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Club Français du Dogo Argentino AGISSONS ENSEMBLE |
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Le 20 juin 2006
Monsieur le président de la République,
Messieurs les ministres,
Nous sommes utilisateurs de chiens de race « dogue argentin ». Nos activités, nous permettent de promouvoir cette race, comme il est indiqué dans les statuts de n’importe quel club de race agréé par la SCC, elle même recevant délégation du ministère d e l’agriculture pour la gestion des races canines.
Cette promotion s’appuie sur la mise en avant des points forts de la race.
Ces derniers sont en tout premier lieu l’adéquation du chien pour sa fonction originelle.
Notre mission est aussi d’analyser avec lucidité, de mettre en place un plan de contrôle et de suivi des points faibles.
Il s’agit là d’une démarche zootechnique rigoureuse visant à mettre en place une grille de sélection efficiente. Une telle sélection a pour but de conserver le chien au service de l’homme, enjeu d’autant plus important que les derniers évènements présentent des animaux au comportement contradictoire avec cet objectif.
1 La situation du chien et des molosses en particulier
1.1 Population canine
8,5 millions de chiens, dont 80 000 chiens visés par le décret du 27/04/06, dont presque 9 000 chiens de 1er catégorie nous dit-on. Soit moins de 1% pour les premiers et 1 pour 1000 pour les 2e.
Malgré l’existence de cette loi depuis maintenant 7 ans, qui mériterait un bilan, certains événements dramatiques se sont produits récemment, échappant à l’efficacité de cette loi puisqu’il s’agissait de chien dont la race n’est pas visée par la loi ou alors dans le cadre privé, non visée par la loi non plus.
Notre propos n’est pas de réagir sur le bien-fondé d’une loi, toujours difficile quand elle repose sur la notion extrêmement complexe du comportement animal. Il y a dans le rapport du député G. Perrin-Gaillard des informations ouvrant la voie a des pistes bien plus positives et valorisantes.
Ce rapport estime les « naissances » à 1 million par an. 15 % en moyenne des chiens naissent avec des pédigrées LOF, face à 85 % issue de la production domestique non-LOF ou importée. Ce pourcentage très élevé satisfait l’engouement des Français pour les chiens et l’épanouissement que chaque foyer peut en tirer, propos soutenu par l’AFIRAC.
Toutefois, cet engouement ouvre aussi la porte à un certain nombre de dérives. La domestication du chien prend sa source dans les servitudes qu’il peut rendre à l’homme.
Cette fonction agro-économique a progressivement laissé la place à une fonction beaucoup plus affective et sociale.
1.2 Morsures
Le déficit d’éducation, qui bien sûr repose aussi sur le déficit d’activité visant à la dépense du chien conduit à la perte de repère pour le chien qui acquiert alors de mauvaises prérogatives.
On remarque également que la plupart des morsures sont principalement des morsures par irritation, plaçant l’enfant de l’entourage en première victime.
Le stress appliqué au chien par nos rythmes de vie n’est plus ou peu évacué par une activité initialement prévue pour renforcer le lien maître/chien.
1.3 Retrouver la fonction du chien
Le chien fut très tôt utilisé pour la conduite et la garde du troupeau. Cette aptitude, renforcée par la sélection, a permis aussi de l’utiliser pour la protection de l’homme. Il est des races bergères, mais aussi de molosses soumis au travail, certes comme le rottweiller mais aussi le boxer, le dobermann, le schnauzer … qui ont démontré leur potentiel d’utilisation.
La troisième activité, et non des moindres puisqu’elle est le fondement de la cynophilie française, est la chasse, activité par excellence où le chien devient un auxiliaire indispensable de l’homme.
Les chiens de rapport, d’arrêt, broussailleurs et terriers bénéficient d’une excellente image auprès des Français dont les racines rurales sont profondément ancrées. Les naissances de labrador, épagneul, cocker le confirment
Rang par race en fonction des naissances 2005
(sur plus de 400 races de chiens reconnues)
| 1er | Berger allemand |
| 2 | Golden Retriever |
| 3 | Labrador Retriever |
| 5 | Setter anglais |
| 7 | Epagneul Breton |
| 9 | cocker |
| 16 | Teckel |
| 18 | Beagle |
Notre race de prédilection, s’inscrit dans cet état d’esprit.
Façonné dans un pays dont l’économie est fortement dépendante de l’agriculture, le dogue argentin est une race créée pour la chasse au sanglier, gibier dont les ravages le classe comme nuisible. Face à ces contraintes agricoles et cynégétiques, les Argentins ont obtenu un auxiliaire performant.
1.4 Le dogue argentin, chien de chasse
Tout comme les races européennes, le dogue argentin présente un comportement extrêmement jovial à l’égard de l’homme, et c’est ce qu’attendent les chasseurs qu’ils soient argentins ou français.
La motivation du dogo, sélectionné comme telle, est le sanglier. Toutes ses aptitudes, commandées par un flair de qualité orientent le chien vers la chasse de ce gibier.
