui tenait l’arme, protégeant ainsi la moitié désarmée du corps de leur maître. Les hommes étant très majoritairement droitiers, leurs compagnons étaient donc le plus souvent placés à gauche.

Il n’est pas particulièrement nécessaire de respecter cette tradition pour enseigner la marche au pied à son chien. Par conséquent, le maître peut choisir le côté qui lui convient le mieux, en fonction par exemple de s’il est lui-même droitier ou gaucher. Il est difficile en tout cas de revenir sur cette décision par la suite, ne serait-ce que parce qu’il faut veiller à conserver toujours le même côté tout au long de l’apprentissage : cela facilite ce dernier, et évite notamment le risque de se prendre les pieds dans la laisse si l’animal change de côté en permanence.

Choisir le bon moment de la journée

Un chien marche au pied de son maître dans un parc

L’apprentissage de la marche au pied nécessite toutes les facultés de concentration dont le chien est capable. Réciproquement, le maître doit en retour lui accorder toute son attention pour le guider correctement. Cet effort étant épuisant pour les deux protagonistes, il est préférable d’opter pour un moment de la journée où chacun est disponible et disposé à faire de son mieux. Par exemple, la promenade du matin juste avant de partir au travail n’est pas forcément le meilleur moment de la journée pour cet entraînement.

D’autre part, comme pour n’importe quel autre apprentissage, il est important que le chien soit serein au moment d’entamer la séance. Un animal excité par le bruit des clefs annonciateur d’une sortie imminente, qui attend avec impatience de recevoir sa pitance ou qui tombe de sommeil, n’est pas particulièrement réceptif : il est donc inutile de commencer l’exercice avant qu’il n’ait satisfait ses besoins urgents, à savoir a minima faire ses besoins, manger et dormir. Dans le cas d’une sortie, cela implique de ne pas attaquer l’entraînement à la marche au pied dès les premières minutes.

Il faut d’ailleurs éviter que chacune d’elles soit synonyme d’apprentissage de la marche au pied. En effet, les meilleurs moments de la journée pour un chien sont généralement ceux passés au dehors, lors desquels il a l’occasion de se dégourdir les pattes, de découvrir de nouveaux environnements et stimuli (odeurs, bruits...), mais aussi potentiellement de faire des rencontres. Il n’apprécierait donc pas forcément que les sorties soient systématiquement transformées en séances d’apprentissage contraignantes voire rébarbatives. Ce serait même contre-productif, car il aurait alors de grandes chances de s’ennuyer, d’être frustré, moins concentré, voire même de perdre ce qu’il a appris.

 

Mieux vaut donc prévoir une promenade supplémentaire dédiée à cette activité, ou éventuellement limiter l’apprentissage à une petite partie des sorties (par exemple une seule dans la journée).

Enseigner l’ordre « Au pied » à son chien

La marche au pied sans laisse

Un Malinois est assis à gauche d'une femme et la regarde

Au début d’un entraînement pour apprendre à son chien à marcher au pied sans laisse, il faut lui donner l’ordre de s’asseoir (« Assis ») au pied du côté choisi, par exemple le côté gauche. L’emplacement lui est indiqué en pointant le sol de la main opposée, en l’occurrence ici la droite, la friandise servant à capter son attention. Si l’animal ne connaît pas encore l’ordre, il est nécessaire de le placer soi-même dans la position attendue, tout en prononçant l’ordre en même temps pour le lui enseigner. Une fois qu’il s’est exécuté en s’asseyant au bon endroit au bon moment, il reçoit la friandise ainsi que des encouragements oraux.

L’étape suivante consiste à se mettre à marcher en attirant le chien vers soi grâce à une friandise présente dans la main du côté où il se situe. Il faut pour cela la passer devant son museau dans le sens de la marche tout en ordonnant par exemple « Allez, au pied », puis avancer immédiatement. Attiré par la récompense qui l’attend, l’animal ne devrait pas se faire prier pour obéir.

L’exercice doit être réitéré quelques instants plus tard, en s’arrêtant immédiatement tout en prononçant l’ordre « Assis » et en désignant de la main le point où s’asseoir. Si le chien obéit, il obtient la récompense tenue dans la main ainsi que des félicitations.

 

Un Labradoodle marche au pied en regardant son maître

On reprend ensuite la marche tout en disant « Allez, au pied », et ainsi de suite. L’animal doit comprendre que cet ordre exige une réaction immédiate de sa part, mais ne doit pas pour autant l’anticiper.

Il est normal qu’au début, il ne suive pas forcément à chaque fois le rythme de la marche. Le cas échéant, il ne faut ni tenter de le rejoindre, ni changer de direction. Au contraire, il ne faut pas hésiter à creuser volontairement l’écart en ralentissant si l’animal va trop vite, ou au contraire en accélérant s’il se fait attendre : c’est ainsi qu’il finit progressivement par apprendre à rester concentré sur son maître et à le suivre à la trace.

Au fur et à mesure des progrès, il devient possible de changer de plus en plus fréquemment de direction, de vitesse de marche ou encore de consignes (par exemple en enchaînant les ordres et contre-ordres) : ceci permet non seulement de tester ses facultés de concentration et son niveau d’apprentissage, mais aussi de les améliorer.

