Déménager avec un chien : le déménagement dans la vie du chien

Déménager avec un chien : le déménagement dans la vie du chien

Quand on adopte un chien, c'est généralement pour de longues années - plus de 10 ans pour les races les plus robustes. Il est donc quasiment impossible d'avoir la garantie de demeurer dans le même logement sur une aussi longue période. Or, lorsqu'un déménagement s'impose, ce n'est pas une simple formalité pour un chien.


Voici donc quelques conseils et astuces sur la façon dont il convient de gérer les choses lorsqu'on change de logement, pour que tout se passe au mieux pour tout le monde.

Le déménagement, un évènement stressant pour le chien

Le déménagement, un évènement stressant pour le chien

Selon une étude effectuée auprès des Français en 2016 par l’IFOP, le déménagement arrive en 5e place des événements de la vie dont l’organisation est la plus stressante à gérer, après le décès d’un proche, la perte d’un emploi, un divorce et une mutation professionnelle.

 

Il est même parfois comparé à un mini séisme psychologique, d’autant plus stressant s’il est imposé et non désiré.

 

Or, c’est exactement ce qui est vécu par un chien, peu importe les précautions prises par son maître pour atténuer l'impact du changement pour le chien. Étant confrontés à la perte totale de leurs repères quotidiens, tous les chiens vivent cette expérience en subissant un stress intense, avec toutes les répercussions que cela peut avoir sur leur comportement. Par conséquent, lorsqu’un déménagement se profile à l’horizon, il est très important de prendre en compte la situation du chien et de faire preuve de prévoyance en respectant certaines bonnes pratiques.

 

En effet, avoir un chien implique de grandes responsabilités qui ne disparaissent pas avec un déménagement, voire, au contraire, qui sont d’autant plus prégnantes lors de moments cruciaux de ce genre. L’anticipation et la préparation sont la clé pour bien réussir ce changement et pour éviter que ce bouleversement n’affecte d’une quelconque manière la relation entre le chien et son maître. Établir une liste de choses à faire en amont du déménagement puis au terme de ce dernier et s’y référer régulièrement peut aider à relativiser l’ampleur de la tâche et à rester zen tout au long du processus, tout en diminuant le risque d’oublier quelque chose.

Les aspects administratifs après un déménagement

Les aspects administratifs après un déménagement

Si un changement de localité - voire de pays - est prévu, il est important de s’enquérir des lois en vigueur concernant les chiens dans le nouveau lieu de résidence. Certaines races de chiens y sont-elles interdites ? Un permis est-il requis ? Y a-t-il un nombre maximal d’animaux autorisé par habitation ? Quelles sont les obligations relatives aux déplacements avec le chien (laisse obligatoire, couvre-feu, endroits interdits...) ?

 

Certains pays comme la France et la Belgique ont voté des lois empêchant un propriétaire d’interdire la présence d’un animal dans une location résidentielle. Au Canada, il en va de même en Ontario. Toutefois, si on prend par exemple le cas de la France, le locataire peut malgré tout se voir opposer un refus du propriétaire dès lors que son compagnon fait partie des races de chiens considérées comme dangereuses, plus précisément les chiens de catégorie 1. Quant à la Belgique, selon certaines jurisprudences, un bailleur serait fondé à interdire les chiens de façon systématique afin de limiter les sources potentielles de conflits entre locataires dans un immeuble à logements multiples. Il est aussi admis de mettre une clause au bail limitant le nombre d’animaux permis par logement.

 

Par ailleurs, en cours de bail, il peut arriver que le locataire soit contraint par jugement de se séparer de son chien (ou de quitter le logement) si des voisins portent plainte pour nuisances impliquant le chien, ou encore pour dommages à la propriété. Dans tous les cas, s’informer de ces détails en amont du déménagement évitera les mauvaises surprises le jour J.

