Adopter un chien dans un refuge animalier

Adopter un chien dans un refuge animalier

N'achetez pas, adoptez ! Adopter un chien de refuge est une preuve de générosité. C'est accueillir un animal qui a souffert pour lui redonner une chance d'être heureux. 


Le choix dans les refuges est grand, de sorte que vous pourrez choisir le chien qui vous correspond au mieux : à poil court ou à poil long, jeune ou au contraire d'un certain âge, d'une race en particulier ou à l'inverse sans pedigree, etc.


Comment se passe l'adoption d'un chien dans un refuge ? Que faut-il faire avant, durant et après l'adoption ?

Les démarches avant d'adopter dans un refuge

Bien réfléchir avant d'adopter un chien dans un refuge

Bien réfléchir avant d'adopter un chien dans un refuge

Les raisons pour adopter un chien dans un refuge ne manquent pas, de sorte que nombreux sont ceux qui, désireux de faire une bonne action, décident de sauter le pas. Il est vrai qu'en plus, les frais correspondants sont relativement faibles comparés aux autres moyens d'adopter.

 

Pour autant, l'engagement moral nécessaire reste très important. Il ne faut pas oublier qu'une adoption nécessite un investissement personnel et financier important sur une longue période. Par exemple, il faut réfléchir à l'organisation des vacances avec un chien, et garder en tête qu'il faudra le promener plusieurs fois par jour, par tout type de temps, et ce même si on possède un jardin.

 

De plus, les frais de santé d'un chien peuvent vite être élevés s'il est malade, entre le coût du vétérinaire et celui des médicaments. Les dépenses liées à l'alimentation non plus ne sont pas données, en particulier avec un chien de grande taille ou qui nécessite un régime spécial. Enfin, un animal n'est pas un objet, mais un être vivant qui a lui aussi son caractère, ses besoins, y compris celui d'aimer et d'être aimé, et d'avoir un bon maître. Pendant dix à quinze ans, vous serez tout pour lui !

 

Il est donc important de se poser les bonnes questions avant d'adopter un chien, et cela vaut d'ailleurs quel que soit le moyen par lequel on adopte. La question se pose simplement un peu plus dans le cas d'un refuge, car le pauvre animal a déjà subi une séparation douloureuse. Pas question donc de s'engager à la légère et de se rétracter ensuite, car rien ne serait plus cruel que d'abandonner un chien qui a déjà eu le malheur de connaître un tel déchirement... Il lui faut au contraire encore plus de temps et d'amour qu'un chien lambda pour réussir à reprendre confiance et devenir le compagnon dont vous avez toujours rêvé !

Prendre le temps de se renseigner auprès du refuge

Prendre le temps de se renseigner auprès du refuge

Si vous avez craqué pour un petit rescapé, ne vous précipitez pas pour l'adopter : prenez d'abord le temps de vous assurer que le coup de foudre est réciproque et que vous êtes faits pour vous entendre. Nombreux sont les adoptants impulsifs qui se rendent compte au bout de quelques jours qu'ils se sont peut-être engagés un peu vite...

 

Pour éviter les mauvaises surprises, allez d'abord régulièrement au refuge avant de procéder à l'adoption définitive, et observez votre futur compagnon : en quelques visites, vous saurez si vous êtes compatibles ou non. Si vous possédez déjà un chien, amenez-le avec vous au refuge, si c'est possible : c'est le meilleur moyen de savoir si les deux congénères auront une chance de s'entendre.

 

Prenez aussi le temps d'échanger avec les bénévoles du refuge, qui sont ceux qui connaissent le mieux leurs animaux. Parlez-leur de votre situation et de vos attentes : ils vous aideront à savoir si le compère qui vous fait craquer correspond réellement à votre personnalité, votre style de vie et votre budget. Ils vous fourniront aussi un dossier complet sur le chien choisi, qui précise ses conditions d'arrivée à l'établissement et inclut une fiche sanitaire permettant de mieux connaître ses besoins et d'éviter de mauvaises surprises concernant les futures dépenses.

Les formalités administratives pour adopter en refuge

Les formalités administratives pour adopter en refuge

Après avoir rendu plusieurs visites à l'élu(e) de votre coeur et vous être renseigné auprès du personnel du refuge, il est temps de signer les papiers et de donner une seconde chance au chien que vous avez choisi.

 

Il faut savoir que le but premier des refuges n'est pas de vendre, mais bien de garantir le bien-être de leur pensionnaire même après son adoption, de sensibiliser le futur maître face à ses nouvelles responsabilités, et de lutter contre la surpopulation animale. Par conséquent, les justificatifs qui sont demandés pour adopter un chien dans un refuge sont plus nombreux.

