Abandonner son chien pour lui offrir une deuxième chance ?

Abandonner son chien pour lui offrir une deuxième chance ?

En France, d'après la S.P.A, douze animaux domestiques sont abandonnés toutes les heures, soit environ 100.000 abandons par an.


Les causes d'abandon d'un chien sont nombreuses : le financement des soins quotidiens ou des frais de santé trop élevés, les problèmes de place ou l'organisation des vacances avec un chien (en été, on compte environ 60.000 abandons) ne sont que quelques exemples de problèmes qui poussent certains propriétaires d'animaux à abandonner leur chien.


S'il peut paraître égoïste au premier abord, l'abandon n'est-il pas dans certains cas la meilleure solution, tant pour le maître que pour le chien ?

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Le mode de vie, raison N°1 d'une adoption qui tourne mal

Il y a parfois des chiens et des propriétaires qui ne sont pas faits pour s'entendre, car les caractères et les besoins de chacun ne s'accordent finalement pas comme espéré. 

 

Prenons par exemple Madame S., une marcheuse d'un haut niveau qui enchaîne les randonnées à l'allure de la marche sportive. Pour lui faire plaisir, son entourage a cru bon de la faire accompagner par un animal impressionnant. Alors, à l'occasion de ses 60 ans, ils lui offrent un grand chien de plus de 70 kilos, déjà adulte, qui attendait qu'on vienne l'adopter dans un refuge. Malheureusement, le gros molosse rechigne à trottiner durant des heures derrière sa propriétaire, qui se résout alors à le confier à sa voisine lorsqu'elle part sur les chemins de randonnée.

 

La famille B. quant à elle a toujours rêvé d'avoir un chien. Elle finit par craquer pour un terrier, estimant qu'avec sa petite taille et son dynamisme, il s'entendrait bien avec les enfants, et pourrait rester seul quand tout le monde est à l'école et au travail. Malheureusement, le Jack Russel insatiable s'avère être un chien fugueur qui prend la poudre d'escampette dès qu'une porte reste ouverte ou qui grignote les meubles et les jouets des enfants faute d'activité physique suffisante.

 

Dans un même ordre d'idée, Monsieur et Madame T., tous les deux absents de 9h à 16h dans la semaine, ont pensé que leurs horaires leur permettaient de prendre un chiot et de l'éduquer pour en faire un chien équilibré, sociable et obéissant. Leur objectif était de faire du sport avec le chien le week-end, et de partir de longues heures en forêt. Mais le chiot, laissé livré à lui-même trop souvent, commet des dégâts et n'est pas propre à 7 mois, son apprentissage de la propreté étant défaillant. En clair, il souffre du manque de temps que ses maîtres ont à lui consacrer.

 

Aucune de ces histoires ne se passent finalement comme prévue mais, à qui la faute ?

L'abandon de chien peut-il être une solution ?

La première des solutions à envisager est de s'adapter pour faire face. Lorsque le tempérament d'un chien est diamétralement opposé aux souhaits de ses propriétaires, et que les problèmes de comportement du chien sont de plus en plus fréquents, les maîtres doivent en premier lieu changer d'attitude et modifier leur rythme de vie en fonction de leur animal. En effet, malgré tous les progrès faits sur la génétique ou les nombreuses études menées sur les relations sociales, les aptitudes physiques et cognitives ne se programment toujours pas chez un être vivant.

 

Si le chien n'arrive pas à s'ajuster, ce sera aux maîtres de faire l'effort de se mettre à son niveau, par exemple en l'amenant plus souvent en promenade, en lui proposant davantage d'activités et de distractions (sports canins, jouets pour chien...), quitte à faire appel à des professionnels, comme des promeneurs de chien, pour soulager les maîtres de ces contraintes qui leur paraissent insurmontables.

 

Pour autant, quand la solution de dernier recours est l'abandon de l'animal, faut-il vraiment chercher à accuser quelqu'un, à faire culpabiliser encore plus les personnes qui sont en détresse de ne pas avoir le chien qu'il leur fallait ?

 

Humains et chiens méritent la compassion. On peut se désoler et s'obstiner à faire garder un animal qui n'est pas adapté pour ses actuels propriétaires, alors qu'au final, tous sont malheureux. Il faut alors agir intelligemment et chercher le bon foyer pour chaque chien, le bon chien pour chaque foyer.


C'est ce que ces trois familles ont fait, malgré les jugements et les regards de leurs voisinages, qui les accusaient d'abandonner leur animal, sans savoir à quel point le quotidien était infernal pour tous.

 

Les trois chiens vivent à présent dans un environnement qui les comble et sont enfin apaisés. Les humains de leur côté gèrent leur tristesse avant de repartir, peut-être, dans une nouvelle aventure avec un chien qui sera plus adapté pour eux et avec lequel leur mode de vie s'accordera parfaitement.

Le mot de la fin

Il faut donc être particulièrement vigilant lors de l'acquisition d'un chien afin de s'assurer de son adéquation à son quotidien et d'éviter un nouvel abandon, qui viendrait grossir les rangs des 100.000 animaux laissés pour compte tous les ans. 

 

En clair, si chacun prenait le temps de se poser les bonnes questions avant d'adopter un chien, beaucoup de problèmes et déceptions pourraient être évités.

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Commentaires sur cet article

Mon premier chien a été un croisé labrador, j'en ai d'excellents souvenirs : il se serait fait assassiner par amour pour moi.
J'ai eu ensuite une petite croisée bichon/york/ caniche qui me manque terriblement. Avec elle c'était l'harmonie parfaite. Plus facile pour une petite nana d'avoir un chien à ma taille, et une "fille" a été plus facile à gérer pour moi. Il est plus facile de faire ce qu'on veut (ne serait ce que pour les câlins et les jeux) avec un petit chien cool.
Je vais adopter une petite caniche, d'abord parce qu'étant toujours à pieds, je ne serai pas désespérée et obligée d'appeler au secours si mon chien doit être emmené d'urgence au véto, mais aussi parce que je me sens mieux avec un petit chien plus facile à dominer qu'un gros, l'autorité n'étant pas ma caractéristique principale.
Et cela ne m'empêche pas d'être copine avec tous les chiens que je rencontre, quelque soit leur taille.

   
Par CocciNim
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Auteur

Comportementaliste

Formatrice de comportementalistes

Auteur des livres "La cause des chiens" & "J'éduque mon chien moi-même"

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