 

En d’autres endroits, comme par exemple au Québec, où aucune loi n’empêche de faire figurer dans les baux résidentiels une interdiction de posséder un animal de compagnie, mieux vaut ne pas prendre pour acquise la permission d’avoir un chien obtenue lors de la signature du bail. En effet, un désaccord peut survenir durant le bail et amener le propriétaire à changer d’avis sur le chien. Un privilège obtenu n’est pas un droit acquis. Au demeurant, il peut arriver que des propriétaires mal intentionnés utilisent le chien comme faux prétexte pour obtenir, soit par jugement soit par pressions de toutes sortes, le départ d’un locataire jugé indésirable... Mieux vaut prendre le temps de s’informer au préalable auprès des autorités compétentes en matière de relation propriétaire/locataire pour connaître exactement les droits et obligations de chacun, ainsi que les moyens de se protéger en cas de situation conflictuelle.

 

Par ailleurs, dans un nombre croissant de pays (dont la France, la Belgique et la Suisse), faire identifiier son chien par puce ou tatouage est obligatoire, et permet de restituer chaque année des milliers de chiens perdus à leur propriétaire. Mais encore faut-il pour cela que leurs coordonnées dans la base de données soit à jour !

 

Par conséquent, lors d'un déménagement avec un chien, il est essentiel de penser à mettre à jour ses coordonnées dans le fichier national des chiens. En France, ce dernier est géré par l'I-CAD (Identification des Carnivores Domestiques), et la mise à jour peut se faire en quelques clics depuis son site Internet.

 

Enfin, si l'animal porte une médaille pour chien avec les coordonnées de son maître (ce qui est obligatoire dans certaines villes du Québec, par exemple), une mise à jour ou un remplacement de ladite médaille peut également s'imposer.

 

Il est recommandé de s'occuper de la mise à jour des coordonnées juste avant le déménagement plutôt qu'après. En effet, le jour J et ceux qui suivent présentent un risque important de fugue du chien, et il est donc important d'être joignable à tout moment en cas de besoin.

 

Dans le même ordre d’idées, avoir sur soi les coordonnées de la fourrière du nouveau lieu de résidence facilitera les démarches au cas où le chien y serait emmené.

Le changement de vétérinaire

Le changement de vétérinaire

Si un changement de vétérinaire s’impose, il ne faut pas oublier de demander une copie complète du dossier médical du chien, avec son calendrier de vaccins et de protection parasitaire à jour. De plus, il est préférable de rencontrer le nouveau vétérinaire au moins un mois avant le jour J pour un premier examen médical complet du chien.

 

Cet investissement en temps et en argent peut s’avérer particulièrement utile si une urgence devait se produire le jour du déménagement. En effet, ayant déjà en sa possession les informations de base du chien, le vétérinaire pourrait se concentrer uniquement sur l’urgence, évitant l’examen général surfacturé car fait en urgence.

 

La visite chez le vétérinaire en amont du déménagement peut aussi être l’occasion d’effectuer certains vaccins du chien (ou rappels) et de passer en revue ses traitements contre les parasites, dont certains doivent peut-être être mis à jour. C'est d'autant plus utile si le lieu de vie change considérablement, car une prévention accrue peut alors être nécessaire. Par exemple, un chien ayant jusqu’alors toujours vécu en appartement au sein d’une ville et qui se retrouve soudainement en milieu rural, avec des animaux de ferme et/ou des animaux sauvages dans son environnement immédiat, aura besoin de protections supplémentaires.

La gestion du stress du chien

La gestion du stress du chien

Il est plus facile de se renseigner sur les troubles de comportement en amont du déménagement que dans le feu de l’action, c’est-à-dire le jour J ou les jours qui suivent.

 

En effet, peu importe les mesures prises, le déménagement est une source d’anxiété pour le chien, et il est utopique de s’attendre à ne constater aucun changement ou comportement inhabituel de sa part. En ayant ceci en tête, il est plus facile de se montrer tolérant et attentionné envers son animal, de ne pas réagir avec agressivité ou impatience devant ses changements de comportement, ce qui n’aurait pour effet que d'ajouter une source de stress pour lui. Il est plutôt souhaitable de les anticiper autant que faire se peut, et ainsi prévoir les comportements à adopter et les solutions à apporter.

 

Concrètement, les troubles de comportement les plus fréquemment rencontrés chez un chien lors d’un déménagement sont :

  • des destructions de la maison ou du jardin ;
  • des aboiements excessifs en l’absence du maître, causés par une anxiété de séparation ;
  • une perte de propreté (régression comportementale) ;
  • une dépendance excessive envers le maître, que le chien se met à suivre partout (syndrome du « chien pot de colle ») ;
  • de l’impatience et de l’agitation ou, au contraire, de l’apathie ;
  • des comportements agressifs.

