À quel âge adopter un chiot ?

Un homme tient un chiot mignon dans ses bras

Quiconque souhaite adopter un chiot a des chances de se demander à partir de quel âge il est possible de le faire.


Si elle peut sembler facile à première vue, cette question ne l'est en fait pas réellement. En effet, même si la loi fixe un seuil, d'autres critères importants méritent d'être pris en compte et justifient parfois d'attendre un peu plus longtemps, dans l'intérêt tant de l'animal que de ses futurs propriétaires...


Quel est l'âge idéal pour adopter un chiot ? Coïncide-t-il avec l'âge légal d'adoption d'un chiot ? Pourquoi est-il potentiellement utile d'attendre un peu plus ?

Que se passe-t-il pendant les premiers mois de la vie d'un chiot ?

Un chiot blanc allongé dans le salon

Comme chez l'être humain, la croissance d'un chiot se fait en plusieurs étapes. Le déroulement de chaque d'entre elles peut varier légèrement d'un individu à l'autre, en fonction de son environnement et de la façon dont on s'occupe de lui. Néanmoins, l'évolution est la suivante :

 

  • le 1er mois, il comprend qu'il est un chien et apprend à différencier ses congénères et les représentants d'autres espèces (chats, humains...) ;

 

  • de 1 à 3 mois, il découvre son environnement et met en pratique tout ce qu'il a déjà appris ;

 

  • de 2 à 3 mois (parfois 4), il découvre le sentiment de peur et la façon de le gérer ;

 

  • le 3ème mois, il est sevré, c'est-à-dire qu'il cesse de se nourrir de lait et devient autonome de sa mère ;

 

  • entre 6 et 24 mois selon les races : il devient adolescent, et notamment pubère.

 

Ces différentes étapes sont cruciales, tout particulièrement celles qui se déroulent avant 3 mois. En effet, le chiot est alors très dépendant de sa mère et de sa fratrie pour apprendre les bons comportements à adopter, le langage canin, et les réactions à avoir dans diverses situations - notamment à l'égard d'autres espèces. Le séparer trop tôt de sa mère pourrait avoir des conséquences psychologiques importantes, voire irréversibles.

 

Pour éviter les problèmes qu'une séparation trop précoce d'avec sa mère pourrait engendrer, beaucoup de territoires imposent un âge légal en-dessous duquel il est tout simplement interdit d'adopter un chiot.

Dans de nombreux pays et territoires, la législation en vigueur interdit de vendre des chiots en-dessous d'un certain âge - le plus souvent autour de 2 mois. L'objectif est en fait de s'assurer que les animaux vendus ou donnés sont assez grands et matures pour changer de propriétaire sans que cela ait de conséquences graves sur leur santé et/ou leur équilibre psychologique.

En France, l'âge légal d'adoption d'un chiot est de 8 semaines - et non pas deux mois, comme on le dit parfois abusivement.

Comme la France, la Belgique interdit de proposer des chiots à l'adoption avant l'âge de 8 semaines.

La Suisse étant un Etat fédéral, chaque canton dispose d'une certaine autonomie en termes de législation, et peut notamment fixer lui-même l'âge minimal pour adopter un chiot sur son propre territoire. Par exemple, le canton de Genève interdit la vente ou le don de chiot avant l'âge de 9 semaines, d'après la « loi sur les conditions d'élevage, d'éducation et de détention des chiens » en date du 1er octobre 2003.

 

Il faut donc se renseigner dans le canton dans lequel on souhaite adopter pour connaître l'âge légal correspondant. Ce dernier se situe toutefois généralement autour de 8 ou 9 semaines.

Comme la Suisse, le Canada est un État fédéral, qui laisse une grande autonomie aux différentes provinces en matière de législation. Ainsi, au Québec, la loi sur le bien-être et la sécurité de l'animal en date du 1er avril 2019 interdit de sevrer un chiot (c'est-à-dire de le séparer de sa mère pour le vendre ou le donner à un tiers) avant l'âge de 8 semaines.

 

Là aussi, il convient donc de se renseigner dans sa province pour savoir si un âge légal est imposé, et si oui, à combien il se situe. Dans l'ensemble, il reste toutefois vraisemblablement de l'ordre de 8 ou 9 semaines.

Les risques d'adopter un chiot trop tôt

Même si la législation du territoire concerné permet d'adopter un chiot dès 8 ou 9 semaines (voire à n'importe quel âge, s'il existe pas de réglementation en la matière), il n'est pas forcément recommandé de le séparer de sa mère et de sa fratrie aussi tôt. En effet, cela pourrait être à l'origine de divers problèmes de comportement susceptibles de nuire à sa bonne intégration dans le foyer tout au long des mois et années qui suivent.

Un manque d'autocontrôle

Deux chiots bruns mordent le pantalon d'un homme

Lorsqu'il vient au monde, un chiot n'est pas conscient de sa force et des dégâts qu'il peut occasionner, notamment avec sa mâchoire. C'est sa mère qui le lui enseigne pendant le temps qu'il passe à ses côtés, en particulier entre le premier et le deuxième mois. Pour cela, elle n'hésite pas à le réprimander lorsqu'il chahute un peu trop ou qu'il mord trop fort, afin qu'il apprenne où se situe la limite.

 

S'il en est séparé avant qu'elle n'ait eu le temps de lui apprendre à se contrôler, le chiot ne se maîtrise donc pas forcément encore bien et peut involontairement blesser autrui en voulant par exemple simplement jouer ou communiquer. Or, si une morsure de chiot est déjà douloureuse (a fortiori pour un enfant ou un autre petit animal), celle d'un chien adulte est carrément dangereuse et peut faire de lourds dégâts.

