Les troubles de la prostate chez le chien : maladies, symptômes et traitements

Les troubles de la prostate chez le chien : maladies, symptômes et traitements

Un chien est en grande partie guidé par son instinct et ses hormones. Cela se vérifie notamment dans son comportement sexuel : éloigné de sources de stimulation sexuelle, un chien n'a, en général, aucun intérêt reproducteur. En revanche, en cas de stimulation, par exemple la présence d'une chienne en chaleur, il lui sera difficile de résister à la montée de testostérone.


Mais ce qui est bon pour un mâle en rut, ne l'est pas forcément pour sa prostate, et un chien stimulé quotidiennement (sur un jouet ou une peluche, par exemple) est d'autant plus concerné, car sa prostate est alors continuellement en activité.

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Les différents troubles de la prostate chez le chien

L'hypertrophie bénigne de la prostate du chien

Malgré son nom, l'hypertrophie de la prostate n'est pas une maladie canine à prendre à la légère. En effet, la libération de testostérone, hormone masculine, entraîne une augmentation trop importante du volume de la prostate, ayant plusieurs conséquences :

  • une inflammation de la prostate ;
  • des difficultés pour le chien à faire ses selles. Il souffre de constipation chronique, avec des conséquences au niveau du côlon, du rectum ou de l'anus ;
  • une pression permanente de la prostate sur l'uretère, ce qui entraîne des cystites chez le chien ;
  • un risque accru d'infection de la prostate (abcès) du fait de son hypertrophie ;
  • une douleur constante dans le bassin, ce qui oblige le chien à essayer de trouver diverses positions peu confortables, ou le contraint à rester la plupart du temps couché ou immobile.

 

Une prostate gonflée n'est pas toujours douloureuse mais, pour certains chiens, cela peut être un problème tout au long de leur vie. Il est cependant important de noter que l'augmentation de la taille de la prostate est bénigne, c'est-à-dire non cancéreuse.

 

Le vétérinaire peut proposer un traitement à base d'antibiotiques pour chien, à donner après qu'il ait fait ses besoins, afin que les produits ne soient pas éliminés dans l'urine. Ce traitement peut suffire à rétablir l'état du chien, mais le problème reviendra aux prochaines stimulations sexuelles. L'état de l'animal sera alors à surveiller de près.

 

Il vaut donc mieux, dans la plupart des cas, enlever la prostate ou castrer le chien, opération entraînant une diminution de 70% de la taille de la glande.

 

Il est possible d'accompagner l'animal dans sa douleur en limitant par exemple la longueur des promenades du chien, mais en augmentant par contre leur fréquence. En effet, l'urine qui stagne dans la vessie peut entraîner des infections urinaires. Il faut donc faire uriner le chien le plus souvent possible. De plus, s'il a du mal à déféquer, il est possible de lui faire prescrire un laxatif.

L'infection prostatique chez le chien

Peu fréquente, l'infection prostatique est liée à la présence de bactéries pathogènes dans la prostate. Cette infection s'accompagne parfois de calculs vésicaux. Dans ce cas, les symptômes sont souvent plus sérieux et s'accompagnent de fièvre.

 

Le traitement consiste avant tout en l'administration d'antibiotiques pour chien durant une période assez longue. Dans certains cas, une intervention chirurgicale sera nécessaire.

 

Les néoplasies chez le chien

Les néoplasies, qui sont des développements anormaux de cellules pouvant causer des tumeurs cancéreuses, sont heureusement assez rares, puisqu'elles représentent 5 à 7% des atteintes prostatiques. Les symptômes sont généralement les mêmes que dans les autres troubles de la prostate.

 

Le pronostic est malheureusement assez défavorable, et les traitements font appel à la chimiothérapie ou à la chirurgie.

 

Comme pour toute maladie cancéreuse, le pronostic sera d'autant meilleur que la découverte est précoce.

Comment savoir si mon chien présente un trouble de la prostate ?

L'hyperplasie bénigne est une maladie canine progressive. La plupart du temps, les symptômes n'apparaissent que tardivement. Il est donc fortement conseillé de faire vérifier régulièrement l'état de la prostate du chien par un vétérinaire. Les examens doivent être plus rapprochés dès l'âge de 6 ans, et dès l'âge de 4 ans chez les grandes races de chiens.

 

Compte tenu du fait que la prostate entoure l'urètre, canal reliant la vessie à l'extérieur, les maladies de la prostate chez le chien entraînent le plus souvent des troubles urinaires. Le chien urine ainsi plus difficilement et plus fréquemment, par petits jets.

 

On décèlera assez souvent des pertes de sang, voire du pus, dans les voies urinaires ou dans les urines. En cas d'augmentation de la prostate, des dysfonctionnements fécaux apparaissent : constipations parfois entrecoupées de périodes de diarrhées, difficulté à évacuer les selles, tentatives infructueuses et, parfois, présence de sang.

 

Dans certains cas sérieux, les symptômes vont jusqu'à la perte d'entrain, avec une démarche modifiée, un dos voûté et des douleurs abdominales.

 

Dès lors qu'un chien présente ces symptômes, il faut consulter un vétérinaire. Il recherchera une atteinte de la prostate par une palpation rectale. Il pourra alors apprécier d'éventuelles modifications de taille, de forme et de position de la prostate. Si nécessaire, des examens complémentaires seront pratiquées (prise de sang, radiographie, échographie...).

Prévenir le trouble de la prostate de son chien

La prévention la plus efficace des troubles de la prostate chez le chien demeure la castration du chien. En effet, cette hyperplasie étant hormono-dépendante, la suppression des hormones sexuelles est une méthode de choix.

Le mot de la fin

Aucune intervention chirurgicale, aucune anesthésie et aucun médicament ne sont totalement sans risques. Aussi, si vous vous inquiétez de la dangerosité de la castration du chien, n'hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire : il saura vous renseigner et vous réconforter. Il pourra également vous expliquer toutes les étapes de l'intervention.

 

Dans tous les cas, n'ayez pas honte d'en parler à votre vétérinaire, d'autant que les troubles prostatiques sont relativement fréquents chez les chiens âgés, et que l'inflammation de la prostate, la prostatite, peut passer inaperçue, car les symptômes sont les mêmes que ceux d'un chien qui aurait des problèmes articulaires aux hanches (douleur au toucher de l'arrière-train, difficultés à se lever et à s'asseoir, chien prostré et inactif...).

 

De façon générale, soyez attentif à votre chien : vous êtes sa seule parole devant un vétérinaire.

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