La marche au pied avec laisse

Un chien tenu en laisse assis au pied de son maître

Au début d’un entraînement pour apprendre à son chien à marcher au pied tout en étant tenu en laisse, les deux protagonistes sont immobiles, reliés par une laisse détendue et tenue à deux mains : cela aide à maintenir une longueur constante même s’il tire dessus.

Comme en l’absence de laisse, il faut donner le signal du départ en lançant « Allez, au pied », puis se mettre immédiatement à avancer. Par souci de cohérence, le même mouvement de main doit être effectué que dans le cas de la marche sans laisse.

Si l’animal s’éloigne, il ne faut pas le suivre, mais s’immobiliser ou partir à contresens : cela lui montre qui décide du chemin. S’il ralentit et traîne en arrière, l’ordre doit être répété tout en opérant une légère traction sur la laisse, pour indiquer le mouvement sans pour autant le faire avancer de force. De fait, celle-ci doit servir à renforcer l’ordre, pas à le contraindre ou lui montrer l’effet attendu.

Tout au long de la marche, il convient de montrer au chien qu’on peut stopper à tout moment l’avancée. Il suffit à chaque fois de ralentir et de lancer « Assis », tout en désignant l’endroit où il est supposé s’asseoir. S’il ne s’arrête pas, une traction sur la laisse doit renforcer la consigne, sans pour autant chercher à le stopper. Une friandise ou un compliment sont les bienvenus si l’exercice est réussi. En revanche, s’il refuse de s’arrêter et d’obéir malgré la traction, aller plus loin est inutile : pour espérer obtenir un résultat, il faut en revenir aux fondamentaux, aux prérequis de la marche au pied, et donc (ré)apprendre à son chien à ne pas tirer sur sa laisse en promenade.

Privilégier des séances d’apprentissage très courtes

Un Jack Russel saute et s'amuse
Le chien doit pouvoir se défouler à l'issue de la séance d'apprentissage

Le chien étant un animal distrait par nature, il ne peut au départ maintenir sa concentration bien longtemps. Pour cette raison, mieux vaut lui apprendre la marche au pied à travers des séances très courtes, plutôt que d’y consacrer par exemple 15 minutes d’affilée : son attention décroitrait rapidement, lui faisant commettre des erreurs dont la réprimande lui paraîtrait injustifiée, ce qui ne ferait que compliquer les séances futures.

Mieux vaut donc imaginer des séances faisant se succéder 30 secondes d’exercice puis 3 minutes de promenade, puis de nouveau 30 secondes de marche au pied, et ainsi de suite.

Quoi qu’il en soit, dès lors qu’il commence à montrer des signes de fatigue ou d’ennui, mieux vaut mettre fin à la séance et reprendre un autre jour, plutôt que d’insister.

Par ailleurs, quel que soit le modus operandi retenu, la séance d’entraînement doit obligatoirement se terminer par une phase de « liberté » ou de jeu pour le chien. En effet, la marche au pied est éprouvante pour lui, du fait de la concentration qu’elle exige : il faut donc qu’il puisse ensuite se défouler pour évacuer la frustration accumulée. Il faut toutefois veiller à ce qu’il ne recommence pas à tirer sur la laisse dès la fin de la séance – ce qu’il n’est de toute façon pas supposé faire, dès lors que les prérequis de l’apprentissage de la marche au pied sont bien remplis.

S’exercer à la marche au pied dans des environnements différents

Deux chiens marchent au pied dans la rue

Les premières séances d’apprentissage de la marche au pied doivent se dérouler dans un environnement que le chien connaît bien et qui est aussi exempt de stimulations que possible, afin qu’il ne soit pas trop difficile d’attirer son attention. Elles peuvent donc par exemple être réalisées au domicile ou dans le jardin. Un espace suffisamment vaste est toutefois à privilégier, afin de pouvoir changer fréquemment de direction et/ou de vitesse de marche sans être contraint.

Une fois que le chien commence à intégrer ce que l’on attend de lui, il est possible de le faire progresser en lui faisant pratiquer la marche au pied dans des endroits de plus en plus fréquentés et riches en stimuli en tous genres : une rue passante, un parc qu’il ne connaît pas encore, un lieu où il croise des congénères, etc.

Quelques conseils pour une marche au pied réussie

Utiliser les friandises à bon escient

Un Beagle est récompensé par des friandises
Il ne faut pas abuser des friandises durant l'apprentissage

Dans les premiers temps, il est difficile de se passer de friandises pour inculquer la marche au pied à son chien, en particulier s’il est jeune. Elles sont alors quasiment incontournables pour parvenir à ses fins.

Il est toutefois important de s’en affranchir le plus tôt possible, car elles ne doivent pas avoir pour finalité de le faire obéir, mais simplement d’attirer son attention au début. Une utilisation accrue peut même s’avérer contre-productive, en le conduisant à se focaliser davantage sur la récompense qui lui est promise que sur les mouvements de son maître.