 

Les formalités peuvent varier d'un établissement à l'autre, mais en général, les documents qui peuvent être requis sont :

  • une pièce d'identité ou un passeport en cours de validité ;
  • un justificatif de domicile de moins de 3 mois (quittance de loyer, facture originale...) ;
  • un justificatif de revenus (avis d'imposition, fiche de paie...) ;
  • un extrait de casier judiciaire dans certains cas, par exemple pour les chiens catégorisés comme dangereux ;
  • éventuellement, une attestation civile.

 

De plus, la signature d'un contrat d'adoption est souvent nécessaire, dans le but de responsabiliser le futur maître. Le document atteste ainsi de l'engagement pris à la fois vis-à-vis du chien et du refuge.

 

Enfin, une participation financière aux frais engagés est également requise le plus souvent, dans le but de permettre à l'association de continuer à s'occuper des animaux dont elle a la charge. Mais c'est aussi une façon d'impliquer l'adoptant : l'animal ne lui est pas offert. Le prix pour adopter un chien dans un refuge est généralement compris entre 100 et 300 euros : il dépend évidemment de chaque établissement, mais aussi de l'âge du chien (plus il est jeune, plus il est cher), de son pedigree, et de s'il est stérilisé/castré ou non. Adopter dans un refuge coûte donc généralement bien moins cher qu'adopter un chien auprès d'un éleveur ou d'une animalerie.

L'engagement vis-à-vis du refuge animalier

L'engagement vis-à-vis du refuge animalier

Des membres du refuge peuvent se déplacer jusqu'à chez vous afin de rendre visite au chien adopté et vérifier que les conditions du contrat sont bien respectées. Par conséquent, en cas de changement de domicile et/ou de numéro de téléphone, vous êtes tenu de leur communiquer vos nouvelles coordonnées.

 

S'il s'avère que le chien n'est pas bien traité, l'association se réserve le droit de vous le retirer : c'est pourquoi la personne qui s'en occupe au quotidien doit être la même que celle qui l'adopte. Bien entendu, les mineurs doivent être accompagnés de leurs parents.

 

Enfin, il faut savoir que vous n'êtes en aucun cas autorisé à vendre ou donner le chien : si jamais vous ne pouvez plus le garder pour une quelconque raison, vous avez l'obligation de le restituer à l'association auprès de laquelle vous l'avez recueilli.

S'occuper d'un chien adopté dans un refuge

La plupart des chiens de refuges sont déjà propres et équilibrés, et ils possèdent les bases en termes d'éducation : cela rend la tâche moins ardue pour le nouveau maître. Pour autant, il ne faut pas oublier que le malheureux animal a déjà vécu une séparation par le passé et qu'il peut avoir gardé des traumatismes de cette époque. Il faut donc savoir se montrer patient et l'aider à reprendre confiance.

Les formalités de base après l'adoption dans un refuge

Les formalités de base après l'adoption dans un refuge

Une fois l'adoption dans le refuge finalisée, il faut avant toute chose se lancer dans les démarches à faire après avoir adopté un chien, qui concernent d'ailleurs aussi les toutous issus d'élevages, d'animaleries ou de particuliers. Cela implique notamment de signaler le changement de propriétaire et d'adresse auprès de l'organisme en charge de l'identification des animaux du pays : l'I-CAD en France, Dog ID en Belgique, Amycus (ex-ANIS) en Suisse, etc.

 

Sur le plan de la santé, un chien de refuge est normalement a minima déjà vacciné et vermifugé : il faudra donc simplement veiller à faire ses rappels et à poursuivre le traitement antiparasitaire. Faire un contrôle de routine auprès du vétérinaire est également utile pour s'assurer qu'il est en pleine forme. S'il était encore jeune lors de son adoption, il n'est peut-être pas encore stérilisé ou castré. Dans ce cas, ce sera alors au maître d'en discuter avec le vétérinaire peu après l'adoption, si bien sûr il désire le faire opérer.

 

Ensuite, il faut se charger de l'éducation du nouveau venu. La plupart du temps, un animal de refuge est propre et possède quelques notions d'obéissance. Pour autant, il faut souvent apprendre ou réapprendre les choses basiques à son chien à son arrivée dans le nouveau foyer, comme la hiérarchie, les ordres de base, la marche en laisse... Normalement, il répond déjà à un nom, qu'il a hérité de son passé : pas de panique, vous pouvez facilement le changer si l'actuel ne vous convient pas (le nom, pas le chien !). Cela lui demandera simplement un peu de temps pour s'habituer à sa nouvelle identité. Si vous manquez d'inspiration, n'hésitez pas à consulter nos idées de noms de chien !

