Comment punir son chien ?

Comment faire pour que la punition du chien soit efficace ?

L’efficacité de la punition dépend largement de vous et de votre persévérance à poursuivre les efforts indispensables pour faire appliquer les règles que vous fixez. Voici quelques règles importantes à respecter quand il est question de punir son chien :

La répétition

Il faut punir systématiquement le chien lorsqu'il fait une bêtise ou qu'il a un comportement inapproprié. Si ce n'est pas le cas, le maître renforce involontairement le comportement du chien.

Punir dès que le chien fait la bêtise

Il faut agir immédiatement quand votre chien fait une bêtise, de sorte qu'il puisse faire le lien entre le comportement et la sanction. La punition doit surprendre le chien, tout en respectant son intégrité physique. Attendre 5, 10 ou 15 secondes change beaucoup de choses. Il retiendra bien plus la leçon si vous agissez immédiatement. Par ailleurs, la punition doit être brève.

Tous les membres de la famille doivent suivre le maître

Chaque membre de la famille doit aller dans le même sens et punir de la même manière le chien qui a commis une erreur. Si l'un est plus acerbe que l'autre, il risque d'engendrer de la peur chez le chien. Au contraire, s'il est plus permissif ou doux dans sa punition, le chien prend petit à petit le pouvoir dans la relation, et finit par dominer cette personne. Chaque membre de la famille doit être rangé derrière le maître et être sur la même longueur d'onde.

Choisir une punition appropriée à son chien

Une punition, pour qu'elle fonctionne, doit être perçue négativement, mais ce qui est désagréable ou douloureux pour un chien ne l'est pas forcément pour un autre. C’est votre chien, vous devez le connaître. Est-ce qu’un geste (comme un doigt levé) simple suffit, ou faut-il un peu plus de sévérité ?


En tout état de cause, le stimulus disruptif doit être vraiment désagréable pour le chien. Si une punition se révèle trop faible, elle n'aura aucun effet, et le comportement indésirable n'en sera que renforcé. En effet, le chien, considérant qu'on lui porte de l'attention, réitèrera l'action. 


À l'inverse, une punition trop forte pourra être perçue comme une menace voire une attaque (même si elle n'est pas obligatoirement violente), mettre votre chien en position de défense et renforcer son anxiété.


À vous donc de bien placer le curseur, de trouver le bon équilibre et donc de donner une punition juste, pour que vous puissiez maintenir une relation de confiance avec lui. L'intensité du stimulus doit être suffisant pour éliminer le mauvais comportement, sans pour autant provoquer de la peur, de l'excitation ou une éventuelle montée d'agressivité du chien.

Quelle punition donner à son chien ?

L'isolement social

Le chien fautif est enfermé seul dans une pièce fermée. Pour ce faire, une fois la bêtise réalisée, le maître s'insurge avec l'ordre « Non ! », attrape le chien et le met dans une pièce. Une fois calmé, après une dizaine de minutes en règle générale, la porte est rouverte sans rien dire. La punition est terminée, une nouvelle page s'ouvre. 

 

C'est le principe d'une punition négative, qui engendre la disparition d'un élément favorable.

 

Par contre, cet isolement ne doit pas durer trop longtemps, car le chien enfermé développe beaucoup de frustrations. Pour s'en libérer, il risque de devenir hyperactif, d'aboyer et de tout détruire.

La punition verbale  

Dans ce cas, ne pas faire de long discours, un « Non ! » qui claque, ou « Vilain chien ! » (ou autre mot) fera l'affaire. Essayez d'avoir une voix la plus grave possible, se rapprochant d'un grognement.

 

L'ordre vocal doit être appuyé à l'aide d'une posture : sourcils froncés, corps en avant. Attention par contre à ne pas se pencher au-dessus du chien ! En effet, cette posture a pour but de montrer au chien la dominance du maître, plus qu'elle ne punit. Le chien pourrait prendre cela comme une agression.

La punition corporelle

Une tape sur le derrière n'a jamais tué personne, et peut se justifier si la bêtise est vraiment grosse. Attention toutefois, il ne faut bien sûr pas frapper pour faire mal.

 

Le coup peut être porté avec la main : le chien fait très bien la différence entre la main qui caresse et celle qui punit (comme il la fait entre la gueule qui mord et celle qui lèche).

 

Certains accessoires canins comme le collier étrangleur, les divers colliers anti-aboiements ou les clôtures électriques reposent sur le principe de la punition corporelle.

La punition par détournement

Une bouteille pleine de gravier peut être envoyée derrière le chien. Le bruit va le distraire de son action. L'utilisation d'un pistolet à eau est aussi possible pour le détourner de son occupation. Enfin, si le chien s'apprête à attaquer, un parapluie automatique peut permettre de le surprendre.

Le reconditionnement positif

La technique la plus efficace pour punir son chien est de modifier de manière désagréable l'environnement de l'animal, de façon à mettre fin rapidement au comportement non souhaité.

 

Après quoi, il est proposé au chien d'accomplir une action qui, elle, sera récompensée.

 

Par exemple :

  • le chien qui aboie est puni par un bruit qui le surprend. Après quoi, un exercice de rappel est effectué. S'il réussit, une grosse récompense attend le chien.
  • si le chien est agressif au bout de sa laisse lors d'une sortie, une punition est requise. En l'occurrence, une saccade sur le collier suffit pour qu'il comprenne son erreur. Par la suite, un exercice de rappel est effectué puis, comme précédemment, une récompense l'attend s'il réussit, car il a arrêté de se fixer sur ce qui le rendait agressif.

 

Pour que le recours au renforcement positif (qui est à la base de l'éducation canine positive) fonctionne, la récompense doit vraiment être intéressante aux yeux du chien.

 

Parmi les récompenses les plus appréciées des chiens, la récompense alimentaire est celle qui remporte tous les suffrages : morceau de fromage, friandise pour chien, etc. Le docteur Dehasse, vétérinaire comportementaliste, préconise même de garder le chien à jeun dans les cas de chiens "difficiles" ou très ancrés dans leurs mauvais comportements, afin que la récompense alimentaire n'en ait que plus d'attraction.

 

Enfin, comme pour le clicker training, la récompense doit être systématique au début, puis devenir aléatoire par la suite (mais surtout pas disparaître), de façon à entretenir l'intérêt du chien.

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