Les prothèses de membres pour chiens

Les prothèses pour chien les plus connues sont les prothèses de membres. Elles sont utilisées dans des cas de paralysie et d’amputation.

Les prothèses pour chien paralysé

Les prothèses pour chien paralysé

Un chien peut se retrouver paralysé ou immobilisé provisoirement suite à un accident ou à une opération, mais la paralysie peut également être définitive. Une arthrose sévère du chien causée par l’âge, une maladie dégénérative ou un traumatisme peuvent être à l’origine de la paralysie d’un ou de plusieurs membres. Il n’y a pas si longtemps, cela se terminait presque systématiquement par une euthanasie du chien, du fait de la difficulté de gérer cette situation - tant pour l’animal que pour le maître -, et de l’absence de solutions.

 

De fait, un chien dont les deux pattes avant ou arrière sont paralysées ne peut plus marcher, et perd toute autonomie. Sans son maître, il ne peut plus rien faire. Il va néanmoins essayer de se déplacer coûte que coûte en rampant, et les frottements dus à la reptation vont causer des lésions. En outre, si la paralysie est due à un problème de vertèbres (paralysie de l’arrière-train), il peut ne plus contrôler ses sphincters. Son maître peut certes le transporter pour lui permettre de manger ou de sortir faire ses besoins mais, en dehors du fait que ce qui peut s’envisager avec un chien de petite taille est impossible avec un grand chien de 60 kg ou plus, quelle vie pour l’un comme pour l’autre ! De fait, la plupart du temps, le chien restera dans son panier, et d’autres problèmes liés à l’immobilité apparaîtront : douleurs, escarres, atrophie musculaire, problèmes veineux, etc. C’est une spirale négative où chaque problème supplémentaire prépare le terrain au suivant. Dans ces conditions, on peut comprendre la – difficile – décision de faire euthanasier son chien.

 

Les prothèses de membres pour chiens

Toutefois, d’énormes progrès ont été réalisés par la science, et il existe aujourd’hui des solutions orthopédiques pour éviter d’en arriver là. Le type de prothèses le plus courant dans ce genre de situation sont les chariots.

 

Il en existe deux types : les plus basiques, composés d’un cadre, de sangles et de deux roues, qui soutiennent simplement les pattes paralysées et permettent au chien de se déplacer, et les chariots de deuxième génération, qui servent aussi à la rééducation. Ils sont conçus pour aider le chien à remarcher si cela est possible. Et si ça ne l’est pas, c’est-à-dire en cas de paralysie définitive, ils permettent au moins aux pattes de bouger plutôt que de rester statiques, et ainsi d’être mieux irriguées, limitant l’atrophie musculaire et les problèmes connexes à la paralysie. Le principe de fonctionnement est ingénieux et simple à la fois : les pattes sont fixées sur des pédales qui aident le chien à s’entraîner à la marche. Par la suite, s'il retrouve une partie de ses facultés et peut à nouveau marcher sur ses quatre pattes, ces pédales sont ôtées et des roues le soutiennent et l’assistent.

 

Qu’il s’agisse d’un modèle basique ou d’un modèle plus évolué, ces appareillages sont généralement faits sur mesure, mais il existe des modèles qui peuvent s’adapter sur tous les chiens, grâce à un système de sangles autour des membres atteints ou de la taille. Un des modèles les plus récents et performants est le chariot Kerdog, mis au point par une équipe pluridisciplinaire de spécialistes (vétérinaires, chirurgiens, neurologues et neurochirurgiens), en partenariat avec Alforme, le centre de rééducation implanté dans l’École Vétérinaire de Maisons-Alfort.

 

Les prothèses de membres pour chiens

Un temps d’adaptation est bien sûr nécessaire, mais le chien comprend vite l’utilité et l’usage du dispositif.

 

Les avantages de ces prothèses pour chien sont énormes :

  • le chien retrouve sa mobilité et son autonomie ;
  • il a moins de problèmes de santé liés à l’immobilité ;
  • il retrouve un certain confort de vie ;
  • dans le cadre d’une rééducation, les chariots réduisent le temps d’hospitalisation et favorisent une reprise plus rapide de la marche.

 

Les prothèses de membres pour chiens

Comme pour tous les types de prothèses, le propriétaire doit être conscient qu’il s’agit d’un dispositif médical et non d’un banal accessoire pour chien. Cet appareillage nécessite donc dans tous les cas un accompagnement par le vétérinaire, et son utilisation par le chien doit se faire en parallèle d’une rééducation. Les chariots pour chien n’ont pas d’inconvénient à proprement parler, car le chien n’en retire que des bienfaits, mais il faut compter avec ces quelques contraintes. C’est bien peu cela dit au regard des bénéfices procurés au chien comme à son maître...

