Le triste sort des animaux domestiques dans une Thaïlande en proie aux inondations a déclenché un gigantesque élan de solidarité.
Quand elle a eu de l’eau jusqu’au cou, Karuna Leuangleekpai a su qu’elle devait fuir sa maison de la banlieue nord de Bangkok inondée. Avec une angoisse: que faire de ses sept chiens?
Facebook lui offre alors la solution: l’adresse d’un refuge ouvert spécialement par des étudiants vétérinaires, dans la localité voisine de Man Sri.
«L’eau était montée au-dessus de ma tête lorsque j’ai quitté ma maison, les chiens nageaient tout autour. Ca fait un mois maintenant, et ma maison est toujours noyée», explique-t-elle.
«Je suis contente d’avoir trouvé ce refuge pour eux. Je loge chez une amie, dans un appartement, mais il n’y avait pas du tout assez de place pour les chiens».
Les pires inondations depuis des décennies ont tué plus de 650 personnes depuis fin juillet et affecté des millions d’autres. Elles ont aussi piégé des dizaines de milliers de chiens, de chats et autres animaux, domestiques ou errants.
Grâce aux réseaux sociaux
Leur triste sort illustré chaque jour dans les images diffusées à la télévision a déclenché un gigantesque élan de solidarité. Les Thaïlandais se sont mobilisés sur les réseaux sociaux, mettant en place centres d’accueil, équipes de sauvetage et soins gratuits.
«Nous savions qu’avec les inondations, les propriétaires d’animaux domestiques auraient du mal à s’en occuper, et nous nous sommes sentis obligés d’aider», explique Mataya Taweechart, étudiante vétérinaire qui travaille bénévolement au refuge de Man Sri.
La décrue a largement commencé, mais certains quartiers de Bangkok et de sa proche banlieue sont toujours submergés. «Alors nous avons toujours beaucoup d’animaux», poursuit-elle en donnant le biberon à un chaton de deux jours. Mais «nous utilisons un bâtiment gouvernemental abandonné, nous ne pourrons pas rester longtemps».
Le refuge de Man Sri, qui offre gîte et couvert, vit des dons, en argent et en nourriture. Et doit son succès en grande partie à Facebook.
La plupart de ses 500 pensionnaires ont des propriétaires, mais certains, comme ces chatons déposés devant le bâtiment dans une boite en carton, ont été abandonnés. Les réseaux sociaux aideront peut-être à leur trouver un nouveau foyer. Un iguane et trois chèvres
Les dizaines d’autres refuges qui ont fleuri durant cette catastrophe se sont aussi appuyés sur les bénévoles recrutés sur la Toile, comme sur le forum en thaïlandais Pantip.com.
Le gouvernement a mis la main à la pâte et créé quatre centres temporaires par lesquels sont passés plus de 7000 chiens et chats. Mais aussi lapins, souris, oiseaux, sans oublier un iguane et trois chèvres, raconte Chutipon Sirimongkolrat, vétérinaire au ministère de l’Agriculture.
Plus de 5000 sont encore là, mais les nouveaux venus ne sont plus acceptés, poursuit-il. Et le praticien d’appeler les propriétaires à venir récupérer leurs bêtes aussi vite que possible, voulant vider les lieux d’ici à Noël.
Le bon moment pour adopter
La poignée de refuges permanents sont eux aussi pleins à craquer, selon l’association Scad, qui s’inquiète pour les mois à avenir. «L’année prochaine sera déjà bien avancée avant que le volume d’animaux ne revienne à la normale», souligne Lindsay Hartley- Backhouse, une des responsables de l’association.
«Je pense que nous allons nous retrouver avec beaucoup d’animaux sur les bras», prédit-elle. La responsable a publié des photos sur le site internet de Scad, en quête de nouvelles familles pour ses pensionnaires.
Reste à compter sur la vague de compassion provoquée par la détresse de toutes ces boules de poils, de plumes... ou d’écailles.
«Nous avons eu beaucoup d’adoptions récemment. Au début, personne ne venait, mais maintenant les gens sont très intéressés. Peut-être ont-ils réalisé qu’ils veulent un animal de toute façon et que c’est le bon moment pour en adopter un».
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