Je suis un Rhodesian Ridgeback et mon nom est Vasselot, du nom du Comte Vasselot, un Nancéen qui émigra en Afrique du Sud après l'Edit de Nantes: l'un de mes aïeux appartenait en effet à la maison des Vasselot.
Après un long voyage, de plusieurs jours, en voiture avec mon maître Du Plessis (lui aussi un descendant des huguenots français venus coloniser l'Afrique du Sud), nous arrivions enfin à l'aéroport de "Jan Smut Airport" pour nous rendre en France.
Encore faudrait-il que la South-African Airways consente à nous embarquer. Du Plessis n'eut nul besoin d'autorité pour me faire entrer dans une caisse pompeusement appelée "caisse de transport aménagée". Mon flegme tout britannique me faisait accepter toute cette agitation avec philosophie.
Durant cette nuit entière de vol jusqu'à Orly, laissez-moi vous conter l'histoire de mes ancêtres "Ouma Dlozi lami" comme dit une de mes amies, Zouloudog de Durban.
Mon arbre généalogique s'affirme dans la multiplicité, un véritable melting-pot de haute lignée; du Bantu-dos-ridgé des peuplades indigènes, aux lévriers, pointers, bullenbitjeir et autres bergers écossais des premiers colons européens, l'ancêtre voyageur Du Plessis fit avec d'autres colons européens le "Grand Treck", nous emmenant à travers toutes les provinces d'Afrique du Sud vers la Rhodésie (actuel Zimbabwe) d'où notre nom : Rhodesian - Ridgeback ("crête dorsale"), nous portons tout le long de la colonne vertébrale une crête de poils hérissés à l'envers, semblable à une épée, la pointe au niveau de la hanche avec deux couronnes symétriques sur le haut des épaules dessinant le pommeau de cette épée, on dit que nous sommes ainsi adoubés en remerciement de notre droiture et des services rendus.
Après le décollage, le sommeil m'envahit. (c'est le temps des rêves: je me rappelle certaines veillées à Stellenbosch, là où vivait le célèbre safariste C. Von Rooyen, quand les anciens nous serinaient avec leur safari "Hatari !". En réalité, ce n' était pas des Rhodesian Ridgebacks qui se frottaient alors au lion mais des Ridgebacks à poils durs (Vurbaards/steekbaards).
Nous, grâce à M. BARNES, nous sommes devenus plus raisonnables, plus aptes à pister pour aider nos amis bipèdes qu'à traquer. Nous aimions évoquer le courage d'Heidi, lorsqu'elle sauva la vie de son maître d'une terrible agression, elle d'ordinaire si casanière.
Jim et Lewis aimaient à conter leurs exploits de pisteurs sur personnes égarées au Canada, jock raconta que parti un jour à la recherche d'une éléphante blessée et arrivé à la lisière d'une forêt de yellowwood (eucalyptus) près d'Uniondale, il repéra la mère éléphant gisant au sol, son petit désemparé à proximité. Jock jappa modérément pour ne pas affoler le petit mais suffisamment pour alerter le pisteur qui l'accompagnait. Les braconniers avaient tué la mère sans avoir eu le temps de s'approprier les défenses. Seul l' éléphanteau avait été épargné, l'homme au Ridgeback en fut bouleversé et il décida de tout mettre en oeuvre pour protéger la forêt et ses habitants; c'était Monsieur Vasselot.
Il y avait aussi la belle Ousie, de chez les Marais, qui parlait de ses randonnées aux côtés de sa maîtresse écuyère et Tau le sécurisant, charmant, Boerboel; partir tôt le matin et ne revenir qu'en soirée après avoir battu tout le veld. Elle se fondait dans le bush aux multiples tons de fauve sans pareil.
Himba lui racontait comment il sauva Kumalo, le fils du Ministre de Namibie, perdu dans le désert. Sans oublier les Rhodesians Ridgebacks de M. Kruger qui rassemblent boeufs et moutons, ouvrent le Kruger Park. Pour qui a vécu cette expérience, nul oubli !
Que dire de la belle et élégante Wankie, compagne et muse de Nadine G..., prix Nobel de littérature, tout un symbole en terre australe !
Eh oui, nous Rhodesian Ridgebacks nous sommes très fiers de servir de muses, de complices
et d'auxiliaires aux artistes, aux sportifs !
Allais-je pouvoir vivre tout cela en Europe où m'attendait Jamie, ma promise ?
Par Bruno HACHET, Président du Cercle Européen d'Information et de Documentation du Rhodesian Ridegeback