Avoir conscience des traumatismes des chiens de refuge

Avoir conscience des traumatismes des chiens de refuge

Les causes d'abandon de chiens sont, hélas, bien souvent les mêmes : mauvaise socialisation du chiot pendant ses premières semaines entraînant des difficultés d’adaptation à l'âge adulte, inadéquation entre ses besoins et son mode de vie, punitions fréquentes voire maltraitances, etc. Un chien de refuge a donc généralement vécu des expériences traumatisantes dans ses précédents foyers.

 

De plus, en étant abandonné puis placé en refuge, il perd tous ses repères : ses êtres d’attachement (humains ou animaux), son environnement familier, sa routine, etc. Il doit s’adapter à la vie du refuge, les allées et venues d'humains inconnus - soignants, bénévoles, visiteurs... - et de congénères aussi stressés que lui. L'odorat du chien, qui en conditions normales lui permet d'assurer sa survie, le dessert dans un tel environnement, car sa perception si fine des phéromones le projette dans un univers chargé de peurs et de tensions véhiculées par ses compagnons d’infortune, sensation d’insécurité qui le plonge dans un état d'anxiété sans fin.

 

Par ailleurs, malgré toute l’attention et les soins apportés par le personnel des refuges, les animaux y manquent globalement de promenades et d'occasions de se défouler, car les bénévoles débordés n'ont pas la possibilité de consacrer à chacun le temps qu'il faudrait.

 

Tous ces éléments font qu'il est possible de voir apparaître des problèmes comportementaux tels que :

  • une malpropreté du chien ;
  • une difficulté accrue à s'adapter même à des changements mineurs, comme une nouvelle alimentation ;
  • une anxiété de séparation du chien qui se traduit par une réaction de panique face à des situations du quotidien, car il peut se croire de nouveau abandonné (par exemple lorsque son maître s'absente pour aller faire des courses) ;
  • un comportement fugueur, car l'animal peut n'avoir qu'une seule idée en tête : retrouver son ancienne famille.

 

Si certains chiens de refuge parviennent finalement à s’adapter plus ou moins bien à leur nouvel environnement et à retrouver une vie à peu près normale, pour d’autres la rupture avec le milieu familial est vécue dans un stress permanent et quasiment irrémédiable.

Aider le chien de refuge à prendre ses marques

Aider le chien de refuge à prendre ses marques

Pour aider un chien de refuge blessé par la vie à reprendre confiance en lui-même et en l'être humain, il faut s'armer de beaucoup de patience et d'indulgence. Cela implique notamment de l'aider à prendre ses marques dans son nouveau foyer.

 

Tout d'abord, il faut savoir que le cadre de vie que vous définissez pour lui n'est peut-être pas le même que celui de son ancienne demeure : les permissions et les interdits peuvent par exemple être différents, ce qui implique potentiellement de lui réapprendre beaucoup de bonnes manières, comme s'il s'agissait d'un enfant. Punir son chien pendant cette nécessaire période d'adaptation doit donc être évité autant que possible, au risque d'accroître son stress, déjà très important compte-tenu de son vécu. Quant à ses repas, ils doivent dès les débuts lui être donnés à heure fixe, de façon à mettre en place rapidement une nouvelle routine, rassurante pour lui.

 

Il a aussi besoin d'un maître disponible pour l'aider dans cette adaptation. Par exemple, un chien de refuge peut développer facilement de l'inquiétude et du stress s'il est placé seul dans un endroit non familier. Accompagnez-le pour ses premières visites, puis une fois qu'il a pris ses marques, apprenez-lui à rester seul à la maison, mais tout en douceur : commencez par vous absenter quelques minutes, puis une demi-heure, puis une heure, etc. Ne quittez pas tout de suite la maison pour toute la journée, sous peine qu'il se croie à nouveau abandonné.

 

Toujours dans l'optique de lui éviter tout stress, le lieu de couchage du chien doit être placé dans un endroit peu fréquenté, afin qu'il puisse se reposer sans être dérangé. Ne laissez pas vos enfants l'envahir en jouant sans cesse avec lui : il a d'abord besoin de prendre ses repères avant d'être disponible pour s'amuser avec les autres membres de sa nouvelle famille.

 

Enfin, même avec un jardin à disposition, un chien a besoin d’explorer de nouveaux endroits et de flairer de nouvelles odeurs : ces stimulations sont indispensables à son équilibre, et votre compagnon issu d’un refuge en a bien besoin. Lui offrir des promenades quotidiennes est donc absolument nécessaire.