 

Ces comportements sont des moyens utilisés par le chien, parfois de manière itérative (« essai » / « erreur ») pour tenter de trouver des repères stabilisants en période de crise. Analyser régulièrement son chien lors de petites périodes de stress peut aider à prévoir quelle sera sa réaction lors du déménagement. Comment était-il jeune chiot ? Comment réagit-il lorsqu’il se retrouve seul pour une période inhabituellement longue ou dans un endroit inconnu ? Comment réagit-il s’il subit momentanément un changement de routine, par exemple une absence prolongée du maître nécessitant qu’il soit confié à une tierce personne, ou même simplement une promenade s’éloignant du trajet habituel ? Bien connaître son chien est la clé pour bien préparer le terrain et limiter autant que possible les facteurs qui sont pour lui anxiogènes.

 

Les caractéristiques du chien entrent également en ligne de compte dans sa capacité à s’accommoder d’un déménagement et dans sa réaction face à cette perturbation. Ainsi, étant encore immature, un jeune chien aura généralement du mal à gérer ses émotions face au changement. À l’opposé, un vieux chien ayant pris ses habitudes aura beaucoup de mal à accepter la nouveauté. Un chien malade ou fragile, qui a besoin de calme et de stabilité, ou nerveux, qu’un rien inquiète ou perturbe, sera également plus à même de multiplier les comportements inadaptés en cas de déménagement.

 

La race est également une caractéristique importante quant à sa capacité à s’accommoder d’un déménagement. En effet, il existe des races de chiens qui supportent difficilement les changements et les voyages, alors que d'autres s'en accomodent nettement mieux. Le risque de problème est ainsi accru avec un  Lévrier, un Bouvier, un Dogues, un chien de berger, mais aussi par exemple un Rottweiler, un Saint-Bernard, un chien de Saint-Hubert ou encore un chien de montagne des Pyrénées. Évidemment, chaque individu est différent, et la race d’un chien ne détermine pas forcément son caractère et son comportement. Cependant, si vous possédez un chien appartenant à une race réfractaire au changement, il est nécessaire de prendre davantage de précautions.

 

Pour autant, un chien équilibré s’attache normalement davantage aux personnes de son entourage qu’aux endroits, contrairement par exemple au chat. Par conséquent, veiller à être un bon maître pour son chien, c'est-à-dire adopter de manière générale un comportement équilibré avec son animal, en prenant en compte et ne négligeant aucun de ses besoins physiques et affectifs, peut grandement contribuer à réduire au maximum les effets indésirables d’un déménagement, puisque la seule présence du maître suffira grandement à apaiser le chien.

 

En cas de problème de comportement à la suite d'un déménagement, la première chose à essayer est de reprendre avec lui les notions d’éducation canine de base. Par exemple, pour un chien qui aurait perdu le sens de la propreté une fois arrivé dans son nouvel environnement, fonctionner avec des récompenses et des sorties plus fréquentes pendant un certain temps pourrait être suffisant pour le remettre sur le droit chemin. Mais si les mauvais comportements persistent plus de trois semaines, mieux vaut faire appel aux services d’un comportementaliste canin. Il est crucial de ne pas attendre trop longtemps, au risque de voir les mauvaises habitudes s’ancrer profondément dans l’esprit et le quotidien de l’animal.

La sécurisation du nouveau logement

La sécurisation du nouveau logement

Les visites précédant le déménagement peuvent être l’occasion de déceler d’éventuels problèmes dans la nouvelle maison, afin d’y remédier rapidement avant que le chien n’y soit définitivement installé.

 

De nombreuses questions sont donc à se poser pour assurer la sécurité future de votre compagnon... Par exemple, est ce que le jardin présente une faille quelconque qui permettrait une fugue ? Présente-t-il des éléments dangereux pour la santé de l’animal (champignons vénéneux, fruits ou plantes toxiques pour le chien, etc.) ? Est-ce que la maison est sécurisée en tous points ? Au même titre qu’il est indispensable de sécuriser le nouveau logement en cas de présence de jeunes enfants, tout propriétaire de chien doit veiller à sécuriser son futur nouvel environnement. En effet, les risques d'accidents domestiques pour les chiens sont multiples, et un déménagement remet beaucoup de choses à plat en la matière.

