Cambodge - Un chien d'arrêt, dernier espoir des tigres du Cambodge

23/05/2009
Partager :  

De Sopheng Cheang – Il y a 19 heures

PHNOM PENH — Maggie, un braque allemand à poil dur, met son flair au service d'une cause inhabituelle: flairer les crottes de tigre dans une des plus grandes réserves naturelles du Cambodge. Cette mission peu orthodoxe consiste à employer cette chienne formée en Russie pour pister les traces éventuelles des tigres, dont la population est passée de 100.000 il y a un siècle à 5.000 environ aujourd'hui en Asie.

Cette femelle âgée de six ans inspecte les sous-bois à la recherche du tigre, sur les 3.000km2 de la réserve de biodiversité de Seima, dans le nord-est du Cambodge.

On ignore combien de tigres vivent au Cambodge, où le braconnage et la réduction de leur habitat naturel provoquent leur disparition, comme dans l'ensemble de l'Asie.

Cette nouvelle technique succède à des enquêtes de terrain et des systèmes de prise de photos automatiques, qui se sont soldées par un échec l'an dernier. Le dernier signe de présence d'un tigre, une empreinte de patte repérée dans le parc, remonte à 2007.

"Nous pensons que c'est la meilleure méthode pour couvrir une zone aussi grande pour un aussi petit nombre de tigres", explique Hannah O'Reilly, conseillère à la Société de préservation de la faune sauvage (WCS), basée à New York. Son organisation et Panthera, autre association de protection des félins sauvages, ont dépensé 30.000 dollars pour faire venir de Russie Maggie et un second chien dans la réserve de Seima.

Cette expérience s'inscrit dans une campagne plus générale des organisations de défense de la faune pour utiliser les informations génétiques fournies par les déjections animales, telles que l'ADN.

Les bouses d'éléphant ont permis ainsi il y a deux ans de calculer la population de pachydermes présentes dans le parc national de Taman Negara, en Malaisie.

Grâce à cette méthode, les chercheurs espèrent déterminer grâce à leurs crottes que des tigres vivent dans la réserve de Seima, mais aussi leur âge, leur sexe, si une femelle est enceinte ou s'ils sont menacés.

"Avec les progrès de la technologie, nous pouvons extraire l'ADN et des hormones des crottes, qui sont devenues une mine d'informations", souligne Linda Kerley, consultante de la Société de conservation de la faune sauvage, qui a formé les chiens en Russie.

A partir des données recueillies dans les crottes, les chercheurs vont pouvoir établir une base de référence de la population de tigres pour la réserve, et développer un plan de protection, selon Hannah O'Reilly.

Chef de projet de la réserve, Men Soriyun estime que les chiens offrent une réelle chance de trouver les tigres, et que cette méthode pourrait être appliquée dans d'autres réserves nationales. "Recourir aux chiens est la meilleure façon de repérer les tigres dans la jungle, parce qu'ils peuvent les pister grâce à leur odorat", ajoute-t-il.

Le Cambodge est le premier pays d'Asie à utiliser cette méthode pour repérer des tigres, une technique testée dans l'est de la Russie, qui a permis de compter avec précision le nombre de tigres répartis sur des milliers de kilomètres.

Six chiens ont été entraînés à chercher des tigres par Linda Kerley, dans la réserve de Lazovski, en Russie. Elle a choisi des chiens de chasse ou de berger parce qu'ils peuvent facilement identifier l'odeur musquée des déjections de tigre. "Nous ne voulons pas de chiens qui chassent les tigres, mais des chiens qui cherchent leur odeur", explique-t-elle.

Copyright © 2009 The Canadian Press. Tous droits réservés.

Réagir à cette actualité

Votre nom / prénom :
Pour ne plus devoir indiquer votre nom à chaque fois : Inscription gratuite
Votre adresse e-mail :
Pour ne plus devoir indiquer votre e-mail à chaque fois : Inscription gratuite
Votre texte :
Sécurité :
Envoyer

Discussions sur ce sujet