Ne pas surprotéger le chien de refuge

Ne pas surprotéger le chien de refuge

Une erreur commise par beaucoup de nouveaux maîtres ayant adopté un chien dans un refuge est de le couvrir excessivement d'attention et de câlins. Or, il est absolument nécessaire de ne pas forcer son affection : parlez-lui doucement et calmement, mais laissez-le venir de lui-même. Vous arriverez plus vite au résultat souhaité, car l'excès d'affection peut être vécu par le chien comme une agression dont il se passerait bien après avoir vécu tant de souffrances.

 

Concernant les câlins et papouilles en tout genre, ayez la main légère : quelques caresses délicates sous le cou ou sur le flanc suffisent dans un premier temps. Prenez la peine de l’observer et de voir ses réactions quand vous le caressez. Certains chiens n’apprécient pas particulièrement les contacts physiques : il faut les respecter et ne jamais faire de « forcing ». D’autres chiens très affectueux semblent en raffoler, mais même dans ce cas, il faut faire attention aux fausses interprétations ! Par exemple, un excès d’agitation peut en fait être un signal d’apaisement du chien signifiant qu'il souhaite mettre fin à la séance, mais que nous prenons généralement à tort pour de la joie. En prolongeant ces effusions affectives avec lui, nous alimentons donc malencontreusement le stress du chien.

 

Mieux vaut donc rester mesuré avec son nouveau compagnon dans un premier temps, qu’il s’agisse de caresses, de jeux ou d'interactions en tout genre. Cela lui permet de se sentir en sécurité et de comprendre que vous respectez ses envies : c'est le meilleur moyen pour qu'il ait finalement confiance en vous.

Le risque de fugue du chien de refuge

Le risque de fugue du chien de refuge

S'il y a souvent des coups de foudre entre adoptant et adopté, il se peut aussi que vous accueilliez un chien malheureux, qui a beaucoup de peine parce que ses premiers maîtres l'ont abandonné, et qui peut donc vous voir comme un obstacle l'empêchant de retourner dans son précédent foyer.

 

De fait, certains pensionnaires de refuge n'ont qu'une idée en tête : s'échapper pour retrouver leurs anciens propriétaires. Et même si votre animal n'a pas nécessairement l'intention de s'enfuir, il peut aussi se perdre s'il ne connaît pas encore bien son nouvel environnement - c'est encore plus vrai s'il a déjà un certain âge, car le sens de l'orientation du chien a tendance à s'altérer avec les années.

 

Pour cette raison, il est très important d'être particulièrement vigilant pendant les premiers mois. Prenez le temps de lui mettre un collier et un médaillon indiquant vos coordonnées, et d'informer l'organisme chargé du recensement des chiens identifiés dans votre pays que vous venez d'adopter : ainsi, il vous sera plus facile de le retrouver si jamais il venait à fuguer. De plus, pendant la promenade du chien, tenez-le d'abord toujours en laisse, même s'il semble obéissant et discipliné. Si votre jardin n'est pas clos, ne le laissez pas gambader librement et sans surveillance tant qu'il n'est pas parfaitement habitué à son nouveau domaine.

 

Si jamais malgré ces précautions votre animal vous échappe, il vous faut aviser le plus rapidement possible les associations de protection animale, la police locale, la gendarmerie, la fourrière et les autorités locales. Il existe également des astuces pour retrouver un chien perdu ou fugueur : informer ses voisins, coller des affiches, signaler la disparation auprès des réseaux sociaux... Avec un peu de chance, vous retrouverez bien vite votre petit chenapan !

Le mot de la fin

Accueillir chez soi un chien adopté dans un refuge ne demande pas forcément une grande expérience. L'important est de réussir à établir un lien de confiance : il faut pour cela faire preuve de tendresse, de patience et de dévouement afin que l'adoption se passe le plus sereinement possible. Il peut être alors judicieux de se faire aider par un comportementaliste canin, professionnel dont le métier est de guider et assister le tandem maître/chien pour que l'un comme l'autre soient heureux.

 

Cependant, il est primordial de bien garder à l'esprit que le passé du chien est lourd, et qu'il peut de ce fait être sujet à des troubles psychologiques du fait de ses expériences douloureuses. Adopter un chien est une décision nécessitant une vraie réflexion, car elle implique des sacrifices, et c'est encore plus vrai dans le cas d'une adoption auprès d'un refuge. Il ne faut en aucun cas oublier que le bonheur et la bonne santé d'un animal de compagnie dépendent beaucoup du maître : ce sont d'ailleurs surtout la récompense des efforts de ce dernier, et non l'inverse. Si l'investissement personnel requis est au-dessus de vos possibilités, mieux vaut ne pas vous encombrer d'un animal, quel qu'il soit.

Dernière modification : 08/22/2020.
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