 

Les risques existent aussi pour les personnes extérieures. Si le chien attaque le facteur la première fois qu'il rencontre les nouveaux occupants, ce n'est pas forcément la meilleure façon de faire connaissance. Sans parler du cas où le chien mord un enfant du voisinage après s'être enfui du jardin en réaction au stress causé par le déménagement...

La découverte du nouveau logement

La découverte du nouveau logement

Aller voir la nouvelle demeure avant le déménagement peut aussi être bénéfique pour le chien, sous réserve de respecter certaines conditions. En effet, une grande maison vide remplie d'échos peut être angoissante pour l'animal. Mais, plus le maître affichera une attitude positive et calme, plus le chien se sentira en sécurité et établira une association positive avec ce nouvel environnement. Il est important au demeurant de ne pas le brusquer pour cette première visite, mais plutôt de lui laisser faire sa propre exploration à son rythme. S’il se montre nerveux et réticent à explorer les lieux, il peut être judicieux d’avoir emporté quelques-unes de ses friandises pour chien préférées, et de les lancer au sol afin de l’orienter et le motiver à faire le tour complet de l’habitation.

 

De fait, trois éléments sont essentiels à la stabilité du chien : se reposer, se nourrir et faire ses besoins. La première chose à faire lors de la visite initiale est donc de lui montrer où il peut faire ses besoins, pour éviter qu’il angoisse devant l’absence de règles clairement établies et pour éviter de malheureux accidents... Puis, si la situation le permet, installer un coin douillet avec son lit pour chien, son os à mâcher et ses jouets pour chien lui permettra de retrouver visuellement ses repères. De plus, si le déménagement se fait graduellement ou si des travaux sont nécessaires avant l’emménagement définitif, cet endroit de repos permettra au chien de se reposer en terrain familier pendant que son maître est occupé autre part dans la maison.

 

En tout état de cause, mieux vaut limiter la durée des premières visites dans le futur nouvel endroit. Si le maître constate que son chien devient anxieux, il peut tenter de le rassurer en le flattant et en lui parlant calmement. Mais si rien n’y fait, il ne sert à rien d’insister. Il est préférable de simplement partir et de l'occuper à autre chose, comme déguster une friandise, s’amuser avec son jouet favori ou avec son maître, ou encore emmener son chien en balade dans un endroit familier et apprécié. Lorsque tout le mobilier sera déménagé et la transition complétée, l’adaptation se fera potentiellement plus facilement. Rien ne sert de précipiter les choses...

Le changement d'environnement lié au déménagement

Le changement d'environnement lié au déménagement

La nature du changement éventuel de cadre de vie joue un rôle important dans l’intensité du stress du chien lors d’un déménagement. Par exemple, il n’y a pas que pour le maître que quitter les grands espaces, le calme, les bruits et les odeurs de la campagne, pour découvrir la promiscuité de la ville, ses rues animées et bruyantes, ses trottoirs, ses ascenseurs et autres particularités, peut constituer une énorme source d’anxiété : il en va de même pour le chien ! En outre, la surveillance renforcée que nécessite la ville, et en particulier le fait de devoir tenir son chien en laisse, peut effrayer - voire révolter - un maître habitué à laisser son chien gambader librement... mais aussi l'intéressé lui-même ! À l’inverse, un chien ayant toujours vécu en ville, habitué à être constamment tenu en laisse, pourrait avoir des problèmes de gestion émotionnelle face au grand air et à la liberté de la campagne.

 

Pour bien préparer le chien à ce changement d’environnement, il est recommandé, dans la mesure du possible, de l'emmener faire le plus de balades possibles dans son futur nouveau lieu de vie au cours des semaines précédant le déménagement. Ceci lui permet de prendre connaissance des odeurs et de la configuration de cet endroit nouveau et de le rassurer dans ses sentiments d’appartenance et de sécurité à partir du jour J : il ne se retrouvera pas du jour au lendemain en terra incognita.