Bien sûr, certaines personnes pourraient être tentées de détourner ce physique athlétique à des fins d’attaque, mais ce n’est en aucun cas la destinée originelle du dogo.
Le dogo n’est pas un chien de défense, il ne subit pas de sélection en ce sens.
Pour répondre à ces objectifs, la commission de travail du CFDA a mis sur pied un ensemble d’épreuves visant à
- D’une part promouvoir l’utilisation « chasse » du dogo
- D’autre part, à retranscrire cette aptitude dans une grille de sélection.
2 Intérêt de l’utilisation
A l’instar de nombreuses races soumises au travail, on retrouve dans l’utilisation un outil indispensable et pertinent de sélection, dans un premier temps sur la performance puis génétique.
- Utiliser son dogo permet de mieux connaître son caractère (d’où un meilleur contrôle éducatif) et ses paramètres physiologiques (aptitude à la vitesse, endurance, récupération …)
- Faire travailler les reproducteurs permet de limiter les dérives liées à l’hypertype et aux tares génétiques. En effet, même s’il existe un diagnostic de la dysplasie, les épreuves auront le mérite de signaler les chiens présentant des difficultés locomotrices.
- La sélection sur le travail permet de compléter (et d’améliorer) le jugement du reproducteur, qui comme dans les autres espèces doit rester le plus objectif et répétable possible
Ainsi donc, une sélection qui inclut le travail dans ses critères permet d’obtenir un meilleur progrès génétique.
2.1 Intérêt génétique
Ainsi donc, la sélection axée sur des épreuves de travail permet de faire reproduire des sujets qui présentent :
- La jovialité à l’égard de l’homme
Un test de comportement précédait déjà l’accession aux épreuves de travail
- L’atavisme de chasse du dogo et son goût pour le sanglier (goût que l’on retrouve dans les grandes races de sangliers, courants et terriers)
- Une aptitude physique orientée vers la fonction chasse.
Et de vérifier la transmission de ces qualités chez les descendants.
| La sélection du dogue argentin à partir de ces épreuves de chasse permet d’obtenir un chien équilibré et motivé pour une fonction originelle au service de l’homme. |
2.2 Equilibre comportementale
Le comportement est évidemment transmissible.
Les différentes études présentent l’héritabilité du comportement à 20 %, ce qui veut dire que l’environnement « explique » 80 % du comportement.
Là encore, l’AFIRAC mais aussi tous les experts comportementalistes certifient une très forte pression de l’environnement dans l’origine des morsures.
Les séquences comportementales du chien sont définies par la génétique qui conditionne la sociabilisation qui elle même conditionne l’éducation.
Il existe des méthodes très rapides pour rendre un chien agressif. De mauvaises pratiques éducatives peuvent conduire le chien à adopter des comportements dangereux. C’est évidemment ce que les délinquants mettent en œuvre pour l’utilisation du chien à des fins malsaines. Il leur est ainsi aisé de faire reproduire les animaux qui ont présenté le plus de prédispositions à recevoir ces méthodes contraire à l’épanouissement du chien dans la société.
Avec une étape de sélection adéquate sur le caractère, la sociabilisation puis l’éducation n’en seront que facilité. La présentation du chien aux épreuves de travail implique incontestablement un travail du propriétaire sur la sociabilisation et l’éducation de son chien.
| Une sélection axée sur le travail de chasse permet un contrôle comportementale. |
3 Description des épreuves
Actuellement, les épreuves se décomposent en :
- Pistage (artificiel)
- Poursuite (artificiel)
- Epreuve naturelle de broussaillage.
Le déroulé de ces épreuves consiste en une modélisation de l’action de chasse sans être nécessairement chasseur et absolument sans danger.
Il y a de nombreuses similitudes avec les épreuves de travail des autres races. En effet, il est demandé au dogo les mêmes qualités de flair que les courants classiques. L’épreuve de broussaillage naturelle est proche des brevet de chiens courants, tout en gardant les spécificités du dogo.
La poursuite est calqué sur le principe de la Poursuite à Vue sur Leurre en usage chez le lévrier. Elle ne mesure pas la vitesse mais la détermination pour le gibier PUIS le retour au calme.
Un élément qui a son importance est la progressivité des épreuves qui permet de s’assurer de la capacité du chien à la chasse. L’épreuve en naturel est donc une suite logique des épreuves artificielles.
La notation des épreuves s’attache à juger la motivation du dogo pour l’acte de chasse et à ne pas s’en éloigner.
| Il est flagrant de constater (voir photo et vidéos ci-jointes) la motivation pour le leurre. Le chien retrouve alors une activité pour laquelle il a été créé ! |
3.1 Une dépense physique saine
Le chien doit déployer des ressources physiques énormes, surtout lors des changements de direction qui visent à le mettre en défauts.