 

Un chien atteint d’une paralysie totale et irréversible peut utiliser un chariot toute sa vie. Ce type de dispositif n’a pas de durée de vie limitée, à condition de l’entretenir régulièrement, un peu comme un vélo.

 

Évidemment, ces appareillages ont un coût, qui vient s’ajouter aux autres frais (consultations, examens, opération, hospitalisation, etc.). Il faut compter entre 260 et 500 € selon la taille du chien pour les chariots basiques, et entre 1.500 et 2.500 € pour les chariots de rééducation. Les assurances santé pour animaux prennent en charge une partie du coût, et en ce qui concerne les chariots de rééducation, il est souvent possible de les louer auprès des centres de rééducation, de certaines cliniques ou d’associations comme l’association animale Artemis Handicap (compter environ 300 €/mois).

Les prothèses de remplacement

Les prothèses de remplacement

Comme leur nom l’indique, les prothèses de remplacement servent à se substituer à un ou plusieurs membres (ou parties de membres) manquants ou inutilisables, par exemple du fait d’une malformation de naissance.

 

Les causes pouvant conduire à l’amputation d’une ou plusieurs pattes d’un chien sont multiples : traumatisme causé par un accident du chien, actes de cruauté de la part d’humains, maladie (tumeur)...

 

Le cas le plus fréquent est l’amputation d’une seule patte. Si un chien finit par s’adapter plutôt bien au fait de n’avoir que trois pattes, cela génère tout de même des problèmes dus au déséquilibre et à la mauvaise répartition du poids sur le reste du corps.

 

Si l’amputation concerne plusieurs pattes, la situation est tout autre, et le chien est gravement handicapé.

 

Dans les deux cas de figure, la pose d’une prothèse peut être envisagée. Toutefois, elle n’est pas toujours réalisable : tous les chiens ne peuvent pas être appareillés. La possibilité de poser une prothèse de remplacement nécessite en effet que l’amputation ait été pratiquée correctement, et qu’elle n’ait pas dû être faite trop haut sur la patte, sinon la prothèse ne tient pas. Par conséquent, dans le cas où une amputation du chien est prévue, il est préférable que le maître évoque au préalable la possibilité de mettre en place une prothèse de remplacement une fois cette dernière effectuée, et donc que la coupe soit réalisée à une bonne hauteur, si bien sûr les conditions le permettent.

 

De fait, cela exclut un certain nombre de cas, notamment :

  • les amputations en lien avec une tumeur du chien, car par précaution la coupe est toujours effectuée plus haut que le niveau atteint ;
  • les accidents ou fractures qui nécessitent une coupe haute.

 

De façon générale, les vétérinaires préfèrent couper haut, pour éviter les cognements et les frottements du moignon.

 

© Animal Ortho Care
© Animal Ortho Care

Les prothèses de remplacement peuvent avoir différentes formes et être fabriquées en diverses matières. Tout dépend de la hauteur, de la race et du poids du chien, de ce qui doit être remplacé (doigts, patte entière...), mais aussi de l’orthoprothésiste.

 

Si les orthoprothésistes animaliers sont encore peu nombreux en France, en Suisse ou en Belgique, ce métier est en revanche déjà bien développé aux États-Unis, au Canada, en Angleterre et en Espagne. Cependant, le fait qu’il y ait de plus en plus de demandes devrait permettre un rattrapage des pays les moins avancés.

 

Quel que soit le pays, les orthoprothésistes pour animaux sont au départ des orthoprothésistes pour humains qui, par amour des animaux, par goût du défi ou plus prosaïquement pour diversifier leur clientèle, se sont lancés dans cette aventure. Certains ont été sollicités par des vétérinaires, d’autres l’ont fait de leur propre chef en proposant leurs services aux cliniques vétérinaires et aux centres de rééducation pour animaux.

 

Parmi les précurseurs, on trouve le prothésiste américain Derrick Campana, qui fabriquait à la base des prothèses pour les soldats vétérans. Le fait que les animaux ne puissent pas bénéficier de techniques pourtant bien rôdées chez l’Homme l’a incité à ouvrir en 2005 en Virginie (Etats-Unis) une clinique (Animal Ortho Care) spécialisée dans la conception de prothèses pour animaux. Le succès fut rapidement au rendez-vous, avec déjà plus de 20.000 animaux pris en charge, dont une bonne partie de chiens.