La préparation des cartons du déménagement

La préparation des cartons du déménagement

Plus un déménagement est précipité, plus il est stressant pour le chien. Mieux vaut donc étaler sur plusieurs semaines les préparatifs. Commencer par emballer les objets ne servant pas au quotidien ou qui ne sont pas de saison et mettre les boîtes dans une pièce fermée permet d'avancer dans les préparatifs sans que rien ne soit vraiment ressenti par l’animal.

 

L’important est de laisser déballés jusqu’à la dernière minute les objets indispensables pour un chien, tels que ses jouets préférés, son couchage, sa couverture, sa gamelle, sa cage de transport, sa brosse de toilettage, sa laisse...

 

Prendre le temps de faire régulièrement des pauses pendant la préparation des cartons pour jouer avec son chien et lui démontrer son affection l’aidera à accepter le changement imminent. De façon générale, le plus important est de conserver la routine, que ce soit pour les balades ou pour les repas : respecter l’heure des balades et ne pas changer de nourriture dans les jours qui précèdent et dans ceux qui suivent le déménagement lui permettra de conserver au moins ces repères-là.

Où mettre son chien pendant un déménagement ?

Où mettre son chien pendant un déménagement ?

Voici arrivé le jour J. Au vu de la multitude de tâches à accomplir et du nombre élevé d’impondérables possibles, mieux vaut carrément retirer le chien de la zone d’action. En effet, il est préférable pour tout le monde de ne pas s’encombrer du chien durant la journée d’activité intense qu’est celle du déménagement, ne serait-ce que parce que toute cette effervescence ne pourrait qu’être angoissante pour lui, sans parler du risque qu’il soit blessé par inadvertance.

 

Mieux vaut donc le confier la veille à une personne de confiance - dans l’idéal quelqu’un l’ayant déjà gardé auparavant, pour éviter qu’il ne soit trop déboussolé. L’idéal est de prévoir le coup en identifiant cette personne quelques semaines à l’avance et en faisant des séjours "test" chez elle avant le grand jour, de manière à établir pour le chien une certaine routine dans ce nouvel endroit, et s'assurer d’une bonne relation entre le chien et le gardien. En outre, être prévoyant et s'assurer de disposer d'une solution de repli (autre personne ou pension pour chien) dans le cas où la première se désisterait à la dernière minute permettra d’éviter bien des situations compliquées...

 

S’il est impossible de confier son compagnon à une personne de confiance ou à une pension le jour J, mettre son chien dans une cage d'intérieur dans la maison reste la meilleure option.

 

Celle-ci doit être vue comme une chambre confortable, un endroit de retrait et de repos. On peut y mettre une couverture et un jouet pour chien afin d'assurer le confort de l'animal et lui permettre d’occuper son temps à mâchouiller. Un linge imprégné de l’odeur de son maître peut aussi aider à le rassurer. La cage doit être placée dans un endroit calme, loin du va-et-vient du déménagement, pour éviter qu’elle ne soit bousculée ou enjambée. L’idéal est d’éviter pour autant de couper tout contact, en réussissant à mettre la cage à l’écart tout en permettant au chien d’entendre la voix de son maître. Celui-ci pourra le rassurer tout au long du déménagement, en lui parlant sur un ton calme et positif dès qu’il en a l’occasion, tout en continuant ses occupations. Il n’est pas forcément nécessaire de rallonger le déménagement en faisant de multiples pauses pour parler au chien : le simple fait d’entendre la voix de son maître, même à distance, diminuera ses craintes.

 

Une autre solution est de mettre le chien dans une pièce vide (pour éviter qu’il ne mâchouille nerveusement boîtes et meubles) et éloignée du bruit.

 

En tout état de cause, quel que soit le lieu choisi, la présence de ses objets favoris, tels que son couchage et son jouet préféré, ainsi que d’une couverture ou d’un foulard imprégné de l’odeur de son maître, peuvent grandement contribuer à le rassurer et diminuer son anxiété.

