Alimentation du chien : concilier civisme, diététique et économies, c'est possible !

Quel rapport peut-il bien y avoir entre l'alimentation du chien et notre civisme ? C'est pourtant ce qui ressort d'une étude menée sur la problématique des déjections canines dans l'espace public et ce qui les cause, l'alimentation.

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50 à 70% de déjections en moins

Si l'on observe l'alimentation des chiens, 4 animaux sur 5 seraient nourris avec des croquettes, de tous types (vétérinaires, bio, végétariennes, etc.). L'étude de leurs déjections montre qu'elles correspondent à 30 à 50% du poids ingéré, quel que soit le type ou la « qualité » de la croquette utilisée. Ce test peut d'ailleurs être fait chez soi en ramassant et pesant les déjections (sur 24 heures) de son chien, plusieurs jours de suite pour avoir une moyenne. 


Un chien bien nourri, lui, produit entre 10 et 15% de déjections par rapport au poids ingéré. C'est d'ailleurs un ratio que l'on retrouve chez de nombreux carnivores et canidés, le loup en particulier.

Ainsi, un chien bien nourri produirait 50 à 70% en moins de déjections, ce qui serait un geste majeur et ô combien civique pour notre environnement. De plus, ces déjections sont beaucoup plus rapidement bio-dégradées (durcissement, effritement), sans presque de développement microbien ou parasitaire, qui nécessitent un milieu chaud et humide. Sans compter la quasi absence d'odeurs nauséabondes lors de nos promenades.

Quelle alimentation donner à votre chien ?

Quelle serait alors la formule magique et pratique pour obtenir ce bénéfice individuel et collectif ? 


D'abord, cesser les croquettes, quel qu'en soit le type, pour d'autres bonnes raisons également.

Ainsi, 80 à 85% des chiens développeraient une maladie parodontale (plaque dentaire) après l'âge de trois ans, qui peut avoir des conséquences très graves sur la santé de l'animal. Le processus même de fabrication des croquettes les rend friables et leur mastication tend à en déposer la poudre le long des gencives, collée de plus par la production de mucus (corps gras dans la gueule). C'est d'ailleurs une erreur grave que de favoriser la mastication chez le chien, qui n'est absolument pas conçu pour cela en terme de mâchoire et de dentition. On pourrait alors les humidifier, ce qui ne changerait pas grand-chose (pâtée), surtout au niveau des déjections.

La seule chose qui pourrait éviter cette plaque dentaire serait de donner au chien des os ou des corps durs à broyer, mais surtout adaptés à sa gueule, c'est-à-dire ni trop gros, ni trop petits. Certains peuvent avoir peur de donner des os ; il est alors très facile et très peu onéreux d'en « fabriquer » soi-même, plus efficaces que tout « bâtonnet » ou corps plastique prétendant l'éviter. Et surtout plus sain.

Est-ce que donner des os ou corps durs après un plat de croquettes aurait le même effet ? Peut-être, mais sans rien changer au poids des déjections, qui représente quand même un joli pactole jeté par la fenêtre, à une époque où la moindre économie peut faire la différence.

A titre d'exemple, il est possible de nourrir un Bouvier des Flandres de 40 kilos, âgé de 7 ans, en pleine forme et santé, pour moins de 40 euros par mois, tout compris. Et cela ne prend pas plus de 30 minutes par semaine pour lui préparer une semaine de repas. Autant dire que même le côté pratique de la croquette ne se justifie plus vraiment.

Pour cela, on peut préparer du riz cuit, des légumes blanchis et de la viande crue (ou abats), en bâtonnets ou dés assez gros, que l'on fait congeler. Il ne reste alors plus qu'à sortir la ration journalière, et on peut même lui donner sans la décongeler. Une carotte blanchie ou un bâtonnet de viande donné congelé va presque avoir le même effet qu'un os pour le nettoyage de sa gueule. De toute façon, entre ça et rien, la question ne se pose même pas, et chaque chien devrait avoir chaque jour des corps durs à broyer (et non pas à mastiquer).

A noter pour les anti-céréales que le riz n'est pas indispensable et peut être évité. Mais si une céréale et une seule peut convenir au chien, c'est bien celle-là, tant les protéines qu'elle comporte sont les meilleures de toutes les céréales (le soja devant être évité à tout prix).

Pour faire encore plus pratique, on peut alors utiliser de nombreux produits surgelés, dès lors qu'ils ne sont pas cuisinés. Et profiter par exemple de promotions sur les ailes de poulet, la queue et les pieds de porc, le mou ou d'autres, pour constituer des stocks au congélateur et les donner tels quels le moment venu.

Et pourquoi ne pas cultiver un bout de son jardin pour son chien, puis blanchir les légumes et les congeler ? Certaines épluchures et parages de viande peuvent aussi être mixées et formées en boulettes données congelées.

Quant aux pêcheurs, ils peuvent congeler des prises sans les vider, et les donner ensuite congelées. Les arêtes et barbillons étant devenus cassants par la congélation, le risque que le chien se blesse avec est alors quasi inexistant. Le poisson devient alors aliment et corps dur à la fois, avec tous les bienfaits que cela peut comporter.

Quel équilibre alimentaire pour votre chien ?

Quel serait le bon équilibre diététique, argument souvent avancé pour nous vendre des produits industriels pour nos chiens ? 

Là encore, cette étude donne des résultats surprenants. En effet, le « meilleur » équilibre alimentaire serait le « déséquilibre » alimentaire.

C'est d'ailleurs le propre des carnivores qui mangent ce qu'ils trouvent, pas forcément ce dont ils ont besoin. Si le chien est le plus ancien animal domestiqué par l'homme, des milliers d'années avant tout autre, ce n'est que depuis peu que sont avancés des chiffres « diététiques », sur lesquels personne n'est d'ailleurs d'accord, souvent donnés par les industriels eux-mêmes. Il y a encore peu, le chien était nourri de tout et de rien, et ce n'est pas l'alimentation industrielle qui a amélioré son état de santé.

En effet, 7 à 10% seulement des chiens seraient considérés comme parfaitement en bonne santé, et ce sont surtout les avancées dans le domaine des soins vétérinaires qui leur permettent de faire face ou survivre à de nombreuses pathologies nettement plus rares chez un chien bien nourri. Des pathologies souvent en lien direct avec son alimentation.

Soyons clairs, le chien n'est pas un omnivore ni ne doit être nourri avec n'importe quoi. Par contre, alterner les produits en fonction des denrées disponibles en saison ou en promotion l'aidera à beaucoup mieux synthétiser les protéines, vitamines et nutriments, et en tirer le meilleur bénéfice. On remarquera alors que changer de type de viande et abats, de légumes ou de marque de riz, sans aucune transition préalable, ne lui produira aucun dérèglement digestif (diarrhée par exemple), alors que c'est presque la règle avec tous types de croquettes.

Pour finir, il y a bien sûr d'autres points qu'il faudrait souligner, comme la déshydratation provoquée par les croquettes, l'homéothermie (pelage et peau), le fonctionnement rénal spécifique du chien, les papilles gustatives, etc. Il serait un peu long, ici, de vouloir tout aborder. Espérons seulement que cet article vous aura sensibilisé aux conséquences importantes, tant sur le plan individuel que collectif, d'une alimentation inadaptée. 

Dernière modification : 07/01/2016.
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Auteur

Eric Laborde

Auteur du livre Bonne bouffe, bon chien.

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