USA - La nourriture pour chiens "bio" a du succès auprès des Américains

31/01/2009
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WASHINGTON — De nombreux propriétaires d'animaux domestiques ont décidé de faire mentir le dicton "c'est pas fait pour les chiens", en matière de nourriture. Aux Etats-Unis, ils sont de plus en plus à chercher des produits biologiques ou respectueux de l'environnement pour Rex et Médor.

L'entreprise Packaged Facts, spécialisée dans les études de marché, estime que les ventes de nourriture "naturelle" pour animaux ont atteint 1 milliard de dollars (712 millions d'euros) en 2007, soit 6% des ventes globales de nourriture pour animaux, et une croissance de 50% depuis 2003. Packaged Facts prévoit une croissance de 16% d'ici 2012, pour atteindre plus de 2 milliards de dollars (1,4 milliard d'euros).

Une nouvelle offre très abondante a alimenté le boom de l'industrie des produits pour animaux, dont les ventes ont atteint 43,4 milliards de dollars (30,9 milliards d'euros) en 2008, dont 16,9 milliards en nourriture (12 milliards d'euros). Dix ans plus tôt, cette industrie ne générait que 23 milliards de dollars (16,4 milliards d'euros).

Des douzaines de gammes de produits spécialisés sont apparues sur le marché récemment. Les marques traditionnelles s'y sont également mises et les cinq plus gros fabricants de nourriture pour animaux ont lancé des gammes "bio" ces dernières années. On trouve même des marques "nature" dans des grandes surfaces comme Wal-Mart.

L'attrait pour des aliments pour animaux plus sains a sans doute été alimenté par le rappel en 2007 de nourriture avariée qui avait rendu malades, ou tués, des milliers d'animaux de compagnie américains. Mais il reste des confusions sur l'étiquette. Aux Etats-Unis, il n'existe pas de définition commune des termes "naturel" ou "biologique", et la réglementation concernant la composition de la nourriture pour animaux (à la fois classique et "bio") peut varier d'un Etat à l'autre.

Quoi qu'il en soit, "la personne qui cherche des aliments sains pour elle-même se dit: 'Si c'est bon pour moi, c'est bon pour Médor"', résume Robert Ventre, président de l'Association américaine des produits pour animaux, une association professionnelle.

C'est ce que pense Liora Robinson. Après une dizaine d'années d'activité dans le domaine des animaux domestiques, en magasin et chez un vétérinaire, elle a lancé sa propre entreprise il y a trois ans. Ses boutiques croulent sous les objets "sains" pour animaux: gamelles sans plastique, médicaments homéopathiques contre le mal des transports et shampooing "bio" pour chien, entre autres.

"Je voulais un magasin où tout ce que vous pouvez trouver sur les étagères soit sain pour votre animal", dit-elle. "Je savais que ça existait pour les gens. Au fond de moi, je savais que c'était nécessaire pour les animaux".

Peggy Lynn Steck n'hésite pas à faire un grand détour pour acheter chez Liora Robinson certaines marques de nourriture pour Jasmine, son épagneul. "C'est bon pour sa digestion", assure-t-elle. "Avant, on avait un labrador qui était toujours en surpoids. Jasmine est en forme, elle est très énergique. J'ai noté une grande différence".

Mais cette tendance aux produits "bio" pour les animaux peut aussi se résumer à une préférence personnelle. Certaines personnes peuvent manger de la "junk food" tous les jours et vivre jusqu'à cent ans. Manger sain n'a pas le même effet sur la santé de chacun. Il en va de même avec les animaux.

Les animaux ont toujours besoin d'aliments spécifiques et non pas d'un régime pour humains, met ainsi en garde Joe Wakshlag, professeur assistant de nutrition clinique au Collège de médecine vétérinaire de l'université Cornell. L'une des tendances actuelles, qui consiste à ajouter des légumes ou des baies à la nourriture pour animaux, peut être séduisante, mais les bienfaits de tels ingrédients pour les animaux sont douteux, estime-t-il.

"Certaines personnes pensent qu'il n'y a pas de problème à nourrir un caniche avec uniquement du poulet", ajoute M. Wakshlag. "Mais ça pose problème. Vous pouvez définir vous-même le régime alimentaire de votre animal, mais appelez d'abord (...) votre vétérinaire".