 

Quoi qu’il en soit, il n’est pas recommandé de laisser le chien en liberté le jour du déménagement. Non seulement le risque de blessures du chien est réel, mais il y a aussi le risque qu’il s’en prenne aux déménageurs. Si l’un d’eux venait à être mordu ou blessé, cela perturberait un peu les plans, voire pourrait conduire à une condamnation du maître pour négligence... La présence d’enfants n’est pas non plus souhaitable, car leur excitation et leurs cris pourraient aggraver l’anxiété de l’animal.

 

Il ne faut pas oublier en effet que même le plus placide et amical des chiens peut être amené à adopter des comportements inhabituels et imprévisibles, potentiellement dangereux, lorsqu’il subit un évènement aussi perturbant qu’un déménagement. Un chien généralement sans histoire pourrait se mettre à mordre sans raison, voire à s’évader à peine arrivé dans le nouveau logement, pour tenter de « rentrer chez lui »... Mieux vaut donc ne pas prendre le risque de laisser le chien en liberté le jour J.

Le trajet du déménagement avec un chien

Le trajet du déménagement avec un chien

Le changement du lieu de résidence implique peut-être une autre source de problème : la distance. Si le chien n’est pas familier avec les longs voyages en voiture, le trajet risque de présenter une source supplémentaire d’angoisse pour lui. Habituer son chien à la voiture quelques semaines en amont du déménagement peut alors grandement contribuer à diminuer son stress le jour venu.

 

Si un long trajet en voiture est nécessaire pour rejoindre le nouveau logement, mieux vaut prévoir de prendre un véhicule que le chien connaît, dans lequel il est habitué à voyager et est installé confortablement. En tout état de cause, le faire voyager en voiture implique de respecter certaines règles (notamment quant aux équipements nécessaires pour transporter un chien en voiture) et bonnes pratiques.

 

Il est recommandé par exemple de lui permettre de disposer de son jouet préféré et de cesser de le nourrir au moins deux heures avant le trajet, pour éviter tout problème d’estomac. En cas de mal des transports du chien, des médicaments sans danger existent : il ne faut pas hésiter à s'adresser au vétérinaire en amont du déménagement, afin qu'il lui en prescrive.

 

Enfin, si le trajet dure plusieurs heures, il faut prendre le temps de faire des pauses à intervalles réguliers (toutes les 2 heures environ) pour lui permettre de faire ses besoins, mais aussi de se dégourdir les jambes et d'évacuer son anxiété en courant au grand air. Il convient alors toutefois de toujours le tenir en laisse, pour éviter tout risque de retrouver le chien percuté par une voiture ou tout autre véhicule.

Les jours qui suivent un déménagement

Les jours qui suivent un déménagement

Une fois l’épreuve du déménagement lui-même franchie, il ne faut pas pour autant relâcher sa vigilance. Parfois, c’est là que les ennuis commencent...

 

Il convient ainsi d'être particulièrement prudent les premiers jours avec les objets dangereux non rangés. Il est si rapide par exemple pour un chien d’avaler un petit objet sorti par mégarde d’une boîte… Comme pour le jour du déménagement, la cage d'intérieur du chien peut s’avérer très utile pour ces premières journées d’emménagement : le chien y est en sécurité, et le maître est tranquille pour ranger rapidement et efficacement. C’est d’autant plus vrai qu’il est important que la maison retrouve un état normal le plus rapidement possible.

 

Quoi qu’il en soit, il faut garder en tête que le temps d'adaptation du chien à un nouvel environnement est généralement d'environ trois semaines. Pendant ce temps, il faut faire preuve de patience et ne pas être trop strict avec lui. On peut par exemple, les premiers jours, lui accorder des petites faveurs auxquelles il n'aurait pas droit en temps normal - sans pour autant tomber dans l’abus, au risque de voir de mauvaises habitudes s’installer sur le long terme. Par exemple, les toutes premières nuits, il n'est pas recommandé de laisser le chien seul dans une pièce qui lui est encore inconnue. En effet, l’isolement et les bruits nouveaux (amplifiés par le silence nocturne) peuvent être très angoissants pour lui. Il est préférable de le faire dormir près de soi pendant quelques nuits, installé dans son couchage habituel, que ce soit dans la chambre elle-même ou près de la porte de celle-ci. Mais pas question d’aller jusqu’à lui permettre de carrément dormir dans le lit des maîtres s’il n’en a pas l’autorisation habituellement.