 

© Animal Ortho Care
© Animal Ortho Care

Réaliser une prothèse pour remplacer la patte d’un chien est plus difficile que pour un être humain, car la patte du chien est conique, large en haut et fine en bas. De telles prothèses sont généralement fabriquées en plastique thermo-formable, avec à l’intérieur une mousse à mémoire de forme. Comme pour les prothèses humaines, on réalise d’abord un moulage en plâtre de l’extrémité de la patte. L’orthoprothésiste utilise alors ce moulage pour créer la prothèse.

 

Une autre méthode pour fabriquer la prothèse consiste à utiliser une imprimante 3D. C’est l’idée qu’a eue Alforme, le centre de rééducation de l’Ecole Vétérinaire de Maisons-Alfort. Il équipe ainsi une dizaine de chiens par an avec des prothèses sur mesure.

 

Pour que la pose d’une prothèse de patte soit réussie, il faut d’une part qu’il reste une hauteur de patte suffisante pour en assurer le maintien, et d’autre part que l’amputation soit récente (dès cicatrisation extérieure et intérieure), de sorte que le chien n’ait pas encore eu le temps de s’adapter à son handicap. A défaut, il risque de ne jamais accepter la prothèse, et l’opération pourrait tourner à l’échec.

 

© Animal Ortho Care
© Animal Ortho Care

Un chien appareillé avec une prothèse de remplacement a évidemment besoin d’un temps d’adaptation, voire d’un apprentissage, pour tolérer ce corps étranger. C’est d’autant plus vrai que contrairement à un humain, il n’y est pas préparé et n’a pas conscience que cela va l’aider. Le maître doit donc lui apprendre à l’accepter, à ne pas avoir peur, à ne pas la mordre ni secouer le moignon pour s’en débarrasser.

 

Il faut donc petit à petit réussir à lui faire comprendre, en le félicitant et en l’entraînant, que cela l’aide à marcher et à courir. L’expérience montre que l’utilisation d’un clicker s’avère très efficace pour y parvenir. Si le maître éprouve des difficultés, il peut se faire aider par un physiothérapeute ou un éducateur canin ayant recours à la méthode positive d’éducation canine.

Même si le jeu en vaut la chandelle, cette période d’adaptation peut être assez longue. Il s’écoule parfois plus de six mois avant que le chien puisse marcher normalement.

 

Si la prothèse n’est pas posée trop tard et si le chien est bien suivi pendant la phase d’adaptation, il retrouve une mobilité pratiquement normale. Il existe d’ailleurs de très nombreuses vidéos qui témoignent de façon émouvante de la formidable récupération de ces chiens maltraités par des humains ou par la vie, tout simplement...

 

© Animal Ortho Care
© Animal Ortho Care

De fait, ces prothèses pour chien n’ont que des avantages, non seulement pour la santé physique de l'animal, mais aussi pour sa santé mentale : elles permettent la marche et la course, et évitent que l’animal, se sentant blessé et vulnérable, ne se désocialise et ne développe des troubles du comportement. En outre, elles permettent de mieux répartir son poids sur le reste du corps, et limitent ainsi les douleurs qui résultent du déséquilibre.

 

En outre, comme on utilise les mêmes matériaux dans les prothèses pour chien que dans les prothèses humaines, elles durent très longtemps, si bien qu'il est peu probable qu’il soit nécessaire de les remplacer au cours de la vie de l’animal.

 

Il n’en reste pas moins que leur prix est élevé et demeure un frein pour bien des maîtres. Il faut compter en effet entre 700 et 2.000 €, selon la complexité de la prothèse et le matériau. Certains chiens, dont l’histoire tragique a pu émouvoir, se sont vu offrir leur prothèse par une association animalière, une campagne de dons ou un orthoprothésiste. Sans cela, on peut néanmoins compter sur l’assurance santé du chien (à condition bien sûr d’en avoir une) pour prendre en charge une partie de la somme. Il faut cependant savoir que toutes les assurances ne couvrent pas les frais liés à l’installation de prothèses. La prise en charge dépend du type de contrat, et les remboursements sont plafonnés. Par ailleurs, la prise en charge partielle par une assurance santé se cantonne généralement aux prothèses orthopédiques (prothèses de membres, de hanche ou de genou). En outre, la prothèse n’arrive qu’en fin de parcours médical, c’est-à-dire que ce coût s’ajoute à tous les autres (consultations, examens, etc), même si là aussi une assurance santé animale peut en prendre une partie en charge.

 

Il y a néanmoins lieu d’espérer une baisse des prix des prothèses de remplacement pour chien si l’utilisation d’imprimantes 3D se développe, car les coûts de fabrication sont alors moindres.

Dernière modification : 01/18/2020.
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Commentaires sur cet article

mini york 12ans et demi hernie discale plus paralisie de la patte gauche

   
Par perret marylene

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