Canada - Thérapeutes à poils cherchent familles d’accueil

25/01/2008
Partager :  

Ils arrivent à 7h30 ou 8h pour le déposer. Ils repassent en fin de journée pour le reprendre. Des parents qui amènent Junior à la garderie ? Pas du tout. Des bénévoles qui ont décidé se s'engager auprès de Zoothérapie Québec en devenant famille d'accueil pour un thérapeute poilu qui se déplace à quatre pattes !

C'est le psychologue américain Boris Levinson qui, à la fin des années 1950, s'est intéressé au rôle bénéfique de l'animal auprès de personnes vulnérables, des personnes malades, en perte d'autonomie. Fondé en 1988, l'organisme Zoothérapie Québec offre des programmes d’intervention et de prévention où l’animal de compagnie est utilisé comme agent de stimulation, de motivation et de renforcement auprès de gens de tous âges et de toutes conditions : des aînés, des enfants handicapés, etc. En 2007, l'organisme situé dans Villeray a desservi 74 établissements, explique la directrice des activités clinique chez Zoothérapie Québec, Annie Bernatchez.

«Le chien est notre instrument de travail», indique Mme Bernatchez. L'équipe de thérapeutes est constituée de plus d'une trentaine de bêtes de race et de gabarit divers. Il y a du roulement. Des chiens «prennent leur retraite». Des familles d'accueil déménagent. On fait l'acquisition de nouvelles bêtes pour répondre aux besoins croissants. Or, l'organisme n'est pas un chenil. Il a donc un constant besoin de familles d'accueil.

Rien de parfait en ce bas monde ? Pas sûr. Quand on est famille d’accueil, on bénéficie de la présence du chien mis en adoption le soir et le week-end. On s'engage à le mettre à la disposition de l’organisme pour ses heures de travail du lundi au vendredi, généralement de 9h à 17h. En échange, Zoothérapie Québec s’engage à assumer les dépenses reliées à son entretien : nourriture, entraînement, toilettage, soins vétérinaires. L'organisme offre aussi du support 24 heures sur 24, des cours d'éducation canine, etc.

Des familles sont engagées depuis plusieurs années. «On a des gens très stables qui nous entourent», souligne Mme Bernatchez. C'est le cas de Régis Laforest et François Ross, famille d'accueil depuis sept ans.

En 2001, la sœur de M. Laforest est devenue famille d'accueil pour Lancelot, un sympathique terrier blanc aujourd'hui âgé de 7 ans. Au bout d'un moment, ne pouvant plus s'en occuper, Régis et François ont décidé de prendre le relais. «C'était l'occasion d'avoir un westie pure race sans frais !», disent-ils. Le bonheur. «Lancelot s'est inséré facilement dans notre quotidien», signale François Ross. Une expérience heureuse au point où la famille s'est agrandie peu de temps après avec Kelly, une jeune chienne – un cairn terrier, ancêtre du terrier blanc – âgée de 5 ans.

Pour Régis Laforest, le rôle de famille d'accueil n'a que des avantages. Il souligne particulièrement le fait que l'animal est pris en charge durant la journée alors que tout le monde est au boulot. «Sinon, le chien serait enfermé toute la journée», dit-il.

«Ç'a pris énormément de place dans notre vie. On y trouve notre compte», lance François Ross avec un large sourire.

Le plaisir que procure la présence de ces compagnons, c'est déjà quelque chose en soi, s'entendent pour dire Régis et François. Et quand on ajoute à cela le fait qu'il s'agit de chiens qui servent d'outils thérapeutiques afin d’augmenter le bien-être de personnes handicapées physiquement ou intellectuellement, de personnes âgées en perte d’autonomie ou esseulées, de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale… «C'est un plus. On a énormément de fierté», signale François Ross.
par André Desroches

Pour toute information, on appelle au 514 279-4747, on écrit à [email protected] ou on visite le www.zootherapiequebec.ca.

Photo :
Lancelot et Kelly, deux thérapeutes à quatre pattes de Zoothérapie Québec qui ont trouvé une famille d'accueil chez François Ross et Régis Laforest. (Photo: Jacques Pharand)