 

De façon générale, comme l’isolement est une source d’anxiété pour les chiens (a fortiori pour un chien très proche de ses maîtres), il est préférable de rester près de lui les premiers jours suivant le déménagement. Pourquoi ne pas profiter par exemple d’un ou deux jours de congé pour remettre la maison en ordre le plus rapidement possible et emmener son chien en promenade pour explorer le nouvel environnement ?

 

Par ailleurs, la routine étant primordiale pour l’équilibre du chien, il est essentiel de réinstituer dès les premiers jours suivant le déménagement une routine identique à celle qu’il avait dans l’ancien logement. Même si cela pourrait partir d’une bonne intention, ce n’est pas le moment de lui faire cadeau d’un nouveau couchage, d’un nouveau jouet, ou pire encore de changer la nourriture du chien. Le retour à une certaine stabilité et une certaine routine est ce dont il a le plus besoin après un tel bouleversement. Si cadeaux il doit y avoir, ils seraient plutôt à donner pour récompenser son chien au bout d'un mois de bonne adaptation de sa part et de reprise d’un comportement normal.


Par ailleurs, pour limiter les troubles liés à la séparation en cas d’absence, le mieux est de placer le chien dans une pièce calme de la maison, loin du bruit de la rue et des voisins. Bien fermer les fenêtres lui permettra d’être moins perturbé par les bruits du dehors et limitera les comportements inadaptés. Ceci sera également bénéfique pour garder de bonnes relations avec les voisins, qui n’apprécieraient pas forcément beaucoup que le premier contact avec vous soit au sujet des aboiements incessants du chien, causés par son anxiété...

 

En tout état de cause, vous devez être particulièrement attentif à votre compagnon durant les premières semaines suivant un déménagement. Plus que jamais, l’accès permanent à un bol d’eau fraîche est vital pour éviter la déshydratation. En effet, si le chien peut parfaitement se passer d’eau pendant quelques heures en temps normal, il le supportera moins bien, voire pas du tout, en période de stress intense, car il évacue alors plus d’eau qu'à l'accoutumée, du fait qu’il halète plus rapidement et plus souvent. Par ailleurs, s’il cesse de manger ou de boire pendant plus de deux jours, une visite chez le vétérinaire s’impose. Garder à la maison un stock de nourriture et de médicaments suffisant pour une semaine permet d’éviter les mauvaises surprises, le temps de s’habituer aux commerces du secteur. Enfin, les risques de blessures étant accrus du fait des réactions imprévisibles du chien dans son nouvel environnement, il convient de disposer à portée de main d'une trousse de secours pour chien contenant divers produits de base, tels qu‘une muselière, de la gaze, des serviettes, une couverture, du ruban adhésif à bandage et du peroxyde, en plus des coordonnées du vétérinaire.

Quand le chien ne peut pas suivre lors d'un déménagement...

Quand le chien ne peut pas suivre lors d'un déménagement...

Il arrive malheureusement qu’un déménagement soit causé par une situation extrême, telle qu’une maladie nécessitant une relocalisation en centre de soins, une mutation professionnelle, une séparation ou un divorce du couple, ou encore un décès. Or, dans certains cas, il est impossible de garder l'animal.

 

Il est alors évidemment hors de question d’abandonner son chien sur une route, dans une forêt ou aux portes d’un refuge hors des heures d’ouverture. Ces abandons sont d’ailleurs hors-la-loi et passibles d’amendes.

 

Le mieux est de trouver une famille aimante et sérieuse qui puisse continuer de lui donner la même qualité d’amour et de soins, par exemple en utilisant son réseau ou en publiant une annonce de don de chien. Il existe également des foyers d’accueil qui peuvent le garder temporairement le temps de lui trouver un nouveau foyer permanent. En tout état de cause, le refuge étant une expérience très traumatisante pour lui, il doit être la dernière solution envisageable, lorsqu’aucune autre n’est possible.

 

S’assurer de bien placer son chien lorsqu'il faut s'en séparer demande certes du temps et des efforts, mais lorsqu’on est en état de s’en occuper, n’est-ce-pas là la moindre des choses après tant de chemin parcouru ensemble et d’amour reçu ?

Par Émilie B. - Dernière modification : 05/06/2022.

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