Il existe beaucoup d'espèces de poissons - sauvages ou d'élevage - que l'être humain consomme pour se nourrir. Elles ont des apparences (taille, couleur...) très variées, et leur mode de vie est lui aussi disparate : certaines vivent en eau salée, d'autres en eau douce, et d'autres encore comme le saumon alternent entre les deux.
Toutefois, il n'y a pas que l'Homme qui peut manger du poisson : le chien aussi, même si cela ne fait a priori pas vraiment partie de son régime alimentaire habituel. Toutefois, certaines précautions s'imposent pour limiter le risque de problème de santé.
Dans la nature, le chien est un carnivore : il se nourrit essentiellement de viande et d'os, même s'il lui arrive parfois de croquer quelques fruits et/ou légumes. Toutefois, s'il en a l'occasion, il peut aussi consommer d'autres produits d'origine animale - en particulier du poisson. C'est d'ailleurs un phénomène courant dans certaines régions du monde, notamment dans les pays nordiques et/ou insulaires.
Dans l'ensemble, les chiens aiment beaucoup le poisson, et en refusent rarement si on leur en propose. Il faut dire que c'est un aliment riche en protéines de qualité, ainsi que parfois aussi en lipides - autant de nutriments dont ils sont friands. Certaines races sont même connues pour en raffoler : c'est le cas notamment de l'Akita Inu, du Husky Sibérien, du Samoyède... Généralement, elles sont habituées à en manger depuis longtemps, pour des raisons géographiques et/ou culturelles.
Le poisson n'est pas toxique pour le chien : ce dernier peut donc en consommer sans problème - tant que cela reste dans des quantités raisonnables, évidemment.
Il s'agit d'ailleurs d'une bonne alternative à la viande, car il apporte des nutriments intéressants pour sa santé, en particulier :
Cela étant, il existe de grandes disparités en fonction du type de poisson dont il s'agit. En particulier, les poissons gras sont riches en lipides - et notamment en acides gras essentiels - alors que les poissons maigres en contiennent très peu. L'apport calorique est par conséquent lui aussi très variable d'un poisson à l'autre : entre 100 et 250 kcal pour 100 grammes, en fonction de l'espèce concernée.
Pour ce que l'on en sait à ce jour, un chien peut consommer tous les poissons comestibles pour un humain. Cela comprend par exemple l'anchois, le cabillaud, le maquereau, la sardine, le saumon, le thon, la truite... et beaucoup d'autres.
Les poissons comestibles peuvent être classés en fonction de leur teneur en lipides :
Voici donc la liste des principaux poissons qu'un chien peut manger - sachant qu'il en existe bien sûr beaucoup d'autres -, ainsi que le type dont il s'agit :
Poisson | Gras / Maigre |
---|---|
Anchois | Gras |
Anguille | Gras |
Cabillaud | Maigre |
Carpe | Gras |
Colin | Maigre |
Dorade | Gras |
Espadon | Gras |
Hareng | Gras |
Lieu | Maigre |
Limande | Maigre |
Lotte | Maigre |
Maquereau | Gras |
Merlan | Maigre |
Merlu | Maigre |
Morue | Gras |
Plie | Maigre |
Raie | Maigre |
Requin | Gras |
Rouget | Gras |
Sardine | Gras |
Saumon | Gras |
Sole | Maigre |
Thon | Gras |
Tilapia | Maigre |
Truite | Gras |
Chaque type de poisson est plus ou moins recommandé pour un chien donné. Par exemple, les poissons gras sont par définition riches en lipides : de ce fait, ils sont associés à un risque plus grand de surpoids que les poissons maigres, en particulier pour un chien âgé et/ou peu actif. En revanche, comme ils contiennent aussi davantage de vitamines et d'acides gras essentiels, ils sont conseillés en cas de carence en la matière.
Pour un humain comme pour un chien, le poisson cru est plus intéressant sur le plan nutritionnel que le cuit. En effet, la cuisson tend à dégrader un certain nombre de nutriments - notamment des vitamines et des acides gras essentiels.