 

Il est donc essentiel de ne pas séparer un chiot de sa mère avant que cet apprentissage ait pu avoir lieu, donc d'attendre qu'il au moins 2 mois : on évite ainsi qu'il ne devienne ensuite dangereux pour son entourage.

Une faible capacité à rester seul

Un chiot Border Collie allongé sur une couverture

À la naissance, un chiot développe des liens forts avec sa mère : c'est ce que l'on appelle l'attachement. Il s'agit d'un sentiment naturel chez les espèces dont les petits sont dépendants de leurs parents à la naissance, ce qui est notamment le cas des mammifères et des oiseaux.

 

En grandissant, le chiot gagne en autonomie : il devient peu à peu capable de trouver sa nourriture, se comporter avec ses congénères, se reproduire... Il doit alors apprendre à se détacher de sa mère, pour vivre sa propre vie. Cette phase de détachement se produit généralement vers l'âge de 10 semaines, soit une ou deux semaines après le sevrage alimentaire. C'est la mère qui lui apprend en douceur à s'éloigner, en le repoussant de plus en plus jusqu'à ce qu'il n'ait plus le réflexe de se tourner spontanément vers elle.

 

Toutefois, si le chiot est retiré brutalement à sa mère pour rejoindre un nouveau foyer alors qu'il n'a pas encore vécu cette phase de détachement (c'est-à-dire avant qu'il ait autour de 2,5 mois), la séparation peut être douloureuse à vivre pour lui. Il risque alors de développer ce que l'on appelle de l'anxiété de séparation, c'est-à-dire un comportement d'angoisse à chaque fois qu'il se retrouve seul, de peur d'être séparé de ses proches et de revivre le traumatisme de la séparation d'avec sa mère.

Un comportement craintif

Un chiot avec un air apeuré

Lorsqu'il naît, un chiot ne connaît pas encore le sentiment de peur, et n'est pas conscient des dangers qui l'entourent. Ce n'est que vers l'âge de 2 mois qu'il commence à appréhender ce qu'il ne connaît pas.

 

Pendant plusieurs semaines, entre le deuxième et le troisième mois de sa vie (voire jusqu'au quatrième pour certaines races), il apprend alors à gérer tous les types de situations nouvelles qu'il a l'occasion de rencontrer : rencontres avec des humains ou animaux inconnus, bruits forts, odeurs inhabituelles, lieux nouveaux, etc. C'est ce que l'on appelle la socialisation. Elle lui permet de cumuler de l'expérience afin de pouvoir faire plus tard la différence entre une simple situation nouvelle et une réelle menace.

 

Si cette étape n'est pas correctement réalisée, le chiot peut devenir anormalement craintif et développer des comportements de peur (par exemple une agressivité excessive) à chaque fois qu'il se retrouve confronté à quelque chose ou quelqu'un qu'il ne connaît pas : un nouveau lieu, une nouvelle personne, un nouveau son... Évidemment, cela peut nuire tant à sa sérénité au quotidien qu'à sa relation avec ses propriétaires et à sa bonne intégration au sein du foyer.

 

C'est la raison pour laquelle les éleveurs sérieux préfèrent généralement se charger eux-mêmes de cette phase cruciale qu'est la socialisation d'un chiot, plutôt que de la laisser à des adoptants pas forcément au fait des enjeux - a fortiori s'il s'agit de leur premier chien. Ce faisant, ils ne proposent leurs chiots à l'adoption qu'à la fin du 3ème mois (donc vers 12 semaines).

L'âge idéal pour adopter un chiot

Un chiot marron avec une fleur orange sur la tête

Il découle de ce qui précède qu'adopter un chiot dès 8 ou 9 semaines - voire même avant si la législation le permet - n'est pas forcément la meilleure chose à faire, tant cela risquerait de se retourner contre lui et contre ses maîtres.

 

Certes, à 2 mois, il connaît normalement les bases du comportement canin et est sevré sur le plan alimentaire. Toutefois, son développement psychologique n'est pas encore terminé, et une séparation trop précoce pourrait le rendre anormalement craintif. Une adoption encore plus précoce, c'est-à-dire avant deux mois, risquerait même d'en faire un animal dangereux car insuffisamment capable de se contrôler.

 

Toutes ces raisons expliquent que les spécialistes recommandent généralement d'attendre 12 semaines pour adopter un chiot : il s'agit d'après eux de l'âge idéal pour une adoption réussie. D'ailleurs, quand bien même ce n'est pas dans leur intérêt sur le plan économique, les éleveurs sérieux refusent généralement de laisser partir leurs protégés avant l'âge de 3 mois, justement pour éviter les séparations trop précoces et les problèmes de comportement qui vont avec.

Le mot de la fin

Dans de nombreux pays ou territoires, l'âge légal pour adopter un chiot est de 8 ou 9 semaines. Le petit est alors sevré sur le plan alimentaire, et connaît l'essentiel des codes canins.

 

Néanmoins, le détachement d'avec la mère n'est pas toujours achevé, tout comme la socialisation : une adoption réalisée aussi tôt pourrait nuire à son bon développement psychologique et l'empêcher d'être équilibré mentalement - avec potentiellement de lourdes conséquentes à la clef tant pour lui que pour ses propriétaires. Pour cette raison, l'âge idéal se situe plutôt vers 3 mois.

Par Aurélia A. - Dernière modification : 04/01/2022.

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