L’apprentissage basé sur le mimétisme des congénères est rapide. Au bout de deux tours, le chien a soif de chercher puis courir après SON leurre.
Lors de ces séances qui évidemment mettent en présence de nombreux chiens et humains, il n’y jamais d’incidents. Les leurristes (personnes qui tirent puis conduisent le leurre) passent à proximité des chiens dont l’intérêt est uniquement focalisé sur le leurre, cette chose furtive et rampante qui fuit sans cesse au travers des fourrés et tente d’échapper au chien par des virages et soubresauts.
Le leurre étant tiré par un système mécanisé, la vitesse est adaptée au chien qui fournit un effort violent.
Cette dépense physique importante contribue à l’équilibre caractériel du chien qui prend conscience alors de ses fonctions.
Chienne dogo rapportant fièrement son leurre :

Peau de sanglier accrochée au leurre

3.2 Des bénéfices retrouvées chez de nombreuses races
Dans le but de réaliser cette modélisation avec le plus d’exactitude, plusieurs séances ont eu lieu mêlant dogos à d’autres races. Ces séances confirment l’engouement de tous les chiens, quelque soit leur race ou leur âge.
Les photos ci-dessous confirment les bénéfices de ces épreuves.
Un berger briard qui se prend au jeu :



Chiots boxer et fox intéresssé par le leurre

Franchissement d’un obstacle par une chienne beauceron

une chienne épagneul breton passionnée de PVL


une équipe hétérogène mais très motivée

4 Conséquence du port de la muselière
Il va de soi que nous ne saurions cautionner l’attitude d’un propriétaire, de dogue argentin ou non, dont l’attitude irait à l’encontre des principes énoncés ci-dessus.
Le port de la muselière apporte une sécurité supplémentaire et rassure certainement la plupart des gens en lieu public.
Toutefois, l’obligation du port de la muselière, en contraignant la ventilation du chien absolument nécessaire lors de ces épreuves aussi bien artificielles que naturelles, serait préjudiciable à la santé du chien.
Les propriétaires qui se sont investis dans les préparations des ces épreuves et réussies avec fierté perdraient alors les bénéfices acquis certes avec du travail mais aussi plaisir d’avoir un chien « bien dans sa tête ».
L’objectif est de faire du dogo un chien équilibré et d’apprendre à leur propriétaire les pratiques qui y contribuent.
Nous nous tenons à votre disposition pour vous présenter sur le terrain les bénéfices de notre démarche, tant sur le plan génétique, fonctionnel que comportemental.
En espérant vous avoir convaincu du bien fondé de la démarche du club de race du dogue argentin,
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de nos sincères salutations.
Frédéric CORNET  Président du CFDA 
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