Toutefois, la cuisson présente l'avantage de détruire les éventuels germes pathogènes et parasites que le poisson pourrait contenir, et qui une fois ingérés risqueraient de rendre l'animal plus ou moins gravement malade. Pour cette raison, il est globalement conseillé de cuire le poisson avant de le donner à son chien. Cette recommandation vaut d'ailleurs aussi quand il s'agit d'en consommer soi-même, car le risque existe évidemment aussi pour un humain. Si l'on veut manger du poisson cru, il faut que ce dernier ait été congelé à une température de -20°C pendant quelques jours à semaines (sans rupture de la chaîne du froid) : ce procédé sert à éliminer les éventuels microbes et parasites qu'il contient.
La cuisson permet aussi de détruire la thiaminase. Il s'agit d'une enzyme présente en quantité dans certains poissons (thon albacore, thon listao, maquereau espagnol...) et qui présente la particularité de détruire la vitamine B1, aussi appelée thiamine. Une consommation importante et/ou régulière de poisson cru peut ainsi conduire à terme à une carence en B1, avec à la clé de potentiels dysfonctionnements sur le plan neurologique et/ou cardiaque.
Comme pour la viande, il est possible de fumer le poisson, c'est-à-dire d'exposer sa chair à la fumée : cela permet non seulement de le conserver plus longtemps, mais aussi de modifier son goût. L'exemple le plus célèbre est probablement le saumon fumé, mais la technique du fumage peut s'appliquer à n'importe quelle autre espèce.
Le principal inconvénient de cette technique est qu'elle nécessite de saler le poisson au préalable. Ainsi, 100 grammes de poisson fumé contiennent généralement entre 2 et 4 grammes de sel, ce qui est considérable. Or, un chien est bien plus sensible au sel qu'un être humain : en ingérer quelques grammes lors d'un repas peut suffire à le rendre gravement malade, voire le tuer. Pour cette raison, les aliments qui en contiennent beaucoup sont clairement à éviter, voire à bannir : c'est le cas notamment du poisson fumé.
Le poisson en conserve est courant dans le commerce : c'est le cas en particulier du thon, mais aussi de la sardine, du saumon, et de bien d'autres encore. Cette technique est très pratique, puisqu'elle permet de le garder bien plus longtemps que lorsqu'il est frais - d'où le nom de « conserve ».
Le principal inconvénient des conserves est que le produit final s'avère généralement très salé - généralement à hauteur d'environ 1 gramme de sel pour 100 grammes de poisson en conserve. Or, un chien est plus sensible au sel qu'un humain et peut tomber malade - voire mourir - après une ingestion de seulement quelques grammes de sel lors d'un repas. Même les conserves dites « à teneur réduite en sel » en contiennent trop pour lui : il faut donc purement et simplement s'abstenir de lui donner du poisson en conserve.
C'est d'autant plus vrai que ce dernier peut également contenir divers ingrédients sans danger pour l'être humain, mais toxiques pour la gent canine : de l'ail, du citron, de la ciboulette...
La peau des poissons est comestible pour les humains, et il en va de même pour les représentants de la gent canine. Par conséquent, on peut laisser son chien manger la peau sans crainte qu'il ne s'intoxique. D'ailleurs, certaines friandises pour chiens sont conçues à partir de peau(x) de poisson séché.
Si on prépare le poisson soi-même, il convient toutefois de cuire la peau avant de la donner à son animal - comme on le fait pour la chair. En effet, elle aussi peut contenir des microbes et/ou parasites : la cuisson permet le cas échéant de les éliminer.
Il faut savoir néanmoins que la peau de poisson est généralement plus riche en lipides que la chair. Ce n'est pas forcément un problème si on n'en donne qu'occasionnellement, par exemple en guise de friandise de temps à autre. Par contre, si l'on intègre vraiment du poisson dans le régime alimentaire de son chien (au point qu'il en consomme plusieurs fois par semaine), il est préférable de la retirer. À défaut, elle risquerait de représenter un apport excessif de lipides, et à terme de causer un surpoids.