Leur usage ne doit donc pas être systématique, d’autant qu’il existe d’autres façons de récompenser son chien : par exemple, lui adresser des félicitations ou lui offrir des caresses. Quant au besoin de capter son attention lorsque nécessaire, un jouet peut faire l’affaire.

Par conséquent, au fur et à mesure des progrès réalisés, les friandises ne doivent plus servir qu’à le féliciter à l’issue d’un exercice particulièrement réussi.

Ne pas punir son chien

Un chien tire sur sa laisse

Au début, il est très peu probable que le chien réussisse parfaitement ce qui lui est demandé, en particulier s’il est encore jeune et/ou n’a pas une grande faculté de concentration.

Pour autant, il est important de ne pas le blâmer voire le punir lorsqu’il ne s’exécute pas correctement. En effet, s’il n’obéit pas, il y a des chances que ce soit simplement parce qu’il n’a pas compris l’ordre reçu et/ou l’intérêt pour lui de s’y conformer. Le sanctionner ne ferait alors que le rendre nerveux voire anxieux, puisqu’à ses yeux, il n’a rien « fait de mal ». À terme, il risquerait de perdre confiance en lui et de se décourager à la première instruction, ce qui rendrait l’entraînement laborieux pour les deux protagonistes, voire pourrait aboutir à une situation de blocage. La relation qu’il entretient avec son maître ainsi que sa propension à assimiler les diverses autres choses que ce dernier cherche par ailleurs à lui enseigner risqueraient également d’être impactées.

 

Un chien tire sur sa laisse durant une promenade dans un parc ; sa maîtresse est paniquée

Par conséquent, lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, mieux vaut remettre en question sa manière de procéder, plutôt que de punir son chien. Peut-être les ordres prononcés ne sont-ils pas suffisamment clairs, ou les stimulations de l’environnement choisi trop nombreuses pour qu’il puisse suffisamment se concentrer ?

Ces conseils valent non seulement pendant l’apprentissage de la marche à pied, mais aussi une fois que celui-ci est terminé et que l’exercice est bien maîtrisé. Par exemple, si une promenade se passe mal alors que le chien marche habituellement très au pied, il est inutile de le gronder ou de le punir. Mieux vaut au contraire tenter de comprendre ce qui ne va pas : peut-être est-il stressé ou apeuré par quelque chose ? Blessé ou fatigué ?

Faire preuve de constance dans l’apprentissage de la marche au pied

Deux chiens marchent au pied sur le trottoir

Les maîtres doivent faire preuve d’une certaine constance tout au long des séances visant à apprendre la marche au pied à leur chien, mais aussi par la suite, dans la vie de tous les jours. En particulier, les ordres prononcés et les gestes effectués doivent être clairs, mais aussi identiques d’une fois à l’autre et d’une personne à l’autre.

En effet, des incohérences, des hésitations ou des relâchements risqueraient d’induire un « désapprentissage ». Cela peut se produire par exemple si la façon de prononcer l’ordre varie, si le geste associé n’est pas exécuté de la même façon (par exemple à cause d’une certaine timidité à le faire en public) ou encore si le maître se montre trop tolérant alors que l’exécution est approximative. Ces erreurs ont d’autant plus de chances d’être néfastes et de faire perdre des acquis qu’elles ont lieu alors que l’exercice n’est pas encore parfaitement maîtrisé. 

De fait, la constance de l’humain qui mène la marche est une qualité indispensable pour que le chien le considère comme fiable et accepte de s’en remettre à lui. S’il sent un flottement, une hésitation ou un manque de fermeté, il risque au mieux de ne pas comprendre, et au pire de refuser d’obéir - voire de remettre en cause la hiérarchie, avec potentiellement des situations dangereuses à la clef. Les races de chiens dominantes comme le Cane Corso sont les plus exigeantes en la matière : ce sont donc celles avec lesquelles il faut faire montre de la plus grande constance et fermeté.

Le mot de la fin

En plus d’avoir un intérêt pratique et esthétique, la marche au pied améliore le comportement du chien. En effet, elle lui impose de se concentrer sur son maître, et ce faisant l’entraîne à ignorer les stimuli extérieurs. Les promenades sans laisse deviennent moins dangereuses et moins anxiogènes.

Le contrôle qu’elle procure sur l’animal ne doit pas pour autant inciter à le laisser évoluer sans entrave n’importe où et n’importe quand.

D’abord, parce qu’il est de toute façon des lieux et des circonstances dans lesquels les chiens doivent obligatoirement être tenus en laisse.

Ensuite, parce même un chien maîtrisant parfaitement la marche au pied reste un être vivant doté d’une part plus ou moins importante d’imprévisibilité – notamment parce qu’une peur extrême peut à tout moment le rendre incontrôlable. De ce fait, aucune sortie dans un environnement présentant des risques potentiels (zone urbaine, lieu fréquenté par d’autres personnes ou animaux, proximité d’un axe routier fréquenté…) ne devrait être envisagée sans laisse, même avec le plus coopératif des compagnons.

Par Jérôme G. - Dernière modification : 02/03/2021.

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