Suisse - chiens de protection de troupeaux

29/11/2011
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L’été au grand air et l’hiver au chaud, ce n’est pas vraiment une vie de chien. Quoique. Et pourtant, l’existence des patous ressemble un peu à cela. Après avoir veillé sur les moutons pendant la belle saison, voilà que les 150 chiens de protection de troupeaux qui œuvrent en Suisse ont aussi quitté les pâturages et pris leurs quartiers d’hiver.

Une aide du WWF Vaud

En général, les bêtes passent la saison froide avec leur maître, mais parfois cela n’est pas possible. Raison pour laquelle certains sont accueillis chez Jean-Pierre Vittoni, mieux connu sous le surnom de «Pepone». Eleveur de chèvres et de moutons à La Forclaz (VD), il est aussi le coordinateur romand pour la protection des troupeaux au sein d’AGRIDEA (Association suisse pour le développement de l’agriculture et de l’espace rural). «Le mieux, c’est que les chiens ne quittent pas leurs moutons, relève-t-il. Mais certains éleveurs n’ont pas les infrastructures nécessaires.» Pepone, lui, a ce qu’il faut. Et cela va encore s’améliorer puisque le WWF Vaud vient d’annoncer qu’il lui accordait une aide exceptionnelle pour agrandir sa pension d’hiver et construire un parc où chiens et troupeaux pourront rentrer et sortir à leur guise. Actuellement, l’éleveur accueille une quinzaine de patous chez lui. Quatre sont à lui, les autres sont des jeunes en formation ou des adultes confiés par des éleveurs.

Une des caractéristiques du patou, c’est qu’il doit rester en contact permanent avec les moutons. Ils sont d’ailleurs élevés pour vivre en symbiose avec les troupeaux. «Il faut que le chiot naisse au milieu des brebis, explique Jean-Marc Landry, zoologue, spécialiste du loup et ami de Pepone. Entre la 3e et la 12e semaine, le chiot va développer un attachement social avec d’autres animaux. Il aura ensuite besoin des brebis pour vivre et il connaîtra leurs comportements sociaux.»

Jean-Pierre Vittoni, qui est responsable de la formation et du suivi des patous pour Vaud, Fribourg et le Bas-Valais, est un convaincu de la première heure de l’efficacité de ces chiens. Le canton de Vaud, qui compte trente chiens de protection, a d’ailleurs récemment indiqué que seuls deux animaux de rente ont été tués cette année par des grands carnivores. «Le loup est là, le lynx est là. Il faut prendre des précautions avant qu’un massacre ne se produise», affirme Jean-Pierre Vittoni. Sans oublier que les grands chiens blancs protègent les moutons et les chèvres d’autres dangers. Pepone a décidé de se doter de patous après avoir perdu 27 brebis en une année, toutes attaquées par des chiens errants.

Jean-Marc Landry souligne que les patous doivent concilier de nombreux paramètres. «Ce sont les chiens de travail envers lesquels les exigences sont les plus élevées. Ils doivent pouvoir vivre seuls avec les brebis, reconnaître le danger, s’interposer et en même temps pouvoir traverser un village en toute tranquillité.»

Le dressage de ces bêtes a d’ailleurs connu pas mal d’évolution. «Avant, on essayait de faire en sorte que les patous aient le moins de contact possible avec les humains, souligne Jean-Pierre Vittoni. Aujourd’hui, on les promène en laisse, on les sociabilise.» Et si la cohabitation entre les promeneurs et ces chiens, dont le poids peut varier de 60 à 80 kg, peut s’avérer parfois compliquée, Pepone est toutefois catégorique: «Ils ne sont pas agressifs mais impressionnants et doux.»

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