Il est possible de donner du poisson à son chien, mais il convient de ne pas dépasser certaines quantités. À défaut, on risquerait de provoquer un déséquilibre alimentaire - comme pour n'importe quel aliment, au demeurant.
S'il s'agit d'en faire une des principales composantes de son alimentation, la quantité appropriée est généralement comprise entre 15 et 25 grammes de poisson maigre par kilo de masse corporelle et par jour - c'est-à-dire à peu près autant que la quantité de viande conseillée pour un chien. Cela signifie par exemple qu'un Border Collie de 20 kg peut manger 300 à 500 grammes de poisson maigre par jour. Les poissons gras comme la sardine ou le saumon doivent par contre être évités, car ils contiennent globalement trop de lipides pour être donnés au quotidien dans de telles proportions - sauf cas particuliers.
Si par contre il s'agit simplement de lui faire plaisir de temps en temps, on peut donner un ou deux petits morceaux de poisson par jour à son chien. L'idéal est d'opter pour du poisson maigre (par exemple du cabillaud, du colin, du merlan, de la sole...), mais un peu de poisson gras reste possible de manière occasionnelle. Dans tous les cas, il faut bien veiller à déduire les apports caloriques correspondants de sa ration quotidienne, afin de limiter les risques de surpoids.
Cela étant, les besoins nutritionnels d'un chien sont très variables, en fonction notamment de sa race, sa morphologie, son âge, son mode de vie, son état de santé... En cas de doute sur la bonne quantité de poisson à lui donner, mieux vaut demander conseil à un vétérinaire : c'est le meilleur moyen de ne pas commettre d'impair - a fortiori si l'on souhaite lui en donner régulièrement.
Le poisson est un aliment tout à fait bénéfique pour un chien dès lors qu'on opte pour des quantités appropriées, mais aussi qu'on respecte certaines précautions.
Tout d'abord, comme quand il est destiné à un humain, il convient de retirer les arêtes. En effet, ces dernières sont susceptibles de blesser l'animal si elles se coincent dans sa trachée et/ou dans son appareil digestif. Il faut donc toujours se montrer vigilant et s'assurer qu'aucune arête de poisson ne subsiste dans sa ration. On peut aussi opter pour des morceaux sans arêtes, comme un filet de lotte ou du dos de cabillaud.
Par ailleurs, certains poissons gras ont tendance à accumuler dans leur organisme toutes sortes de polluants - notamment des métaux lourds. C'est le cas en particulier du thon et du maquereau, qui contiennent souvent de grandes quantités de mercure, de plomb, d'arsenic et/ou de cadmium. Il faut donc avoir conscience du risque d'intoxication du chien aux métaux lourds. Le meilleur moyen de l'éviter est de limiter la consommation de tels poissons à une ou deux fois par mois. À l'inverse, d'autres comme l'anchois, la sardine ou les poissons maigres sont peu sujets à ce phénomène et peuvent donc être consommés plus régulièrement - c'est-à-dire une voire plusieurs fois par semaine.
Dans l'ensemble, le poisson ne manque pas d'atouts pour un chien : s'il est correctement choisi puis préparé, il constitue une excellente alternative à la viande. Comme de surcroît celui-ci a de grandes chances d'en être très friand, il s'agit là d'un bon moyen de lui faire plaisir - que ce soit de manière ponctuelle ou plus régulière.
Cela étant, tous les poissons ne se valent pas. Les maigres sont globalement plus sains, car moins riches en lipides et peu propices aux concentrations élevées de métaux lourds. Les gras ne sont pas forcément à bannir pour autant, mais plutôt à limiter drastiquement, pour profiter de leurs bienfaits sans pour autant risquer des problèmes de santé.
Si l'on possède un chien qui semble apprécier les produits de la mer, on peut aussi lui proposer par exemple de l'huître ou de la crevette, en plus ou à la place du poisson. Il faut toutefois là encore modérer les quantités - d'autant que la teneur en sel de tels aliments est souvent élevée.